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The Shits › You're a Mess

lp • 8 titres • 40:27 min

  • 1In My Hotel Room7:14
  • 2Waiting3:51
  • 3You're a Mess4:15
  • 4The Venus (After Hours)5:17
  • 5Bludgeoned to Death4:13
  • 6Alone II3:56
  • 7Ugly, Worthless2:45
  • 8I Regret Nothing (Parts 1 & 2)8:53

informations

Enregistré par James Atkinson. Masterisé par Brad Boatright.

line up

Sam Booth (guitare), Henry Gibson (guitare), Callum Howe (voix), Jack Kennedy (basse), Harry Rogers (batterie), Thomas Pighills (guitare)

chronique

Il y a un autre souffle, sur celui-là, autre chose dans sa matière. Pas plus d'espoir – pas plus de grand ou petit théâtre du désespoir. No bullshit – only shit. Quelque chose de tragique, disaient des gens d'ici – on est d'accord. Tragique terre à terre – seul dans sa chambre d'hôtel, solitaire, crasseux. Quelque chose qui se tient – debout, qui se relève et trébuche. Le mec – le chanteur – est arrivé littéralement à quatre pattes, quand je les ai vus (et découvert par là même leur musique) il y a peu, sa tête rasée émergeant des jambes des autres.

You're a Mess est triste, et dur, et baveux. Barbouillé de fluides et les lignes raides, marquées, insubmersibles.

Il y a cette haleine – ça aussi, c'est du souffle – d'égouts et de béton cramé, de croûtes et d'ecchymoses, de plaies qu'on s'est léchées et de bières qu'on se fait un point d'honneur à ne pas vomir, passée la quatrième après celle de trop. C'est méchamment frontal et miraculeusement franc. Ça fait passer pour une espèce de groove évident – mais pas facile, toujours bien rêche à déglutir – une boucle abrutie sur cinq temps, d'autres chicanes (Waiting – pure saloperie qui s'agrafe direct au bide et à la matière grise). Il y a donc, cette fois, trois guitares – et ça fait du volume, du poids, de l'espace. Saturé, l'espace – envahi de particules, pollué, gorgé de poisons, toxines.

You're a Mess n'a pas besoin de rouler trop vite, d'exploser les compteurs. Il te passera dessus si tu restes devant. C'est tout, et tu t'y tiens, ça va faire mal et ce sera bien. Rien de bêtement expiatoire, là-dedans – c'est simplement que c'est fait pour ça, comme ça, et qu'on est pas venu là pour se flatter l'encolure en jolies paraboles.

Il y a que les moyens se sont multipliés – que ces trois grattes, encore, se donnent de la place, d'autres places. Le son s'est alourdi – mais pas vraiment gonflé, ça supporte plus de couches de tôle parce que c'est riveté encore plus serré, c'est tout. C'est tant, c'est beaucoup, tout ce qui s'y tient, y tient – ce n'est rien de plus que ce que tout annonce mais rien de moins à encaisser.

You're a Mess est tout suant, tout poignant, tout jubilatoire à sa manière torse, dans son festin, ses débauches de noirs et gris qui giclent et noient, envahissent et s'enfuient par les enveloppes crevées. Impénétrable, inextricable – mais dans le sens de la sortie, une fois qu'il a happé l'impétrant qui s'y risque. Sa plus vilaine sournoiserie c'est de tout exposer, d'emblée. (Qu'on croit !). C'est dans ses perspectives bouchées, obturées, barrées, qu'il taille, sécrète sa profondeur. C'est quand on le croit calé – mais une seule fois, et c'est pour ça que ça tape si fort – qu'il se laisse aller à l’accélération, à l'emballement de tempo au bout de x minutes.

Sacrée embuscade. Enfin – rien qui s'y pose en sacrement, justement, rien de saint, rien de vraiment sain, ne serait peut-être, mais même pas sûr, la proverbiale colère. Ou alors si, seulement comme ça – comme expulsion. C'est comme ça, après, qu'on se retrouve enfermé à ciel ouvert. Il va flotter à grosses gouttes tièdes ou glaciales – épaisses, en tout cas, sûrement au point d'en devenir gluantes. L'orage menace. Ça sent l'ozone, mêlé aux échappements, cambouis, crasses mélangées sur les murs et le mobilier urbain. Ça sent la pisse quand on se glisse, mal-encontre, aux ruelles et passages.

Et puis voilà : I Regret Nothing. Mange-toi ça pour finir. Deux parties. Non, rien de rien. Ta gueule, folklore en toc. Ici, on ne raconte rien que sa journée, sa pire, celle d'aujourd'hui. La même, ni plus ni moins, que demain et qu'hier.

Très bon
      
Publiée le mercredi 31 juillet 2024

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saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Ah putain, alors c'est pour ça, toute cette hype ? Un cover band des Stooges avec Brainbombs ?m'indique le bandcamp, c'est pile chat ça. Avec du Unsane aussi, c'est clair. Bon sang ce que c'est moche et que ça sent mauvais... ça colle tellement, je sens que je vais avoir du mal à m'en débarrasser (cette fête à la saucisse de la guitare qui éclabousse, damn...)

Message édité le 27-08-2024 à 00:39 par saimone

nicola Envoyez un message privé ànicola
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Le format du CD est auto-correcteur, c’est pour ça qu’on peut y stocker des données même s’il a quelques rayures. En fait, tu pourrais y stocker beaucoup plus de trucs, au risque de tout perdre à la moindre micro rayure. Le rendu d’un CD ne peut pas dépendre de la lentille ou du câblage du lecteur vers la carte mère et je doute qu’il dépende du convertisseur du numérique vers l’analogique (surtout aujourd’hui). Du reste, oui, mais comme pour un flac lu sur la même machine.

Damodafoca Envoyez un message privé àDamodafoca

Oui. non. non. oui. C'est compliqué. Y a la théorie du format en lui même, mais y aussi la qualité du lecteur. Un fichier numérique pour être bien restitué a besoin d'un dac, un CD d'un lecteur et d'une lentille, d'un cablage dans la plupart des cas... autant de critère qui peuvent créer une différence réelle ou supposé. Et en plus, chaque support est sensé avoir son propre master. Quant à dire que si tu as acheté des CD tu n'as qu'un bout de plastique : la liste des avantages ou des points forts du physique est assez longue et importante pour ne pas se limier à ça. Sur Spotify, j'ai eu un abonnement pendant quelques années et au début j'avais été assez impressionné par la qualité. Mais j'avais fait des comparaisons avec des versions CD d'album que je connais bien, et franchement, tu as quand même une qualité moindre, même sans avoir des oreilles de dauphin.

born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Le débat audiophile sur The Shits : ça n'a pas de prix. Pour tout le reste, il y a Eurocard Mastercard.

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola
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  • CD → pas compressé, sans perte
  • Flac → compressé, sans perte

Donc les deux précédents, écoutés sur la même machine et avec les mêmes réglages, sont indiscernables (sauf si le lecteur de CD lâche la rampe).

  • mp3 → compressé, avec pertes plus ou moins importantes selon le niveau de compression
  • youteubé → compressé, avec pertes (plein plein plein)
  • spotifaille → compressé, avec pertes j’imagine
  • vinyle → pas le même format, pas le même pressage, pas le même diamant, pas la même machine… bref, rien à voir