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Aeon Sable › Aenigma

cd • 7 titres

  • 1...Birth of the godforsaken
  • 2Twin flames in spiring
  • 3Burning in black
  • 4From witchcraft to deviltry
  • 5For the end and beyond
  • 6Loaded dice on lover's lane
  • 7Loqui ad Anguis ...

extraits vidéo

informations

2019-2023

line up

Nino Sable (chant), Din (guitare), Jo (guitare), Quoth (basse),

chronique

Avez-vous déjà ressenti la peur ? Cette peur de se dire que l’album que vous tenez entre les mains est peut-être le dernier ? Inutile de tomber dans la panique mais quand on adore certains groupes, la pensée qu’ils puissent se séparer, manquer d’inspiration, peut vous saisir. A l’écoute du dernier Aeon Sable, j’ai eu peur. Quatre disques à la pochette noire, deux blanches et cette dernière panachée, il y a sûrement une symbolique, non ? Pourquoi de la crainte alors ? Parce que rarement une formation purement goth rock ne m’aura parlé aussi profondément. On cite obligatoirement les pionniers dans les conversations mais personnellement, des formations telles que Dr Arthur Krause, Merciful Nuns, Aeon Sable m’ont encore plus profondément bouleversé que les Fields of the Nephilim que j’aime beaucoup pourtant… Aeon Sable me font voyager, tant à l’intérieur de moi que dans une dimension dont je ne perçois pas forcément les codes mais qui me parait familière pourtant. Dès les premiers accords de ‘Birth of the godforsaken’, l’expérience débute, presque comme dans une transe chamanique; nappes atmosphériques, voix lointains, accords aériens qui se placent comme les guerriers se placent au départ du pèlerinage, à moins qu’il ne s’agisse de la ligne de front. Boum ! Guitares lourdes doom metal dans les fréquences et le chant, le fabuleux chant de Nino Sable, doux et profond, comme un ange gardien dans ce marasme mystique, bercé par des notes célestes au clavier et quand en plus, il double sa voix en phrasé écorché, la musique résonne à l’intérieur de moi, fait bouillonner le chagrin qui me plombe pour mieux le cracher et m’installer avec sérénités dans l’obscurité. C’est magnifique, toute la beauté de l’exil des anges déchus résumé en un titre. On pourrait presque s’arrêter là. Mais inutile de se complaire dans le spleen. Puisque tombés en disgrâce, autant en prendre notre parti et explorer les contours de ce nouveau monde. ‘Twin flames in spring’ plus direct n’en demeure pas moins finement ciselé entre ses moments dépouillés où la rythmique et le chant conduisent la marche avant que la guitare n’allume des feux follets pour mieux laisser éclater l’orage. Superbes ambiances, superbes mélodies, du goth rock de grande classe, moderne dans sa production. ‘Burning in black’ pourrait presque sonner comme le hit du disque, direct dans sa mélodie, punchy dans son ambiance avec un jeu de guitare inspiré heavy metal du plus bel effet. Idem pour ‘From witchcraft to deviltry’ avec une touche mélancolique en bonus, notamment de par le chant. De la mélancolie, le plus lent et éthéré ‘For the end and beyond’ en est baigné. Sa touche épique résonne comme une traversée du désert pour les âmes meurtries qui, l’échine courbée, le pas trainant, ne lâchent cependant pas l’affaire et poursuivent leur route. Comment trouver de la force dans la tristesse, mode d’emploi. Nous avions raison d’y croire, la chanson d’après sonne plus dynamique, comme si les pèlerins célestes avaient secoué de leurs épaules lourdes la poussière du péché et pouvait enfin s’imaginer un nouvel avenir; même le jeu de guitare se montre plus léger, moins tragique dans ses accords. Pour ne pas faillir à la tradition, les Allemands concluent par un long titre, une épopée à lui seul avec cette impression de diaspora des âmes perdues (la batterie roulante confère une ambiance très cinématographique, presque dramatique) qui voient approcher la fin des épreuves tandis que la voix de Nino Sable murmure en continu ‘Speak, speak to the snake’. Difficile de ne pas évoquer l’esprit d’un Jim Morrison gothique qui aurait retravaillé ‘The End’. Montée en puissance puis tout s’efface. Avant un final doux et triste au piano/chant. Est-ce la fin de la quête ? Faut-il sécher les larmes ou serrer la mâchoire ? Heureusement les points de suspension dans le titre laissent à penser que l’aventure se poursuivra. Merci Aeon Sable !

note       Publiée le lundi 6 mai 2024

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