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Anja Huwe › Codes

cd • 9 titres

  • 1Skuggornas
  • 2Rabenschwarz
  • 3Pariah
  • 4Exit
  • 5O Wald
  • 6Zwischenwelt
  • 7Sleep (with one eye open)
  • 8Living in the forest
  • 9Hideaway

extraits vidéo

informations

Katana Studio, Berlin, Allemagne.

line up

Anja Huwe (chant)

Musiciens additionnels : Mona Mur (programmation, production), Manuela Rickers (guitare), Olaf Boqwist (basse, guitare additionnelle), Knut Kintscher (boîte à rythmes), Yishai Sweartz (chant masculin)

chronique

Anja Huwe n’a jamais quitté le monde de l’art, elle s’est simplement tournée davantage vers le visuel et la production pour la télévision. Oui mais voilà, le Covid est arrivé et les quarantaines ont suivi. Elle en donc profité pour renouer avec la musique et travailler à un disque solo. ‘Codes’, de l’aveu de l’artiste se base sur les écrits du grand-père d’un ami russe qui a volontairement pris le maquis dans la forêt à un jeune âge pour fuir les persécutions nazies. Cette expérience extrême, les réflexions sur les réactions de l’humain face à des situations contraignantes l’ont inspirée. Pour s’entourer, elle n’a pas choisi n’importe qui puisqu’on retrouve Mona Mur à la programmation et l’ ancienne complice Manuela Rickers à la gratte bien que Anja précise qu'elle seule est à la base des décisions. Le bon single ‘Rabenschwarz’ avait fait l’effet d’une petite bombe dans un style grinçant entre XMal Deutschland et Einstuerzende Neubauten et promettait du lourd. Qu’en est-il au final ? Effectivement l’album démarre fort avec le mélancolique ‘Skkugornas’ qui eût pu être interprété comme un morceau cabaret piano/chant vu ses lignes mais qui est joué comme une complainte lancinante, avec longs accords de guitare, nappes tristes, piano glacé et un chant centré vers le bilan de vie… On tourne le dos sans regret à une page, une nouvelle s’écrit. ‘Rabenschwarz’, le morceau le plus violent du disque conjugue l’intérêt de Mona Mur pour l’électronique et les anciennes influences hantées, grinçantes. Anja se révèle des plus convaincantes derrière le micro avec son timbre menaçant. ‘Pariah’ casse d’un coup cette dynamique agressive pour nous replonger brutalement dans une introspection plus méditative sur fond de sonorités jamais réellement confortables (la guitare); le titre est rythmé cependant, on navigue presque dans les parages des compatriotes de Malaria! En version plus lourde et contemporaine. Plus mid-tempo et électronique, ‘Exit’ évoque les langues de brumes froides qui baignent les bois inhospitaliers, les lambeaux d’accords paraissent s’envoler vers le ciel, le chant, tranchant, récitatif parait incarner à la fois le narrateur et les forces qui l’observent. Que se passe-t-il ? Jusque là tout allait bien. ‘O Wald’ n’est pas une mauvaise compo mais le mélange mid-tempo entre minimal cold wave et grattes sombres ne parvient pas à pimenter suffisamment pour rendre l’ensemble réellement excitant. Le lent est pesant ‘Zwischenwelt’ s’il évoque bien l’ambiance sombre de l’épaisseur des bois poursuit dans cette voie. Là aussi, c’est correct mais pas spécialement excitant. Le chant narratif commence à sonner légèrement redondant. C’est clairement l’électronique qui influence la suite mais ces boucles de programmation refroidies à la guitare, ces atmosphères faussement éthérées, la voix, rien ne décolle vraiment. Il faut attendre ‘Living in the forest’ pour réveiller la foule. Là, c’est du bon, quelque chose de proche de XMal Deutschland d’ailleurs mais en contemporain, avec une mélodie plus captivante, une guitare impeccable, des synthés très bien gérés et Anja en forme vocalement. Un autre moment fort du disque. On attendait une chute marquante, elle sera juste sympathique, avec une chanson apaisée, hivernale, qui certes conclut sur une note plus positive un disque relativement torturé mais on eût aimé que ce fut plus bouleversant. ‘Codes’ est donc un bon disque, non dénué d’audace dans sa conception et intransigeant dans sa production mais sans qu’il soit possible de l’expliquer par des critères objectifs, un truc manque pour le rendre 100 % passionnant. Des attentes trop démesurées ? Faut-il apprendre à le laisser exister pour lui-même en faisant fi du parcours de ses génitrices ? Le temps le dira. Il mérite pourtant clairement l’achat.

note       Publiée le mardi 25 juin 2024

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