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Plešatá Zpěvačka › Vlasy Dievčat

lp • 9 titres • 42:16 min

  • 1Pohřeb lesů05:43
  • 2Kozodoj03:52
  • 3Studnice HIV04:14
  • 4Čaroděj z krajiny Gestapo03:09
  • 5Choroba čiernych kostí05:07
  • 6Human Pangasius05:17
  • 7Malé kurvao04:02
  • 8Spevy psom04:59
  • 9Bod Nemo05:52

informations

Enregistré au Jámor Studio par Ondřej Ježek.

line up

Hororotoro (basse, synthétiseur, piano), Orel (guitare), Nelo Blaster (voix), Ondra Trtik (batterie)

chronique

Une intro de piano brève, magnifique – chromatismes, sonorité nocturne, reflets qui luisent furtivement. Et puis la basse qui se glisse – et ensuite... Ça explose. Mais au ralenti. Ça remplit l'espace d'un mouvement de panique, d'une atmosphère d'effroi comme une pâte élastique, qui s'étend, enfle, recouvre, atteint tout très lentement, fixe sans fin l'instant d'avant que ça nous touche, nous, freine encore pour que ça devienne insupportable. La voix rebondit sur la réverb comme sur les parois, l'intérieur cylindrique d'un sale tunnel d'égout, la rythmique fait tourner des motifs étranges, complexes, asymétriques. L'ambiance est dégueulasse – poisseuse, viciée. Mais captivante. Et on sent que c'est l'éclate, on sent, en même temps que l'inquiétude, l'espèce de fun bizarre du truc qui nous gagne comme une crise – de palu, de fou-rire, de n'importe quoi qui ferait se retourner les cartes, vriller toute velléité de croire qu'une quelconque normalité serait la panacée, le but souhaitable, ce à quoi il faudrait se rendre.

Ce disque est complètement cintré, oui. Ce groupe semble bien l'être – sur tout ce que j'ai pu écouter d'autre, d'eux, mais ici, ça prend des proportions... Parfaites. Parfaitement ahurissantes, si vous préférez. Tout est tordu à l'extrême – tout trouve sa place exacte dans ce tourbillon, ce maelström. Un Pandémonium aux rues, aux plans tracés d'une main qui jamais n'a dû trembler – alors que tout y vibre, en boucan, en bordel, en écroulements apparents. Tout y hurle. Tout casse sans cesse son allure – pique des pointes et cale comme en syncope. Le death-metal, ici, est une musique pour ensemble de gongs – gamelan, kulintang importés en douce, redéployés sous ces latitudes, dans ce nouvel urbanisme infernal, à moins que ce ne soit le vrai visage de la terre où l'on vit, son vrai chaos montré, une fois les filtres arrachés, désactivés, neutralisés. Les filtres ou les barrières, les écrans de protection. Ça blaste, ça braille en tchèque – déchiré, démentiel, possédé. La guitare, la basse, la batterie, se tapent des plans noise-rock tarabiscotés, de prog désossé, multi-fracturé. Les dissonances sont ce qu'il y a de plus beau. La laideur est une couleur, une saveur – et cette musique, ce moment chez eux nous en injecte le goût féroce, ancre en nous le désir intense de nous y adonner, de nous en emplir, de nous y jeter pour que ça nous emporte, où que ça puisse aller. Mais ne vous y trompez pas : malgré cette pochette BDSM-burlesque, criarde, ça n'a rien d'un bête fais-moi-mal-johnny-johnny-johnny de plus, séance en oripeaux alterno après quoi, le tarif acquitté, on rentrerait tranquillement se pieuter. Non... C'est beaucoup plus vicelard. C'est absurde, comme c'est bon. C'est absurde, comme c'est, euh, eh bien, absurde – mais après tout, logique, par renversement, pour un groupe dont le nom est le titre, en langue de chez eux, de la Cantatrice Chauve de Ionesco. Rhinocéros aurait convenu aussi, en passant – pas que ces mecs aient des allures, du tout, hein, de pachydermes/nazis-garous (comme dans la pièce) mais pour la force imperturbable de la charge, massive, presque gauche en apparence mais inéluctable, quand elle est lancée, aveugle et ne considérant aucun obstacle.

