Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesARabih Abou-khalil › Tarab

Rabih Abou-khalil › Tarab

9 titres - 60:54 min

  • 1/ Bushman in the desert 8.02
  • 2/ After dinner 5.52
  • 3/ Awakening 8.06
  • 4/ Haneen wa hanaan 8.07
  • 5/ Lost centuries 7.10
  • 6/ In search of the well 3.38
  • 7/ Orange fields 9.38
  • 8/ A tooth lost 5.20
  • 9/ Arabian waltz 4.59

enregistrement

Produit par Rabih Abou-khalil. Enregistré et mixé par Günther Kasper au Sound studio N, Cologne, Allemagne, du 28 février 1er mars 1992.

line up

Rabih Abou-khalil (oud, voix sur 1), Nabil Khaiat (frame drums, percussion), Glen Moore (basse), Ramesh Shotham (south indian drums, percussion), Selim Kusur (Nay)

remarques

chronique

Styles
world music
Styles personnels
musique arabe/avant-garde

Voici un des plus beaux albums de Rabih Abou-Khalil. Succédant directement à «Al-Jadida» en chronologie d’enregistrement, «Tarab» en reprend la même formation à une exception notable près : le saxophoniste Sonny Fortune est ici remplacé par le joueur de Nay Selim kusur. La musique de «Tarab» est très différente de la parfaite fusion jazz/musique arabe de «Al-Jadida». Abou-Khalil reprend les sonorités purement orientales pour un recueil de pièces chargées d’émotions, de tensions et d’une très grande inspiration mélodique. Chaque instrument y est investi par son interprète : la contrebasse de Glen Moore peut se faire aussi profonde, inquiétante et sombre qu’une nappe de synthé dans une musique de film (Haneen…) tandis que la flûte déhanche un solo reptilien et mystique, sur percussions graves et sévères. L’ambiance est sombre et sérieuse. Le musicien utilise toutes les ressources de son vocabulaire : impact émotionnel des mélodies, lenteurs orientales pesantes, canevas de percussions hallucinantes qui nous offrent des moments rythmiques d’une richesse incroyable, percussions qui trouvent ici une profondeur accrue et peuvent s’élancer jusqu’à la transe tribale, lors de montées d’intensité réellement frénétiques. La flûte de Kusur nous emporte au milieu des nuits mystérieuses, nous signifie l’Afrique au détour de thèmes évocateurs ; à l’oud, Abou-Khalil est plus mystique que jamais, offrant des mélodies mélancoliques et solitaires aux reflets de tristesses, des soli d’une rapidité foudroyante, des thèmes parmi les plus remarquables de son immense discographie, repris en soutenance par la flûte, martelés par la contrebasse dans des moments de furies rythmiques qui vous prennent aux tripes. Qu’ils s’agissent de pièces émotionnelles lentes ou de déchaînements plus passionnés, les mélodies gardent tout au long de ce disque cette gravité, cette fierté sérieuse et noble par laquelle on perçoit l’immense influence qu’aura la culture arabe sur l’Espagne et l’Andalousie. De l’atmosphérique et nocturne «Bushman in the desert» au rythme qui s’accélère, jusqu’à la transe d’ «Arabian waltz» et sa folie de percussion en passant par «Awakening» le merveilleux ou «Orange fields», «Tarab» contient les compositions parmi les plus envoûtantes et les plus profondes de ce musicien décidément atypique. Les percussions y sont riches et plus fines que jamais, les progressions d’intensité rythmique magistrales, les mélodies souveraines et les sonorités fabuleusement dépaysantes. C’est une musique ciselée et subtile, aussi délicate qu’endiablée, aussi folle qu’équilibrée, aussi atmosphérique que rythmique. Une véritable perle.

note       Publiée le samedi 5 octobre 2002

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Tarab".

notes

Note moyenne        6 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Tarab".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Tarab".

Richter › jeudi 1 avril 2010 - 22:48  message privé !

La flûte Nay ne se joue pas avec le nez (voilà celle-ci, elle est faite).

Note donnée au disque :       
Reflection › lundi 29 janvier 2007 - 18:42  message privé !
Oui je me doutes bien, que ' de part l'effet jazzy de ses ouevres ;) ), que ce n'est pas de la musique oriental pure et dure ;) Mais bon quand je disais orientale, je me comprenai :D Mais bon merci pour le conseil, je vais essayer de voir chez Munir Bachir aussi :D
Note donnée au disque :       
Nicouscous › lundi 29 janvier 2007 - 15:11  message privé !
J'ai rencontré un grand luthiste marocain avec qui j'ai discuté de Rabih Abou-Khalil, et il m'a certifié que c'était un grand joueur de Oud, mais que c'était du Jazz et non de la musique orientale. Son conseil pour écouter le maître du Oud oriental : Ecoutez Munir Bachir !!
Reflection › lundi 29 janvier 2007 - 14:41  message privé !
Et encore un chef d'ouevre ! 100 % d'accord avec la chronique ! Tout a été dit. Vraiment génial cet album, enfin Rabih est un musicien génial tout cours ... Un des plus beaux Cds de musiques orientales que j'ai écouté ...
Note donnée au disque :       
taliesin › mardi 8 novembre 2005 - 12:15  message privé !
Un album grandiose, plus ethnique que jazzy (par rapport aux autres oeuvres du sieur Abou-Khalil, j'entends).
Note donnée au disque :