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Tombouctou › Tricky Floors

lp • 8 titres • 34:04 min

  • A
  • 1End of Rescue1:23
  • 2Watermelon Snow5:07
  • 3Fighters5:33
  • 4Unusual Mabel01:08
  • 5Claps on Waves3:10
  • B
  • 6Lucrece's Summer4:43
  • 7Ring My Bell7:03
  • 8Birth of a Werewolf5:57

informations

Enregistré par Yann Van Eijk au Jondy Studio. Masterisé au New Alliance East Studio.

Artwork : Melloul. Coproduction Araki/Cheap Satanism Records/Hidden Bay/Permafrost/Pied de Biche/Poutrage Records/Day Off/Last Disorder.

line up

A.C. (guitare), Cocrelle (textes et chant), Melloul (batterie)

chronique

Il aura mis du temps à sortir, celui-là ! Quelques contrariétés, ajournements – dont ce trois fois rien, là, vous vous rappelez, une toute petite pandémie ? Les trois qui ne vivent plus tous dans la même ville... Mais aussi : c'est que Tombouctou l'a travaillé, ce deuxième, l'a remis. L'a mûri autrement. Ceiling Coast, le précédent et premier, livrait des morceaux très souvent joués, avant, variés, travaillés au corps des concerts et des concerts durant. Tricky Floors inverse le processus, il me semble – le disque enfin sorti les tournées avaient enfin repris, les occasions avaient depuis quelques temps ressurgi, d'aller en vrai se plonger dans les fracas.

Alors ?

Alors voilà, oui : Tricky Floors, c'est une autre affaire. Forcément. Et heureusement. Les compositions tapent encore plus tous azimuts mais les constructions, l'architecture diffèrent. Les stratégies contre, aussi – comme disaient d'autres, en vieille indus. Tombouctou – qui côté jeu, technique, exécution, a toujours été un groupe balèze – touche encore autre chose, atteint un autre palier. Ces morceaux là touchent d'autres terres – montent vers d'autres nuées, se mangent d'autres sols, traversent d'autres strates. À un moment, Melloul blaste, même, A.C. part en trémolos death/black, et Cocrelle pérore – ouais, elle growle, presque ! Et ça prend. Ça marche. Rien là-dedans ne fait étalage pour rien – c'est seulement une manière de saisir et de jeter encore autre chose.

Ce disque respire davantage, je crois, que l'autre. Je ne dirais pas – oh non – que tout s'est apaisé, qu'ils et elle ont trouvé la pleine tranquillité. Mais en dehors des pointes que tout pique, là-dedans, il y a ces moments qui prennent le temps. Il y a ces épisodes qui se, qui racontent autrement. Il y a ces mélodies lisibles parfaitement, que ne dissimulent, ne défigurent plus les déchirements des bruits – ceux-là attendent leur heure, rejaillissent quand il faut, nous prennent en traître d'autant plus qu'on savait, qu'on se doutait, qu'on les soupçonnait planqués, prêts à bondir, emporter, courir en dératés en tenant dans leurs mâchoires le butin, les bouts dérobés, arrachés, attrapés au vol.

C'est toujours aussi beau, aussi perclus et aussi délié, plein de torsions et de trucs qui dénouent. C'est toujours aussi libre et aussi rigoureux. Aussi dru et aussi plein d'une vraie franchise amie, qui vous ne la fera jamais à l'envers même quand elle décoche du retors sans les gants. Il y a des choses, là-dedans, que je vais mettre du temps, je crois, à complètement comprendre... Comment ça me touche – pourquoi c'est ailleurs que ce que je connais à force par cœur, du précédent, que d'un tas d'autres choses, musiques, chansons, événements sensoriels qui m'effleurent ou me percutent. Là, ça m'empoigne – ça me poigne – d'une manière bien à soi, pas seulement triste (ah ça...) et pas bêtement violente.

Les teintes des cauchemars, des songes qui nous enveloppent et qui se concrétisent, du réel qui devant nous, autour de nous, en nous s'effondre, se brise, renaît en formes nouvelles – effrayantes, magnifiques, banalement piégeuses – varient peut-être. Rien n'est fait, pourtant – toujours pas – pour rassurer, conforter. On peut, cette fois encore, lire toutes les paroles, reportées sur l'insert parsemé aussi de noirs dessins. On peut encore, on peut aussi se laisser happer par le son – par les vagues et les bouffées, la houle et la vibration sourde que chante le câble du fil à plomb. On laisse traîner ses yeux, là-haut, sur d'innocents nuages. Et l'on voit la naissance, n'ayant pris gare, d'un nouveau loup-garou – est-ce que c'est qu'on s'y mire, où va-t-il nous croquer ?

note       Publiée le samedi 18 mai 2024

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Note moyenne        3 votes

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Tacrolimus Envoyez un message privé àTacrolimus

Fraicheurs, rage, romance, mélodies imparables.

Message édité le 21-05-2024 à 08:57 par tacrolimus

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

Oui, s'ils passent par chez vous allez-y, c'est vraiment quelque chose en live, Tombouctou - "mais comment met-elle autant d'énergie dans si peu de corps ?!" et vraiment pas seulement...

Et sinon, @Moustache, probable que dans pas trop longtemps apparaissent par ici d'autres Lyonnais co-prod par Day Off (et également vraiment super en live), tiens.

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moustache Envoyez un message privé àmoustache

Yes. Évidemment j'aime beaucoup cet album. Et en concert c'est hyper bien !!!

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