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Blue Öyster Cult › Club Ninja

cd 1 • 9 titres • 44:28 min

  • 1White Flags
  • 2Dancin' in the Ruins
  • 3Make Rock Not War
  • 4Perfect Water
  • 5Spy in the House of the Night
  • 6Beat 'Em Up [reprise de Lee Aaron]
  • 7When the War Comes
  • 8Shadow Warrior
  • 9Madness to the Method

informations

line up

Eric Bloom (chant, guitare), Buck Dharma" Roeser (chant, guitare, claviers), Joe Bouchard (basse, guitare, chant), Tommy Zvoncheck (claviers), Jimmy Wilcox (percussion, chœurs)

Musiciens additionnels : Thommy Price (batterie), Phil Grande (guitares), Kenny Aaronson (basse), David Lucas, Joni Peltz, Dave Immer, Joe Caro (chœurs), Howard Stern (spoken word sur "When the War Comes")

chronique

  • blue öyster cucult

Cette pochette, pourtant pur caméléon dans la jungle des années quatre-vingt, a scellé le sort de l'album, en réalité moins flashy-moche que son "art"-"work" signé par un clown drogué se rêvant astronaute. Même Claude Vorilhon aurait hésité devant ce concept, qui n'en est pas un. Entre nous, un vaisseau spatial n'a aucun avantage à tirer d'une telle forme. L'architecture aurait été recalée au casting de Lassou Poshu (ce film nippon culte présentant deux grabataires pétomanes imbibés de saké rencontrant un alien déguisé en sushi, mais ne nous égarons pas...) Si cette palette bigarrée laisse songeur celui qui se remémore l'esthétique intemporelle du BÖC premier, n'oublions pas l'existence de cet intitulé polémique, possible fruit d'un brainstorming lourdement cocaïné... CLUB NINJA... et pourquoi pas Karaté Kid, tant qu'on y est ?! Mais cet album tant décrié est-il donc aussi con que son nom, que son emballage, que la Lune ? Sous le polyester et les burnes à facettes, symptomatiques du moment, il est imprégné d'une douce mélancolie, on le sent blotti comme un gros chat serein au creux de sa décennie. Il peut même m'évoquer à la fois Journey et les Cars. Dans ses bons moments, il sonne comme s'il avait été conçu pour être réécouté quarante ans plus tard par des vieux gars bouffis de nostalgie. Tout y est bienveillant, presque anonyme de gentillesse eighties. Même les gros chœurs beaufs de mâles en rut. Il manque selon moi de moments forts et de vision artistique face au grand Fire of Unknown Origin, et il est moins efficace que Revölution by Night sur le terrain balisé du hard FM ; mais c'est un album tendre et profondément gentil - au moins autant que du Toto - dans lequel les morceaux rivalisent d'aimable nunucherie jusqu'au chatoyant final, même si avec le temps je retiens le titre d'introduction "White flags", aux relents fruités-dilués à la Minute Maiden, "Dancin' in the ruins", une de ces guimauves bichonnées par le petit père Buck Dharma, ou la tristesse étrange charriée par le riff de "When the war comes"... mais surtout le spleen scintillant des belles "Perfect Water" et "Spy in the house tonight", survivances troublantes du BÖC seventies. Club Ninja n'est donc pas cette faute de goût impardonnable racontée par les détracteurs... mais ce n'est pas non plus une imparable collection de tubes radioactifs comme l'aimeraient les fétichistes des albums mal-aimés. Il y a eu beaucoup plus putassier à l'époque. Pire, meilleur, que des bombinettes au chant de quiche comme "Shadow Warrior", ou des conneries aux relents twisted-sisteroïdes comme "Make rock not war". Club Ninja, 100% middle-of-the-eighties-road, n'est pas fait pour agresser aux néons, bomber de la braguette enduite de paillettes ; mais pour cajoler, dérouler des titres sympas, à défaut d'être bien marquants. Une zone de récréation tranquille pour nos boysters, qui expriment leur côté lover du vestiaire. Un petit cocon tiède dans la discographie, pas plus polémique qu'un bisou sur la joue. Détestez-le si ça vous chante, ou rangez-le dans ces plaisirs que vous qualifiez de coupables : il n'y a pas plus innocent que Club Ninja.

note       Publiée le mercredi 15 mai 2024

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    taliesin Envoyez un message privé àtaliesin

    Une de leurs quelques rares abominations...

    Note donnée au disque :       
    Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

    L'album de BÖC qui a la plus mauvaise réputation et pourtant (dans mon souvenir), il y a quelques moments intéressants (Perfect Water notamment) mais cette production synthético-80 a bien mal vieilli il faut le reconnaitre. Prochaine étape "Imaginos" j'imagine...

    torquemada Envoyez un message privé àtorquemada

    Vraiment étrange de passer d’une imagerie assez sombre comme sur « Dancing In The Ruins » à des conneries comme « Make Rock Not War », ce groupe est vraiment schizophrène (c’est pour ça qu’on l’aime aussi). Le dernier titre est sympa sinon mais le reste est quand même beurk.

    Note donnée au disque :       
    Consultant en informatique Envoyez un message privé àConsultant en informatique
    avatar

    J'ai pas du l'écouter depuis au moins dix ans (il faut dire que très paradoxalement, les albums mal-aimés de BÖC se retrouvent rarement à prix abordable dans les bacs d'occasion, du coup je l'ai pas à la maison). Je suis toujours très curieux de regarder parmi longues discographies l'album le plus mal noté d'un groupe sur RYM (généralement avec un delta de notation assez impressionnant). Pour Blue Öyster Cult c'est celui-ci. Ce qui m'a toujours étonné, car dans mon souvenir c'est pas franchement plus scandaleux que Mirrors ou Cultosaurus. Il y a forcément un biais snob quand on écoute ce qui est considéré comme les écueils de carrière d'un grand groupe, mais pour le coup je me souviens de l'avoir trouvé plus sympa qu'Imaginos ou ceux qui suivront