Vous êtes ici › Les groupes / artistesZZvíře Jménem Podzim › Září

Zvíře Jménem Podzim › Září

lp/cd • 8 titres • 36:49 min

  • Vlčí
  • 1Září2:59
  • 2Vlčí Srdce4:39
  • 3Malej Měsíc6:21
  • 4Psí Sny2:47
  • Psí
  • 5Zářící7:59
  • 6Podzimní Pes2:47
  • 7Nejsme Sami4:18
  • 8Potápějícím4:58

extraits audio

informations

Photos : Tereza Kunderová.

line up

Jakub König (chant, guitare), Aid Kid (électronique, production), Marie Kieslowski (chant, clavier), Marie Puttnerová (chant), Tomáš Neuwerth (percussions, production), Terezie Kovalová (violoncelle, chant), Ondřej Mataj (guitare, chant), Veru Linhartová (violon, chant), Matěj Vejdělek (clarinette), Ondřej Zátka (saxophone), Andrea Jarolímková (trompette), Tomáš Obrmajer (percussions), Tereza Štětinová (basse), Tomáš Havlen (basse, production), Linda Arbanová (projections)

chronique

Drôle de saison, ici. Tout a fleuri, éclos, avril est bien avancé, mai est à la porte, même. Il y a une semaine, à peine plus, on buvait au soleil, au jardin. Puis tout est redevenu froid – les nuits condensent nos souffles, on craint que tout gèle et tombe trop tôt, de ces fleurs, de ces fruits sortis si vite. À travers la lucarne, je ne vois que du gris – un gris, des gris eux-même étranges, lumineux, liserés mais pleins, aplats et nuances, camaïeux lignés.

Zvíře Jménem Podzim veut dire Un Animal Nommé Automne. Le titre de ce disque – leur deuxième – signifie Septembre. Un titre, un disque parfait pour cet étrange climat – décalé, attardé ou bien trop précoce. Sa musique est froide et douce – cotonneuse et givrée. Des beats programmés la tiennent, des batteries, percussions, l'animent. Des voix y chantent, y parle dans cette langue – le tchèque – dont je sais seulement un peu les contours, les constructions. Ça parle de « rêves de chien », de « chien d'automne » (décidément, doublemement), ça semble se mouvoir dans la nature et dans la ville, chercher leurs battements, le lien, les chemins commun et d'échappées. Les vents (clarinette, saxophone), les cordes (violon, violoncelle, guitare), y passent et s'y fixent comme des traces, des indices, des teintes qui changent avec la lumière mais dont l'empreinte demeure toujours pleine, impossible à confondre. Les claviers, l'électronique, y font des espaces étendus, vastes mais intimes, qui se fondent à la proximité des chants, des dits. Le bruits, les timbres parasités d'harmoniques stridentes, y dessinent des entrelacs nets et feutrés – bleu soir, rouge griffure, transparentes comme le ciel, insondables et matérielles de même. Les courants parcourent – et s'arrêtent, le temps de poser l'odeur des souffles portés, l'amorce d'un contact que l'instant d'après esquive.

Il se loge et s'éploie, dans cette musique très arrangée, détaillée – produite, traitée – un sens peu commun des lignes essentiels, des volumes justes, des distances. Y transparaît une mélancolie presque heureuse d'en être – lucide, yeux grands ouverts face au jour terne, aux empêchements, aux mondes écroulés comme à ce qui émerge (idées, espoirs minces, ô si minces, lignes de fuite ou d'ouverture...). Une énergie étale qui, sur une impulsion, s'agite, se tend, s'élève soudainement. C'est un disque débordant de textures, de chœurs lumineux et de discrets frottements harmoniques, de mélodies simples mais parfois tremblées, de grooves géométriques aux accents tout à coup subtilement permutés. C'est luxueux, presque chatoyant – c'est en même temps étonnamment nu, dépouillé d'ornement... C'est sous cette nudité, en elle, que se cachent les détails innombrables, les évidences et les questions que posent, articulent, effleurent, saisissent et lâchent les membres du groupe, du collectif.

C'est à peu près hors-genres, ce disque – ça brasse, ça rend indiscernable, ça fait son truc en propre, génère son atmosphère et les allures, les modes, les traits irréfragables de ce qui vient à y naître, y habiter, y vivre. De ce qui s'y endort, aussi – de ce qui s'y éteint si l'on n'y veille assez, assez bien, si l'on y prend pas garde, une fois de trop. Je veux bien que viennent le soleil et la chaleur, rayonnements, couleurs vives. Je crois bien que de tout ça, ils ne pourront rien gâcher, ils ne voudront rien défaire.

note       Publiée le jeudi 25 avril 2024

Dans le même esprit, Dioneo vous recommande...

Tarwater - Dwellers On the Threshold

Tarwater
Dwellers On the Threshold

DJ Krush - Krush

DJ Krush
Krush

Bel Canto - Birds of Passage

Bel Canto
Birds of Passage

Path Through The Mist - 7 homesongs

Path Through The Mist
7 homesongs

Deleyaman - Fourth - part one

Deleyaman
Fourth - part one

Von Magnet - Computador

Von Magnet
Computador

Breathless - The Glass Bead Game

Breathless
The Glass Bead Game

dernières écoutes

    Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Září" en ce moment.

    tags

    Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Září".

    notes

    Note moyenne        1 vote

    Connectez-vous ajouter une note sur "Září".

    commentaires

    Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Září".

    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Je connais vraiment trop mal Radiohead pour entendre le lien mais "exploration de l'intérieur du soi", oui, clairement ! Desabusée ou pas, avec un certain sens de le juste distance en tout cas, certainement - ni "la tête dans le guidon" ni vraiment aliéné, "vu d'un extérieur qui tiendrait de l'abandon de post(e)", les textes entièrement en tchèque brouillant sans doute aussi un peu la mesure qu'on peut prendre de cet aspect là de la chose, par rapport aux anglophones ou francophones qui nous sont plus généralement" courants" dans notre secteur du monde.

    À part ça, en plus de ceux mis en reco - et qui tous sont de l'ordre du "mais c'est pas encore tout à fait la même", hein, je précise, on pourrait peut-être mais pas tant que ça ajouter du Massive Attack période frisquette et puis tiens, du Recoil, qui n'est pas (encore) chroniqué. (Et curieusement, possiblement quelques Coil tout court, les plus pragmatiquement tristes que cosmiquement éclatés, disons, et tout aussi approximativement que pour les autres rapprochements/comparaisons, ces Praguois.es ci se révélant finalement assez "dans leur propre genre" au fil des écoutes).

    Message édité le 29-04-2024 à 12:55 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
    avatar

    Je lui trouve de gros relents d'exploration désabusée de l'intérieur du soi époque Kid Amnesiac, dans le travail des synthés et des couches sur des couches d'accords qui naviguent du mineur au majeur sans aucune rougeur. Une superbe découverte !

    born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

    Hahahahaha (pardon, c'était très utile aussi)

    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Et encore un com extrêmement pertinent et tout à fait en rapport avec le disque/la musique dont il est question dans la chronique du membre nicola. Merci, membre nicola. On applaudit le membre nicola. À bientôt, membre nicola, pour de nouvelles aventures.

    Message édité le 26-04-2024 à 11:03 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    nicola Envoyez un message privé ànicola

    Automne ? Je vois un bébé phoque dans le brouillard sur la pochette.

    Message édité le 25-04-2024 à 20:35 par nicola