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Thin Lizzy › Live and Dangerous

76:26 • 17 titres

  • 1Jailbreak
  • 2Emerald
  • 3Southbound
  • 4Rosalie/Cowgirl's Song
  • 5Dancing In The Moonlight
  • 6Massacre
  • 7Still In Love With You
  • 8Johnny The Fox
  • 9Cowboy Song
  • 10The Boys Are Back In Town
  • 11Don't Believe A Word
  • 12Warriors
  • 13Are You Ready
  • 14Suicide
  • 15Sha La La
  • 16Baby Drives Me Crazy
  • 17The Rocker

informations

Il existe une édition deluxe avec DVD, et une édition super-deluxe au format FLAC, cette dernière couvrant 8 concerts, pour 118 pistes et 513 minutes (!!!) au format FLAC.

line up

Phil Lynott (chant, basse), Brian Robertson (guitare, chœurs), Scott Gorham (guitare, chœurs), Brian Downey (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : John Earle (saxophone), Huey Lewis (harmonica)

chronique

rock / hard rock / c'est ma tournée

Voilà ce qui s'appelle de la photo prise sur le vif, un emballage emblématique du live hard rock à Papa. Examinons cet afro ébouriffé de bassiste brigand grimaçant sous les spotlights et la typo stencil, lorgnons donc sur cette basse dont la luisance se confond avec celle de ce futal en skaï obscène, enrobant ces guibolles de voyou écartées vaillamment comme pour montrer ses attributs, tout en craquant une louise orgasmique à en juger l'expression du Lynott. Nom de nom, ces poses de gratteux en extase, on en a soupé ! Les bassistes ne font pas ça. Non monsieur ! Ce n'est pas dans le code de la quatre-cordes ! Ils sont sensés rester en retrait, les bassistes, et besogner de la groupie pendant que les guitaristes se branlent encore sur leur solos ! Sauf que Lynott est de l'espèce rare des bassistes-chanteurs-leaders ayant deux guitaristes à sa pogne, il dicte donc à ces petites divas la marche à suivre. Et que sur scène, si ces dernières sont belles avec leurs beaux outils brillants, Phil est en feu, sans user d'allumettes comme feu Jimi. Et Downey n'est pas Bonham, mais il héphaïstape, le saligaud. Car en concert tout le monde le sait et le dit : Thin Lizzy neutralise la concurrence, enfin surtout celle qui se titille le manche sur des jams progueuses auto-complaisance pour ne pas dire consanguines. Pas de ça ici : des solos à bouclettes et des mélodies lopettes en veux-tu en voilà, mais du style, du style, et du style ! M'étonne pas que les punks respectaient Thin Lizzy : eux ne faisaient pas dans le kilométrique, ne s'écoutaient pas jouer (même si sur ce live y a du "je fais mumuse" comme le solo tam tam un peu long de Downey sur "Sha La La'" ou l'harmonica de Huey Lewis pas encore avec ses News ni conté par Patrick Bateman sur l'interminable reprise de "Baby drives me crazy" ambiance Creedence, OK...) Thin Lizzy emballaient, et pliaient les gaules. Rock avant tout. Freddie Mercury l'a appris penaud, les embaucher en première partie était p't'être pas une si bonne idée pour la Reine, même si tourner avec Lynott était moins suicidaire pour elle que pour l'inconscient groupe Arc-en-Ciel (et pourquoi pas Licorne tant qu'on y est ?)

