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Laurent Hô › Syntetic

cd • 19 titres • 72:25 min

  • 1CWKN8:06
  • 2Stor5:05
  • 3Pricol6:03
  • 4Attrol4:09
  • 5Thema5:17
  • 6W Noise4:43
  • 7Onobody4:32
  • 8Verpek2:21
  • 9Maidman3:52
  • 10Tetrapak4:41
  • 11Geometr4:37
  • 12RS4:37
  • 13DXF2:13
  • 14Ernest Strangle2:40
  • 15357 Kcal Part (1)0:05
  • 16357 Kcal Part (2)0:36
  • 17357 Kcal Part (3)0:26
  • 18357 Kcal Part (4)2:26
  • 19Pr P Steiner5:23

informations

Morceaux produits par Laurent Hô en 1997/1998.

Le boîtier (double digipack) contient, en plus de l'album sur CD audio, un CD ROM proposant « un programme audiovisuel interactif », réalisé par Servovavle (Grégory Pignot).

chronique

Avec ses titres de plages aux allures d'abréviations inventées, d'argots d'ouvriers des espaces intermédiaires, de tessons indéchiffrables (à la Autechre, par places, un peu – mais ailleurs, au vrai, vraiment pas mal ailleurs), avec sa pochette qui semble un fragment de SF bizarre, rendu abstrait par ce qui y manque, Syntetic donne l'impression, d'emblée, qu'on va débarquer sur une autre planète, un monde où la stabilité ne sera pas vraiment de mise, où il faudra tout réapprendre au risque de chuter, d'être aspiré, broyé. Ou alors, où il faudra se laisser happer – comprendre à mesure, se mêler, se confondre aux éléments, aux composés. Et ça, c'est avant le son.

Il surgit – abrupt. Et en effet : on est plongé dans un univers mobile, agité – rien ne tient en place, les titres s'étirent ou filent. Tout semble cassé – assemblé, articulé selon des angles étranges, inhabituels, inconnus. Cette techno là – ce hardcore ci – prend la matière, la vibration sonore comme... Matière, justement. Physique et chimique – à saisir et changer, faire muter constamment. Les repères se déplacent – les proportions restent le temps qu'il faut les mêmes, la forme ne se fixe pas mais la consistance, la substance demeure, ne se maintient que comme ça, par ça. Syntetic – qui compile, enchaîne, mixe, remet dans d'autres perspectives, un autre flux, des productions de Laurent Hô sorties plus tôt et d'autres alors inédites – est un sacré trip. Foutrement fort. Diablement physique et méchamment cérébral. Solide et fuyant – les lignes, on le redit, se redessinant sans fin, sans cesse, à même le temps de l'écoute. Hardcore oui – mais jamais par surenchère, pas bloqué sur une vitesse, pas gratuitement abrasif. Abrasif plutôt avec intelligence – l'abrasion et les bruits de chocs comme autant de traces, d'effets, de propositions de contacts. Une musique d'impulsions électriques, littéralement électronique – on a l'impression que les micro-courants qui circulent dans les composants, les circuits, les modules, sont directement amplifiés, manipulés tels quels, les interfaces quelles qu'elles soient les modifiant le moins possible. De la SF, oui, faite son, musique, matériau sonore, ondes concrètes. Une musique brute exploratoire – à l'impact instantané, à la portée longue, aux répercussions complexes et corporellement sensibles. Une logique machinique – et des détours humains, organiques, pour déjouer les pièges de l'abandon aux Grandes Boucles Trop Parfaites, où sombrer dans le sommeil, l'hypnose, serait tôt ou tard létal.

Syntetic réveille – en sursaut, si on était calé dans la torpeur. Syntetic arrache. Il faut savoir se poser dans ses orbites – croisées, dérivées, multipliées. Il porte, alors. Il emporte – mais pas comme dans un rêve. Il est métal et chair – et pour une fois ce n'est pas qu'un cliché ressassé (enfin... ou si ça l'est, celui là s'incarne, là où d'autres, souvent, se contentent de l'énoncer). Syntetic est cyber – et Syntetic est pilule ni rouge ni bleue, Syntetic est buvard et xeu et d'autres trucs qu'on goûtera ou non, comme on voudra... Quoi qu'il en soit on s'y expose et on s'y trouve plongé. Syntetic avale – et Syntetic crache bien, crash et répare, soude et perd des morceaux, des débris, constelle à travers les champs d'étoiles, les traînées de gaz toxiques et poussières de météores. Syntetic est un ballet d'outils automatiques qui se décrochent en sécession. On le métabolise – il reste le grain qui crisse sous les mâchoires, celles des chaînes d'usines, celles des événements qui s'entraînent, s'enchaînent jusqu'au point de logique rupture, conclusion, finition... Celles des robots qui transforment. Celles des esthètes hébétés qui ruminent – pendant que la chose vrombit en passant au-dessus d'eux.

note       Publiée le vendredi 21 juin 2024

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Oui, c'est d'ailleurs toi qui me l'avais offert (à l'occase d'un passage à Lyon de l'un de nous deux quand l'un de nous deux au moins n'y habitait plus/pas encore...). Et pareil, plus possible ici d'ouvrir le CD "interactif", alors que j'ai déjà pas du matos dernier cri, du tout. Ce dont on se fout un peu, la partie sonore sans intervention de l'auditeur, elle, comme dit Gulo, n'étant toujours pas obsolète un poil, à mon sens (et encore une fois, beaucoup parce que ça ne repose pas sur des tics et autres validations de scène, dès le départ).

Message édité le 04-07-2024 à 14:25 par dioneo

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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3 euro en Fnac il y a une vingtaine d'années de cela. Pas sur d'avoir réussi a faire jouer le CD-Rom par contre.

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

(Aaah, voilà de belles notes qui arrivent peu à peu...)

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Comment il a RIEN perdu en impact et en tranchant, lui, c'est un régal. Je pense pas qu'on puisse en dire autant du moindre truc à bassdrum vénère de l'époque. Il est toujours sur sa planète à lui. Tout seul.

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Tout à fait. Pas de folklore, pas de poncifs, juste un peu de vocabulaire, mais articulé avec un accent étrange, singulier. C'est branché en prise directe sur le cortex. Le noyau (dur). Comme une grosse témon. Pas de chichis.

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