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Thin Lizzy › Vagabonds of The Western World
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line up
Phil Lynott (chant, basse), Eric Bell (guitare, chant), Brian Downey (batterie, percussions)
Musiciens additionnels : Gary Moore (guitares), Kid Jensen (voix), Jan Schelhaas (orgue) Fiachra Trench (arrangements), Section de cordes : Tony Harris (alto), Ian MacKinnon (violon), Don McVay (alto), Alan Merrick (violon) Paul Mosby (cor anglais, haut-bois), Peter Oxar (violon), Peter Poole (violon), Godfrey Salmon (violon), Alan Sloan (violon), Quentin Williams (violoncelle)
chronique
Gros, gros, gros coup de coeur. Des preuves ? Mitonnez-vous une petite tracklist custom pour ouïr de quoi j’cause : 2-4-5-7-6-3-1-8 (et vous pouvez intercaler le bonus "Cruising In The Lizzymobile" en avant-avant-dernier titre). C'est ici que naît l'identité rebelle et zéro-bullshit, terrienne, du groupe.
'Mama Nature Said' est peut-être la plus mauvaise chanson du disque, l’intro en trompe l’œil qui empêchera l’album d’atteindre son statut culte pourtant mérité. C’est comme si le trio avait sciemment reproduit le son hoquetant et un peu cafardeux de Shades Of A Blue Orphanage, par peur de trop bousculer l’auditeur en commençant par la chevauchée 'Vagabonds' ou par le narratif 'The Hero And The Madman'. C’est dès cette piste-là, avec sa voix anonyme récitant l’action exactement comme les bulles carrées descriptives en haut à gauche des cases en bédé (c’est forcément à ça que pensait Lynott, aucun doute) que l’album commence vraiment. On peut la trouver un peu gamine, avec sa voix de gnome à l’hélium qui double les refrains… Mais c’est dans ce côté adolescent que Thin Lizzy va se trouver, ce qui n’est pas rien, vu la densité et la qualité des 6-7 albums qui allaient suivre. C’est comme s’ils avaient rajeuni depuis le LP précédent, loin de la nostalgie du Dublin figé et paupérisé, désormais les yeux rivés sur l’héroïsme des combattants, entonné sur un rock assez tranquille quoique funky, à tiroirs, serti de wah-wah incandescente et de légers vrombissements de basse ondulatoire. Slow Blues, reggae aux inflexions blues - plus que l’inverse - qui n’avait attendu ni Police ni les Clash, est le cocktail idéal pour patienter sur un coin de comptoir l’arrivée du Rocker (goûtez moi ce mini-zeste médiéval à la fin). Et quand 'The Rocker' arrive, tout le saloon se tient à carreau. L'album, jusqu'ici affable, plaisant et déjà franc du collier, prend un coup de turbo qui envoie paître les réticences à coup de cowboy boots. Du hard rock, palpable, tactile, qui ne vous lâchera pas avant la Fin du bousin.
Lorsque démarre, sur un rythme de galopade, les « too-rah-loo-rah-lye » irlandais jusqu’à l’os de la chanson-titre, l’amateur de son seventies n’est pas loin de l’extase. Portée par un riff élancé et altier, 'Vagabonds Of The Western World', la chanson, est non seulement un tube radiophonique qui s’ignore (pensez CCR, Blue Oyster Cult, Steppenwolf à leur meilleur, ce calibre), mais aussi l’un des joyaux absolus d’une discographie qui en compte une grosse vingtaine facile. Dès la première écoute l’accroche de ce refrain, ce « BluuuwEyes » attendri envoyé sur fond de bataille rangée décrite avec la noblesse d’une scène de Shakespeare, vous vous demanderez, vous aussi, pourquoi vous n’avez pas toujours entendu ces deux mots résonner sur toutes les radios depuis que vous êtes môme. Il y a bien une horrible méprise autour du cas Thin Lizzy, et cette méprise s’appelle Whiskey In The Jar. Tube extrêmement marquant, mais tube dans certains pays seulement, elle serait l’arbre qui cacherait la forêt.
À leur meilleur, ils atteignent certes à la poésie d’Hendrix, mais sur cet album, les 3 Lizzy ne deviennent qu’eux-mêmes. À partir de là, l’héroïque bécane est à son rythme de croisière, et on ne surprendra plus Lynott à faiblir avant l’orée des années 80, qu’on se le dise. Led Zep, Uriah Heep, le Sabb, le Cult ? Ils ont tous commis des faux pas à un moment ou un autre.
