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Cardiel › Local Solo

cd • 12 titres • 51:59 min

  • 1Tabla3:22
  • 2GNB2:05
  • 3Preveral en el Coping5:04
  • 4STYG3:26
  • 5Sheriff Hernandez3:13
  • 6Monobleach2:23
  • 7Fakie3:54
  • 8W&W4:30
  • 9Chola2:41
  • 10Ghetto by the Sea5:15
  • 111990 y Siempre3:38
  • 12El Cubo Azul12:24

informations

Enregistré au studio Vesubio34 par Miguel Fraino et Samantha Ambrosio. Masterisé par Jonathan Nuñez au Pinecrest Studio.

line up

Samantha Ambrosio (batterie), Miguel Fraino (guitare, chant)

chronique

Ne vous fiez pas trop à la figurine sur la pochette – la vahiné/ukulélé, là (ou bien est-ce un Hawaïen, une Hawaïenne, envoyé.e par le syndic d'initiative, qui nous accueille ainsi ?)... Voyez plutôt derrière la vitre : le ciel est lourd, le verre est flouté par la buée, ça rayonne, certes, mais à travers un voile, les premières gouttelettes commencent même à filer leurs traces. Ça sent l'orage, oui – l'ozone. Ça va péter, d'un instant à l'autre ! Et le van, pendant ce temps là, trace vers le couchant...

Ce premier Cardiel est déjà bien chargé, les riffs stoner déjà bien tendus par une furie punk, comme amphétaminée, la voix dès ici éraillée comme du Cobain qui aurait bu d'un seul trait tout son Bleach au lieu de se le répandre sur la tignasse. La batterie est intriquée, touffue, claquante et à la fois épaisse. L'énergie qui se dégage de tout ça tape direct à la tête, saisit tout de suite au corps – l'envie de sauter dans tous les sens, de gueuler aussi. Le son est déjà bien là, en place, qui fait qu'on entend bien comme ça ne tient pas en place – avec ces passages traités dub qui nous envoient dans un espace de SF lysergique, soudain space-surfeurs, space-skateurs allumés comme eux deux, comme leur musique incendiaire, Molotov. Dès ce début, ça arrache, oui – comme sur les disques d'après, c'est plein de saveurs, pourtant, pas cramées, pas emportées par le relevé de la chose. C'est plein de finesses, sous l'aspect qui-tabasse. C'est plein de matières roboratives cachées dans les recoins, comme des rations à chopper au passage pour tenir toute la longueur de la chose – qui ne nous ménage pas, on répète, n'en est déjà pas à jouer l'économie.

Voilà, donc, une musique généreuse et pas polie, impolie, marquée d'argots sonores dont on ne saisit pas forcément, d'ici, les subtilités, mais qui tout de suite trouve sa fluidité, en même temps que la rudesse idoine. Ça coule fort, vite, en grondant, en grinçant, en réjouissant. Ça secoue ce qui a besoin de l'être sans rien épargner – ni eux, ni nous. Même quand point une surprenante gracieuse mélodie, des espèces d'harmonisations chantantes – sur Ghetto by the Sea, par exemple – jamais rien de mièvre ne se glisse dans le mix, ne vient frelater la rudesse du climat, de la manière. C'est du bon, de la bonne, du non-coupé mais du sélectionné, choyé, cultivé avec soin et le souci qu'au bout, ce soit exactement la variété voulue, qu'on se retrouve à brasser, rouler, ingérer, inhaler.

Le van se range sur un côté de la route – une petite aire de sable qui décroche de l'asphalte, quelques touffes d'herbe rase qui pointent la direction du désert, vers l'horizon, les collines, les falaises, les rifts. Douze minutes (et plus) de son tout à coup alenti, guitare western-surf, basse (tiens, une basse ?) et batterie décidément dub, son spacieux. Le moteur tournait en fond, mais quelqu'un l'a coupé sans qu'on s'en aperçoive. Le tonnerre, la foudre, tournent au loin, le fracas parvient étouffé. L'air s'est rafraîchi, refroidi. La batterie stoppe et le feedback s'emmêle, fait un écheveau qui grandit. Ça finira noise. Une manière comme une autre de se poser pour y penser, méditer « tout ça », redescendre. La meilleure, pour ici. La meilleure. Quelqu'un tousse, un chien aboie. Il me semble l'avoir entendu déjà, plus tôt, le canidé. Si je m'endors, là-dessus, le van sera-t-il encore là, au réveil, pour me ramener ou me m'emmener jusqu'à destination ? (Le souffle, sur la bande, a fini par se taire, en guise de dernier mot).

note       Publiée le mardi 7 mai 2024

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Ah ah ! Bah merci, j'ai eu un accès de lyrisme, ça me prend parfois... Et ouais, très cool cette fonction d'écoute bandcamp directe sans quitter la page de la chro, hein ?

    Message édité le 07-05-2024 à 19:20 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    LePetitRoiDeGloire Envoyez un message privé àLePetitRoiDeGloire

    Voyez plutôt derrière la vitre : le ciel est lourd, le verre est flouté par la buée, ça rayonne, certes, mais à travers un voile, les premières gouttelettes commencent même à filer leurs traces. Ça sent l'orage, oui – l'ozone. Ça va péter, d'un instant à l'autre ! Et le van, pendant ce temps là, trace vers le couchant...

    Magnfique. Et bravo à Chris pour l'intégration du bandcamp, excellent.