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Glabre › Cacochyme rising

cd • 6 titres

  • 1Les sirènes ce soir
  • 2Magnificent manure
  • 3The joy of raw anger
  • 4Alexitères
  • 5Sombre soleil
  • 6Peu importe les brâmes

extraits vidéo

informations

The Apiary, Laval, France, octobre-novembre 2022.

line up

Alex Jacob (chant, musique)

Musiciens additionnels : Amaury Sauvé (batterie)

chronique

  • gospel indus des ténèbres...

Au delà des images qu’il évoque, Glabre (devinez le look de l’artiste), c’est avant tout une pulsation, une respiration nocturne, celle d’un jeune loup-garou, ni victime ni bourreau, un observateur incrédule des mouvements de l’âme et de la population humaine qui souffre certes mais n’en oublie pas de montrer les crocs. Je l’imagine tellement comme une gargouille perchée sur un toit, cet Alex Jacob, observant le flux et le reflux des lumières à travers la nuit, le regard vif et luisant avec un drôle de rictus, un ange au ralenti qui use de mots étranges pour conjurer cet étonnement qu’il ressent. Boîte sèche, claquante, rarement rapide, des lambeaux de guitare en souffrance griffés plus que grattés pour un blues indus ténébreux, un chant viscéralement dans l’intensité qui nous leurre par le timbre haut perché de ‘Les sirènes ce soir’ avant que son rugissement de douleur ne laisse émerger la bête réelle à mi-morceau car ce timbre, l’artiste ne semble pas le calculer. Tour à tour menaçant, torturé, hurlé, il expose les plaies à vif; tout s’exprime dans ce léger enrouement à peine perceptible parfois, on ne bride rien. Je songe aux Tétines Noires (Sombre soleil’) sans l’univers batcave et cruel de l’enfance, à Dave-Id Busarus en moins barré, à un zeste de Xiu Xiu ou de Scott Walker, peut-être pour cette démarche atypique qu’ont en commun ces projets ? Cela n’en rend que plus beau les passages de blues nocturne (‘The Joy of raw anger’) où Alex Jacob nous dévoile à quel point il chante bien, version gospel des bas-fonds ou en optant pour les tonalités aiguës tel un ange paumé. ‘Alexitères’ aurait pu se contenter d’être une chanson folk dépressive mais la boîte sèche, le timbre en souffrance (que n’aurait pas renié Artaud), les accords menaçants la changent en véritable danse macabre d’une bête du Gévaudan urbaine blessée au flanc… ‘Et mourir de mes propres yeux’… Est-elle là vraiment, cette mort ? Est-ce le but des mots que de l’exorciser ? ‘Je ne dormirai plus, jamais ne reviendrai…’, il faudra les neuf minutes de ‘Peu importe les brâmes’ pour que les larmes puissent crever cette souffrance que le chanteur hurle face au ciel nocturne, pour que le goût de sang nous rappelle que le jour va se lever et que d’une manière ou d’une autre, nous appartenons à cette terre… Si peu d’éléments pour une ambiance si prenante, une seule voix pour tellement d’intensité glauque, le malaise élevé au rang de beauté… Fabuleux !

note       Publiée le mardi 2 juillet 2024

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    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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    Bien résumé...

    Note donnée au disque :       
    born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

    D'une sublime intensité en effet. A fleur d'âme, ou un truc comme ça.

    Note donnée au disque :