Vous êtes ici › Les groupes / artistesVLuis Vasquez › A body of errors

Luis Vasquez › A body of errors

cd • 14 titres

  • 1Interno
  • 2Poison mouth
  • 3Under my teeth
  • 4Decomposition (part 1)
  • 5This guilt
  • 6The wasp
  • 7Surgery
  • 8In a cage
  • 9No longer human
  • 10Decomposition (part 2)
  • 11Used to be
  • 12From the drain
  • 13Arms & legs
  • 14World on fire

informations

line up

Luis Vasquez (musique)

chronique

La vie est injuste, comme le dit le proverbe, ‘ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont en premier’; Nicolas Sirkis est toujours en vie mais Luis Vasquez s’en est allé, chier. ‘L’environnement et les paysages n’ont jamais influencé ce que j’écris’, déclarait-il en interview à propos de ‘A body of Errors’ qu’il a composé entre plusieurs endroits. Etonnant. A son écoute, j’étais persuadé qu’il l’avait entièrement réalisé dans le désert des Mojaves où il était retourné juste avant la pandémie. Peut-être son pouvoir cinématographique fort ? Lui en parle comme d’une forme de retour à l’expérimentation pour retrouver un plaisir spontané qu’il avait perdu avec The Soft Moon devenu une sorte de thérapie. Plaisir, c’est un point de vue parce que ce disque respire tout sauf la joie mais il est vrai que le musicien peut donner libre cours à l’aspect le plus industriel de son travail. Il fallait le faire d’ailleurs, en pleine gloire, sortir un album solo instrumental ! Mais Luiz Vasques n’était pas n’importe qui… Un mec trop sincère, passionné par son travail, contrairement à certains se réclamant de Marguerite Duras et pondant des textes avec des rimes de gamin. De son propre aveu, il a voulu placer la démarche en se centrant sur le physique, le corps, les émotions y bouillonnant. Difficile d’en parler concrètement puisque l’opus se situe à la croisée de plusieurs genres, indus ambient, dark wave extrême (‘This guilt’), post punk cabossé, EBM même (‘Surgery’)… Certaines pièces auraient clairement pu figurer comme bande-son de courts-métrages (‘The wasp’, ‘Inferno’, ‘No longer human’, ‘Used to be’) de par leur aspect ambient et le travail méticuleux, riche des sonorités utilisées. D’autres évoquent des formes de rituels modernes de chamanisme urbain (‘Surgery’, ‘Decomposition part 1 and 2' avec leurs percussions ethniques endiablées’). Aucune sonorité réellement confortable; hormis les nappes pures, tout est rêche, les guitares, les percussions, sans pour autant aller trop loin et sonner noise, c’est là l’astuce… C’est très sombre par contre, l’obscurité est omniprésente, qu’elle soit apaisante ou non. D’un point de vue intérieur, ‘A body of errors’ m’évoque la décomposition progressive d’un corps par tous les orifices possibles, de manière impercpetible parfois, vioente à d'autres moments; d’un point de vue extérieur, il ressemble à un rituel de purification tel qu’il était pratiqué par les Amérindiens pour obtenir une vision: jeune, sudation, méditation, absence de sommeil, se recentrer sur sa souffrance pour s’en libérer, voir au delà… La paix ne sera pas au bout du chemin. Si son début peut induire en erreur, ‘World on fire’ n’est pas synonyme d’apaisement comme en témoignent les percussions râpeuses qui brisent la paix nocturne avec ses bruits d’insectes. Au journaliste lui demandant si cette pause lui avait permis de retrouver un plaisir plus gratuit à faire de la musique, Vasquez répondra à propos de la création de ce qui restera au final son ultime disque, ‘Exciter’: ‘Non, ça a été très difficile : c’était comme repartir de zéro.’ Peut-être es-tu en paix maintenant mais tu n’avais certes pas le droit de nous quitter si tôt alors que nous avions encore tant à nous dire…

note       Publiée le lundi 29 avril 2024

dernières écoutes

    Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "A body of errors" en ce moment.

    tags

    Connectez-vous pour ajouter un tag sur "A body of errors".

    notes

    Note moyenne        3 votes

    Connectez-vous ajouter une note sur "A body of errors".

    commentaires

    Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "A body of errors".