En parlant d'Hendrix, 'Little Girl In Bloom' (comme une suite crédible – oui – à « Little Wing » et « Belly Button Window » , justement) est la définition-même de la chanson-grower, parfaite ballade de face b discrète voie gentille aux entournures, se révélant au fil des écoutes le joyau cisélé de perfection psyché-impressonniste qu’elle est, sur fond de tapisserie chamarrée de guitare balbutiante, et ce chant, cette diction et ces mots, Inimitables au sens le plus plein du terme… Quand le solo - qui semble avoir été enregistré avec la Red Special de Brian May - trouve le chemin de nos oreilles, avec son final soudain lâché comme une éphéméride dans un crépuscule de printemps, on sent que ce morceau va nous accompagner une bonne partie de notre vie, et que le seul tort de cette merveille de poésie électrique est de n'être pas sortie en 68 ou 69...
Comme ce sera toujours le cas avec Thin Lizzy, les bonus sont très importants : j'en ai déjà parlé, mais l’impétueux 'Black Boys On The Corner' version BBC démontre que la démarche hard rock pur avec guitares dédoublées n’est pas juste née des circonstances, et s’inscrivait déjà dans l’évolution du groupe (mais "The Rocker", avec Eric Bell, posait déjà bien solidement les bases du style épique des Twin Guitars). Quant à la torride « Broken Dreams », elle fait partie, avec « Showdown » sur l’album suivant, des plus belles démonstrations de vélocité souple à la basse de Lynott, qui en profite pour breveter un nouveau genre de brûlot hard rock, aussi virulent que passionné. Et c'est encore un machin hors-album, pour la gloire... Reste la très glam "Little Darling", un peu rustre et avinée mais ultra-aboutie et peaufinée, qui plastronne de tous ses cuivres comme une bonne tranche de The Sweet ! Et la version overdubbée de 77 de "Slow Blues", qu'on a le droit de préférer à l'originale... On est à ça du 6, il manque juste un micro-soupçon de maturité pour que la musique des 3 irlandais scintille de ses mille feux.
Dans le même esprit, dariev stands vous recommande...

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- kranakov › Envoyez un message privé àkranakov
Encore un petit coup !
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- kranakov › Envoyez un message privé àkranakov
Finalement craqué pour le coffret 3CD + BluRay. Le remaster est puissant tout en mettant très en valeur la finesse des parties de guitare overdubbées : la précision des attaques à la rythmique vient bien contrebalancer le "flou" des parties solistes chargées en effet.
Sans être une redécouverte absolue, ça reste très plaisant comme ça. Sont reprises les principales sessions radio de l'époque avec quelques pistes en concert en public, les faces B (toutes excellentes !) et des prises alternatives ou des mixes non retenus qui, pour le coup, n'apportent pas grand'chose.
Le texte du joli livret est moyen : très anecdotique, pas beaucoup d'analyse. On sent quand même que le type qui a supervisé l'écrit s'attend à des fans plutôt bas de plafond (un peu comme les super deluxe de Prince, alors que les coffrets The Who et les Dylan regorgent de textes de qualité)...
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- kranakov › Envoyez un message privé àkranakov
Du triplé Decca, assurément mon favori : le son de Bell est ici à son sommet, l’écriture plus aventureuse que jamais encore avec des incartades déroutantes d’audace mais tenues de mains de maîtres. Difficile de dire quel titre est le plus beau tant l’album est très bien conçu.
Manque pourtant une touche que le doublé de guitares solistes permettra de perfectionner au fil des disques suivants.
Assez ahurissant qu’après avoir dit autant en trois disques, Lynott ait encore de la matière pour de si belles et si riches années:
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- Coltranophile › Envoyez un message privé àColtranophile
Je vais éviter la tartine, la chronique de Dariev suffisant largement. Même sans les bonus, c'est peut-être mon préféré. Le solo de guitare sur "The Hero and The Madman", l'enchainement avec le funky "Slow Blues", pure merveille. La voix de Lynott lui permet de renvoyer le Rod Stewart de la bonne époque (jusqu'à "Never A Dull Moment dirais-je) à ses études sur le premier titre et sur le fameux bonus "Whiskey In The Jar". "Black Boys On The Corner" est aussi un bonus fort méritant avec un Eric Bell en mode Jimmy Page (sur "Heartbreaker") sur le solo. Ça déborde un peu de tous les cotés mais le foisonnement est si beau.
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- nicola › Envoyez un message privé ànicola

Ouééé, Thin Lizzy sur Guts. Je ne connaissais pas du tout jusqu’à ce qu’un pote plutôt métalleux en cause.
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