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Cult of Occult › Cult of Occult

lp/cd • 5 titres • 39:59 min

  • 1Blurry and Muzzy8:04
  • 2I Hate You8:34
  • 3Walking in the Desert5:09
  • 4Perfect Love7:35
  • 5Cult of Occult10:13

informations

chronique

Cult of Occult, ça n'est pas juste pas content. C'est franchement pas gentil. Malveillant, même, malséant – malaise contaminant. C'est nauséeux et tout exorbité, les veines saillantes sur les tempes et les mains. Ça pue – la mauvaise weed en excès, le shit frelaté, et surtout les fonds de bouteilles, la bibine pas chère ou de luxe, peu importe – si ça se trouve là, à portée de lampée, ce sera avalé. L'Enfer Est dans la Gueule de Bois – alors pour ne jamais se cogner ça, il faut continuer à écluser, à se saborder... Ce qui fait – eh ouais – que vite on se retrouve dans une autre contrée dudit Enfer. Satan Est Mal au Foie. Satan est Bile Amère – Lucifer N'A Plus la Lumière, Qui A Belzébuth Boira etc., tout le pandémonium peut y passer.

J'ai vu, entendu Cult of Occult, une fois – curieusement, une seule fois, alors que j'ai vécu des années dans la même ville – en concert. Dans un squat au nom évocateur, qui lui allait très bien – L'Oblik ou la Toxique, je ne sais plus, les deux noms collent (et j'ai tendance à les mélanger, dans mes souvenirs, parce que dans les deux cas, je m'y suis souvent retrouvé la tête dans de drôles de sens). La bière s'y écoulait à prix symbolique et ce soir là, l'orga avait prévu des montagnes de fûts. C'était tout une nuit de son lourd, et j'étais arrivé tôt... Je me rappelle, pourtant – avec des trous, des flous – du passage de ces locaux-là. C'était lourd et dégueulasse. Sans volonté de communiquer – sinon la mérule, la moisissure qui leur courait dessus, qui rampait autour et à travers eux quand ils jouaient. Du sludge bien gluant, bien verdâtre, bien salace. Quelque chose d'odorant – décidément – et de tenace, d'opaque... Et puis sans fin, aussi – du genre à bloquer le temps, quelque soit le tempo du morceau.

Ce sludge-là, ce doom-ci, a certes des propriétés psychotropes – mais ne vous attendez pas au trip tranquille, au joli voyage en couleurs qui vibrionnent. Non... Ce doom là, ce sludge-ci vient du fond de la barrique – et c'est là qu'il vous entraîne, à patauger dans le moût aigre, acide, corrompu. Rien de stoner extasié – même quand ça parle de Marcher dans le Désert. Ce qu'on en retiendra, ici, du désert, c'est qu'il ne s'y trouve personne – ou alors qu'il ne vaut mieux pas, que toute rencontre y sera forcément mauvaise. Seules y vivent les pierres et une vermine diverse, multiple, minuscule mais cohorte. Le chant est dégueulé, dégoût craché, raclé. Les riffs s'obsèdent dans leurs tournes baveuses, roulent sur tout ce qui se présente de vivant ou déjà clamsé, malaxent tout en une même purée fétide, rouge-noire, expriment de tout ça le même jus venimeux, saumâtre.

De la musique qui l'a mauvaise, qui EST mauvaise, à dessein. Mauvaise pas comme « mal faite », mauvaise comme « la bête est mauvaise »... La bête est humaine et vous assène que vous aussi – donc crevure aussi. De la musique mauvaise et dans cette optique là, parfaitement bien ourdie. Bien faite ? Comme dans « bien fait pour ta gueule », alors. Comme dans « crever la gueule ouverte ». C'est pour gueuler ? C'est par là qu'on vous gave de l'Ignoble Cuvée.

note       Publiée le mardi 9 avril 2024

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