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Compilations - Labels › Wenn die Engel sterben

cd • 15 titres

  • 1Anne Gillis: 'Si et seulement si'
  • 2The Haters: 'Fuechen'
  • 3Big City Orchestra: 'Majestatisch'
  • 4Big City Orchestra: 'Vorher'
  • 5Brume: 'Cauchemar psychomoteur'
  • 6Guru Bobol: ' Encorche'
  • 7Guru Bobol: 'Abfarinthe'
  • 8Human Flesh: 'The mineral eye'
  • 9Konstruktivists: 'Critical mass'
  • 10Pacific 231: 'Severance'
  • 11Cents Ans de Solitude: 'No need for the sun'
  • 12Ostara: 'Antinomian blues'
  • 13Illusion of safety: 'Empty mile markers of man'
  • 14Rapoon: 'From here'
  • 15Tam Quam Tabula Rasa: 'Nascentes morimur'

informations

Le cd est dans une pochette scellée avec un sticker et est inclus dans le livret.

chronique

Luce Sia est-il un label extrême ? Non, il s’agit simplement d’une structure exigeante au clair quant à ses choix qui, si elle ne produit pas une musique à la portée du premier quidam, n’a rien d’un élitisme savamment cultivé et qui pourrait même servir à quelques audacieux/euse de porte d’entrée à des artistes dont la démarche se rapproche de celle des galeries d’art plus que des studios de production. Normal, ces gens-là sont des esthètes avec le goût des choses bien faites (je les accuserais même d’occuper un rôle d’archivistes, préservant pour la postérité de précieux échantillons de la notion de liberté absolue dans le processus de création sonore) et pour fêter leur centième sortie, quoi de mieux que de proposer une compilation résumant les contours de leur démarche ? Présentée dans un livret A5 soigné, ‘Wenn die Engel sterben’ nous promène dans des univers aussi divers que variés avec en commun le goût d’une création artistique complète, parfois multimédia selon les artistes. Anne Gillis nous propose une composition de non-musique uniquement réalisée à base de bruitages que l’on devine purement humains (reniflements, bruits de bouches, respirations, tapotements de doigts) dans la lignée d'un Gianluca Favarone. Avec The Haters, nous nous engouffrons dans un registre entre dark ambient et bruitisme avec une nappe s’écoulant comme un flot charriant des matériaux sur laquelle on manipule des sonorités plus aiguës, plus grinçantes sans pour autant virer dans trop d’extrême. Rien à voir avec Big City Orchestra délivrant deux pièces qui pourraient aisément servir de bande-son à des courts métrage d’art et d’essai ou même à un ballet avant-gardiste (‘Vorher’ et sa rythmique de machine), mêlant industriel à l’ancienne, musique concrète, quelques remugles électroniques; le projet évolue aux limites de la menace sans pour autant agresser réellement comme s’il laissait l’auditeur/trice libre de son ressenti. Du beau travail. Avec Brume, c’est comme si une forme de breakbeat ivre était projetée à coups de pied dans une arène où elle serait soumise aux stimulations de sonorité allant de l’accord d’orgue aux grincements, en passant par diverses sonorités apaisantes, agaçantes, d’un piano gelé à des bribes de conversations déformées, parfaitement adaptées au titre. Guru Bobol enchaîne avec deux morceaux dans un registre dark ambient avec une note rituelle, particulièrement marquée sur ‘Encorche’ de par le jeu de percussions hypnotique (un de mes favoris de la compilation). Dans la continuité, Human flesh osent une touche dadaïste en collant des lignes vocales passées à l’envers nous plongeant dans une drôle d’ambiance orientale décalée. Les fans d’indus old school vont adorer l’excellent ‘Critical mass’ de Konstruktivists: percussions rituelles, bruits inquiétants, récitations en forme de prêche de gourou, un autre point fort de cette collection. Pacific 231 sonnerait davantage comme une visite du même site mais le lendemain à l’aube, quand la cérémonie s’est terminée et que seuls demeurent les bruits de structures de verre choquées par le vent, de petites plaques se heurtant sous les caresses de la brise, avec quelques adeptes encore sous extase en train de gratter les cordes d’un élastique géant. Cent Ans de Solitude renouent avec un style ambient à base de nappes claires servant de support à une conversation entre un homme et une femme. Mais en est-ce bien une ? On songe volontiers aux pièces les plus orientées du genre de In the Nursery. Beau travail. Ostara, je l’avoue, cassent l’atmosphère par une chanson interprétée à la guitare sèche de manière simple et spontanée mais même en matière de dark folk, cela sonne décalé et même un peu emprunté dans le jeu caricatural. Question de goût. J’apprécie davantage Illusion of Safety qui nous replongent dans une obscurité menaçante en mêlant adroitement dark ambient avec un zeste d’expérimentation sonore que Rapoon vont confirmer en version plus obscure mais aussi plus apaisante et nocturne. Classique mais efficace. C’est à Tam Quam Tabula Rasa qu’il appartient de clore la compilation avec une pièce qui pourrait à elle seule sonner comme un requiem pour les anges défunts du titre. Nappes ambient légèrement rêches mais porteuses d’une touche de mélancolie parfaitement adaptée à l’atmosphère d’une collection qui s’achève. A mon avis, bien que plus 'jusqu’au boutiste' dans la démarche, ‘Wenn die Engel sterben’ s’inscrit pleinement dans la lignée de compilations historiques ayant à la fois servi de sésame à la découverte et d’étalon d’une certaine scène, avec une notion d’archivage en bonus. Les atouts d’un classique.

note       Publiée le lundi 27 mai 2024

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