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LSD March › Nikutai No Tubomi

cd1 • 1 titre • 39:24 min

  • 1Nikutai No Tubomi39:24

cd2 • 8 titres • 38:58 min

  • 1Aubade5:03
  • 2Elephant5:37
  • 3Stone5:09
  • 4Tempo5:10
  • 5Love6:03
  • 619783:18
  • 7Dance2:44
  • 8Holy Ghost5:52

informations

Enregistré par Richard Horner.

Photo : Maki Abe. Artwork : Darryl Norsen..

chronique

LSD March, ça n'est jamais vraiment pareil. Ça ne cesse jamais, non-plus, d'être LSD March. Ça en devient même une de leurs plus saillantes caractéristiques – partagée certes avec nombres de groupes psyché, freeform, au Japon peut-être plus visiblement qu'ailleurs, je ne sais pas, je n'ai pas les stats... Je veux dire : cette capacité criante à pouvoir incarner tout le temps, chaque fois, en formes (ou absences apparentes de forme) le fil de l'impermanence, la transformation qui ne vise à aucun stade final, définitif. En même temps, sans que jamais la substance ne donne à voir une quelconque altération, déperdition. On joue, on se dissout... La fois d'après on recommence – entier, parce que depuis zéro. On prend de l'âge, d'accord. On n'est jamais une simple émanation d'époque – fut-elle nostalgique ou viserait-elle l'un ou l'autre futurisme.

Deux disques, là, pour cet album. Bien différents, aux approches qu'on pourrait trouver opposées, même. Une longue coulée d'une seule plage, sur le CD1 – larsens, feedback qui bouclent, font des cycles lents, son qui enfle sans fin, d'une allure si tranquille, malgré la hauteur des remous, qu'à la vitesse où peut la capter l’œil, où peuvent la saisir les sens, on jurerait presque une sorte de fixité, on se croirait presque, au moins, vivant sans fin l'instant d'avant qu'elle, que tout s'arrête. La guitare pleine wah, bien sûr, fait ça – mais la batterie elle-même se fond dans ce magma, cet univers engobant, les cymbales font les mêmes bulles et renflements, cloques et fumerolles. C'est trop long, c'est trop court si vous voulez. Pour moi ça dure juste ce qu'il faut – ça déforme assez le temps pour que la notion ne tienne plus. CD2, c'est tout autre chose. Une autre sorte d'insaisissable. Des fragments. Des flux qui ressemblent à des impulsions – on zoome à peine dessus, on ralentit à peine la vitesse de défilement pour pouvoir les percevoir. Enfin, eux le font à la source – depuis les instruments, à même de très probables improvisations, sans doute les moins « préparées » qu'il se peut. Beaucoup de timbres grêles, secs, claquements de métal parfois brefs, violents mais dont certains résonnant très peu, dépassant à peine l'instant du geste qui les produit. Des phrasés trébuchés, tronqués ou dégringolés, lâchés comme quelque chose qui fuit hors d'une enveloppe crevée, quand l'option n'est plus au flash qui fend le silence pour aussitôt disparaître. L'impression générale que rien ne doit rester retenu – entre les mains, les doigts, que tout doit échapper, filer, tracer, puis tout indice de ce passage mourir, s'évaporer. Curieusement ça prête très peu cette partie là, cette facette de la chose, ces huit plages, çà l'objection habituelle des ceux-et-celles-qui-n'aiment-pas-ça. Si, ça en est. De la bizarre si on tient – mais justement, qui ne cherche apparemment pas à nier ça (pas plus qu'à sonner bizarre-pour-le-bizarre... on soupçonnerait que c'est en-deçà de telles considérations, c'est à dire également au-delà, c'est à dire en dehors, simplement, en terme d'intentions). Aussi, à lire les titres, c'est très littéral en même temps que très abstrait, on peut se dire, cette version, ce versant là – cet Elephant, par exemple, qui s'acharne à pousser des BRAH, des PRON et autres sons comme poussés par lesdits pachydermes. Pour un peu, on décèlerait même là-dedans comme l'ombre d'une point d'humour – naïf ou pas, c'est à vous de voir. Puis l'ambiance est changeante, forcément – je n'insiste pas là-dessus, il me semble que ce serait bégayer, à force. C'est une espèce de fête mais avec des trous noirs, des choses jolies qui se passent et des peurs furtives qui pointent et mordent. C'est plein de cloches comme si se déroulaient à l'impromptu – en mémoire ou pour faire advenir, subvenir on se demande quoi, ou on ne sait pas, même eux, pourquoi – d'étranges cérémonies sans types, composites où ex-nihilo (tout étant fait pour que ce revienne au même, ces deux possibles bases). On joue, on cause fantômes, caillasses, animaux donc ou paramètres musicaux élémentaires. Ménagerie, table de matières (au sens chimique, physique), amour, année, danses. Ce sont peut-être des fausses pistes ? « Y'a pas de fausses pistes, seulement des pas faits ou pas pour ça ».

Soyez prévenus : LSD March, il y en a possiblement, parmi vous, qui, s'y risquant, vont trouver ça horrible, insupportable, horripilant. Il y en a d'autre, tout aussi immanquablement, qui vont s'y trouver à ravir. Ce double là, tout spécialement, fait partie de ceux sur quoi très vite, en la matière, on va trancher – ou bien au contraire rester coi, ne savoir qu'en faire. Ce serait donc, logiquement – pour s'y mettre ou tout court – l'un des pire, l'un des meilleurs. Il y en a d'autres – des disques, d'eux, et des logiques. Alors, que faire ? Oh... Prenez donc deux minutes. Ça ne vous mangera que quelques heures. Et si vous y revenez, si vous creusez, quelques autres de plus. Ce ne seront pas les mêmes. Et à vous de voir, après, si c'en seront de perdues, au point où vous en serez rendu.e.

note       Publiée le vendredi 31 mai 2024

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