Le titre du disque, lui, signifie Cheveux de Fille. Les bribes que je copie-colle, que j'entre dans le traducteur – en fait les textes entiers des chansons, mais ça ressemble à des cut-up, le sens s'altérant en une mesure que je ne saurais dire, dans l'opération – parlent d'aiguilles-HIV, d'une enfant qui dans un square arrache sa propre jambe, d'un sorcier/magicien au pays de la gestapo, d'un essaim de mouches qui portent un corps humain... Des histoires cauchemardesques, des perceptions amplifiées, distordues – à moins, encore une fois, que ce soit le réel lui-même qui se soit rendu enfin à l'évidence que tout en lui déconne de plus en plus, que la sortie de route globale, sans fin, s'affirme toujours plus comme l'imminente évidence. La Poétique Justice, c'est le fracas que ça fait – que ça va faire, que ça ne cesse pas de multiplier, de répercuter pour nous le ramener dans la gueule, ras-la-gueule, NOS GUEULES !

Et les synthés.... Je ne vous ai pas parlé des synthés ? Ils luisent aussi, eux, et ils flammèchent, comme tout le reste, ils grincent et s'épandent en goudrons et en eaux odorantes, distillats qui moussent. Ils rongent et construisent – comme les autres, autour. Mais qu'est-ce que c'était que ça ?! On ne saurait trop dire, ça ne se laisse guère définir, circonscrire. Ça nous a traversés, et c'était merveilleux autant que c'était atroce.

note       Publiée le lundi 6 mai 2024

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Oui, les Suce Pendus j'y ai furtivement pensé aussi, et à d'autres trucs aussi déglingués que ça, mais ici avec je trouve une espèce de complexité alt-prog, des machins tarabiscotés en plus dans les structures et le jeu. "Alt" comme dans "scène alternative" oui, comme tu dis - et je ne sais pas du tout à quel point le groupe est connu en Tchéquie mais il semble que Silver Rocket, l'un des labels qui ont sorti le disque, soit un truc assez important pour "ces scènes là", là-bas - ils ont sorti entre autres les/des albums de Děti Deště, les deuxième et troisième de Gnu (qui ont l'air d'avoir eu pas mal d'influence chez eux), ceux d'OTK qui sont apparemment assez "mythiques" aussi sur ces scènes locales (et le disque de Nesbitt's Inequality, soit le même groupe avec un chanteur canadien relocalisé à Prague), de Bumfrang 3... Et plein de trucs que je n'ai encore ni chroniqué ni écouté ! J'ai l'impression qu'ils se mêlent de distribuer des groupes étrangers là-bas, aussi, à des orgas de concerts, si j'ai bien compris... Bref, moi-même je suis loin d'avoir fini de creuser !

Message édité le 08-05-2024 à 10:00 par dioneo

Note donnée au disque :       
Procrastin Envoyez un message privé àProcrastin

C'est cool, merci pour la découverte. Une bonne grosse base Sludge quand même, mais bien aventureuse, avec des élans hallucinés qui lui donne un coté surréaliste. Le coté déclamatoire sous pression rajoute un truc m'a fait pensé à Biesy, voir aux Suce-pendus (et puis dans la couleur aussi pour ces derniers, on sent bien une ambiance de scène alternative dedans).

Message édité le 07-05-2024 à 17:27 par Procrastin

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Sans vouloir racoler (ou alors juste un peu... Bon OK, carrément en fait mais c'est pour la Cause) : @Saï, et @Cyb et @Buck, si vous passez par là, je me dis qu'il y a fort moyen que ça vous cause, ce truc ! (Vraiment timbré, et vraiment une des plus chouettes découvertes que j'ai pu faire depuis que je me suis mis à fouiller un peu dans les scènes tchèques, de retour d'escapade là-bas... En plus ce coup-ci y'a un bandcamp, donc accès tous publics depuis ici).

Message édité le 07-05-2024 à 14:08 par dioneo

Note donnée au disque :