Thin Lizzy en 1978 sont eux chauds bouillants, après un quadruplé d'enfer Fighting-Jailbreak-Jo' the Fox-Bad Rep. Ils ont le mojo. Et avec ce Live and Dangerous sans pains mais complet nous promettent donc ceci, pour citer ce poète sulfureux de l'époque, le très provocateur Rock Perret : "tout tout tout, vous saurez tout sur le Lizzy". C'est le programme. Car ce qui est à l'époque un double live pour le format LP, reste une petite porte d'entrée en forme de catalogue, un "témoignage" comme on dit, enfin si les gens qui gueulent et applaudissent vous gênent pas comme moi. Général Lynott, épaulé par ses preux chevaliers Gorham et Robertson, tandis que martèle sans pitié le soudard Downey, aligne hit sur tube sur hit sur tube. Inutile de tomber dans le namedropping, vous savez lire une liste de pistes. "Jailbreak" entame les hostilités avec panache, "The Boys are back in Town" encore mieux, plus de lames, on perd en lisibilité ce qu'on gagne en hargne. Même "Dancing in the Moonlight" a un côté plus cru, forcément. Et que dire de ces versions incendiaires de "Massacre" et "Warriors" ? De cette "Are you Ready ?" Motörhead-avant-l'heure, signature de concerts. De ce final "The Rocker", au goût d'urgence dans la nuit ? Même dans la beauferie hardos la plus chevalero-burnesque, la plus ringarde, Thin Lizzy exprime une énergie aristocrate. On peut regretter l'absence des terribles "Opium Trail" ou "Soldier of Fortune" puisque le Bad Reputation est tout frais, mais ce serait pinailler face à une sélection qui sauce grave l'assiette, sans temps mort ou presque - ces moments le sont à dessein, ce sont des slows, dont Phil était friand, comme leur merveille des merveilles "Still in Love with You", toujours transfigurée en live, et dont aucune ballade de Scorpions au monde n'atteindra le début de la cheville. Ce live, qui servira de référence à un paquet de lives hard rock/metal, n'a pas usurpé sa Bonne Réputation (peune intenté), même si je lui préfère le Live Life, plus généreux et touchant, et que commencer Thin Lizzy par Jailbreak me semble beaucoup plus indiqué que par ce bordel. Le son ici, sans avoir le chrome d'une belle escroquerie comme Unleashed in the East pour Judas Priest, a quand même ce cachet "traficotage talentueux", "live-étalon overdubbé", la prod' estampillée Visconti unifiant et lubrifiant cette salve de morceaux "72-78" sympatoches, voire touchants, voire beaux. C'est du clinquant à la Eddie Barclay, mais ça fonctionne ! En conclusion : je préfère toujours écouter les versions studio, mais les gens peuvent avoir raison.

Bon
      
Publiée le samedi 19 octobre 2024

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chronique

Je n’ai jamais vraiment compris par quelle opération du malsain esprit ce gros pétard mouillé de Live And Dangerous est devenu LE classique de Thin Lizzy… Parce que sa pochette au look punk et les photos scéniques à l’intérieur renvoient l’image d’un groupe «  no bullshit  », moins poseur et plus direct que 95% des groupes de hard  ? Parce qu’il est sorti à une époque où la réputation de bad boy «  dangerous  » de Lynott était à son zénith, de même que la trainée de salles en extase après leurs concerts  ? Parce que ça évitait aux prolos d’avoir à acheter leurs 8 albums (dont 6 indispensables surtout)  ? Parce que c’était la seule pochette où on pouvait voir en grand l’entrejambe de Lynott  ? Mince, y’avait même pas de poster classe dedans, il me semble  ! Et j’ai beau chercher, je ne vois ici aucun morceau qui enterre sa version studio… Certes, les guitares (refaites) de «  Johnny The Fox  » sonnent comme des bouchons de carburateur filant dans la nuit, et le solo éclabousse les phares comme du chrome liquide, pendant que le chanteur se fait pratiquement oublier – c’est quasiment un instru over-classe. Mais voilà, ça groove moins que la version studio. Et c’est quasiment le cas de toutes les chansons ici.

Comme sur presque tous les albums live ? Je sais. Mais c'est comme ça. Alors bien sûr, comparé aux autres live de l'époque, tout de suite, on voit un peu mieux ce qui a pu résonner en 1978. Avec ce best-of actualisé (pourtant il existait plein de compiles du groupe, certaines avec de chouettes pochettes BD dans le style de "Vagabonds"), Thin Lizzy faisait figure de valeur sûre dans la marée de nouveaux groupes pas tous géniaux de ces années de transition... Pour les fans américains, qui s'entichaient du groupe depuis 76 environ, c'était le skeud gros bras qui "faisait bien", enregistré là bas, dans ce vaste pays où la reprise du "Rosalie" de Bob Seger devenait alors un tube radio... Ce qui n'était que justice.

Mais j'ai beau essayer, malgré l'ambiance, le public à fond tout ça, je n'arrive pas à écouter chacun de ces titres autrement qu'en ayant l'envie furieuse de me repasser la version studio... Même "Still In Love With You", oui oui. Tout au plus saluerai-je l'écho élégant et le solo final de guitare doublée de sax de "Dancing In The Moonlight", qui prouve si besoin était que Thin Lizzy n'est jamais gadget, qu'aucun de leurs tubes ou de leurs coups fourrés n'était dépendant du studio. Et puis, y'a pas de "Whiskey In The Jar", petite revanche perso de Lynott sur ce titre qui a bien failli cataloguer le groupe au rayon "gentille carte-postale du mois".

On dira qu'il y a bel et bien une ambiance ici, voilà. Même si le groupe, à cette époque, se fait un peu la gueule, tandis que Brian Robertson, qui était resté à cause du succès, finit par prendre la poudre d’escampette… trop de rock’n’roll pour lui.

Pour finir, outre sa réputation d'être LE disque de Thin Lizzy (tu m'étonne que ce groupe soit sous-estimé !) ce disque se traîne la réputation d'être quasiment un faux-live, d'avoir été farci jusqu'à la moelle d'overdubs en studio, surtout de guitares. En tout cas, c'est ce qu'en dira le producteur Tony Visconti... Mais Brian Downey affirme, lui, que ces corrections studios étaient minimes et rapides, et que ce double LP reste un vrai live. Vu son côté un poil brouillon par moment, on aurait tendance à croire le batteur...

Moyen
      
Publiée le samedi 19 octobre 2024

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kranakov Envoyez un message privé àkranakov

Toujours dans le coffret 8 CD, au grand dam de mon fils et de ma femme, qui réclament un peu de variété(s)...

Le bluffant, pour moi, c'est qu'ils ont beau joué le même concert tous les soirs, harangué le public de la même façon dans chaque ville, quand Phil demande "Are you out there ?", à mes oreilles de grand dadais naïf, ça sonne toujours authentique !

Bon, si on se le demande, difficile de départager une meilleure version de "Still in love with you" sur ces soirées de 77... Patience !!!!

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Oui. Assez odieux en effet, alors qu'une approche un peu moins superficielle va montrer que les studios sont tous supérieurs depuis Vagabonds. C'est la touffe qui cache la forêt cette légende urbaine du Thin Lizzy à son meilleur izi, ici. Ça a été conçu comme la compile idéale à l'époque avec supplément frites et sauvagerie, mais au final ça "compacte" pas mal leur style, alors que les moments forts débordent et que c'est deux fois plus long qu'un studio. Et oui comme tu le rappelles, chaque album a son son, son ambiance, sa teinte à lui, comme chaque pochette est bien différente de la précédente. Avec fort peu de vert dans ce beau nuancier discographique, ironiquement.

Message édité le 28-10-2024 à 17:22 par Raven

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kranakov Envoyez un message privé àkranakov

C'est sûr qu'avec ces airs de pierre de touche, de disque que tout le monde connaît et auquel l'immense majorité du public se cantonne, ce double LP a de quoi décevoir. L'époque est lointaine et malgré l'excellence de la setlist, il paraît impensable sinon carrément odieux de réduire le groupe à cette surenchère, assez virtuose, mais un peu vaine. Chacun aura raison d'aller creuser du côté des albums studio qui, outre d'être quasi tous excellemment produits et d'offrir une sonorité toujours particulière impossible à retrouver sur un autre, regorgent de morceaux de bravoure toujours délaissés par les meilleures compilations...

Néanmoins, je l'aime bien, ce double live, même si c'est une hérésie de ne pas jouer l'intégralité de "JOHNNY THE FOX" dans l'ordre, même si le groupe la joue prudente en enfilant les singles et les morceaux les plus calibrés... reste à mes oreilles une urgence et une sincérité toujours présente depuis que je l'ai découvert à l'âge de huit ans.

En plus, ç'a été enregistré à Philly, ce qui, pour un métisse irlandais signifie certainement quelque chose !

En revanche, faisons taire une fois pour toutes ces vilennies qui s'arcboutent contre la multitude d'overdubs qui dénatureraient cette prestation. Le coffret 8 CD qui reprend autant de concerts de la tournée l'atteste : ça jouait comme ça, pratiquement tous les soirs !

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torquemada Envoyez un message privé àtorquemada
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Je découvre celle de Mastodon, mais on peut aussi ajouter Megadeth à la liste. Finalement Slayer est le seul du Big 4 à pas s’y être collé.

Raven Envoyez un message privé àRaven
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Oui Maiden ont mal repris Thin Lizzy, même s'ils ont mieux fait que Anthrax ou Mastodon. Pour moi seul Robert Smith a su le faire, sa reprise en concert de "Don't believe a word" est touchante, on sent que cette chanson lui parle au cœur, elle reste proche de l'originale (Lynott lui-même la reprenait en la changeant beaucoup plus mode slow), mais il se l'approprie.

Message édité le 20-10-2024 à 15:48 par Raven

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