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The Wounded Kings › Visions in Bone

cd 1 • 5 titres • 47:24 min

  • 1Beast
  • 2Vulture
  • 3Kingdom
  • 4Bleeding Sky
  • 5Vanishing Sea

informations

line up

George Birch (chant, piano, claviers, guitare), Steve Mills (guitare), Alex Kearney (basse), Myke Heath (batterie)

chronique

George Bouleau revient, et Les Rois Blessés arrivent aux portes de l'Ailleurs, achevant leur voyage par une parade superbe, se jouant du temps. Un truc d'aïeul, de passeur, qui sent le Styx, les incantations et le tabac à pipe. L'ambiance à la fois hardie et atmosphérique de Visions in Bone, millésimé 2016 mais ayant l'allure d'un flacon centenaire retrouvé en fond de caveau, m'évoque la sensation assez grisante de savourer un vin aussi vif que terreux (Visions in Beaune ?), puissant et élégant, superbement rancioté. Expression d'un grand cru ayant atteint sa plénitude, comme cette voix de Lord absolu du style, aussi fière qu'un haut-de-forme, aussi saillante et sinistre qu'un bec de médecin de peste. J'écrivais dans la chronique du premier Wounded Kings qu'ils semblaient bien antérieurs aux âges du proto-doom ? J'ai envie de le réécrire, en lettres capitales comme pour la chro de Shadow Over Atlantis, dont le propos subtil et complexe a pu échapper à quelques lecteurs pressés. George Birch avait donc quitté le groupe, et je n'avais même pas pris la peine d'écouter les deux albums enregistrés sans lui ? Peu importe : son retour délivrait une conclusion à la Monte-Cristo, dans un état de force, de prestance, d'évidence. La dernière lumière avant que ne tombe l'éteignoir sur une discographie. La lumière en iris magnétique, vers laquelle descendent ces marches qui montent. Celle de son Porteur. D'entrée la magistrale "Beast", un hit seventies au groove austère et flamboyant, à la diction de grand sorcier, s'avance tel un templier en rut. Elle s'impose par de saisissants contrastes, s'affalant pour mieux revenir à la charge ensuite : impétueux sommets riffus, et moments psychédélounge, soyeux, amples, qui détermineront la marche du disque. Du doom à transat, profond. Sur un cargo fantôme, dérivant dans un vortex des époques du rock des damnés. Premier morceau très "noir & gris", moitié tube hard'n'heavy, moitié laid-back blues-AOR, réveille la bête et une fois las de sa pantomime, lui administre un sédatif à base de Pink Floyd... La suite est toute en ambiance, plus cohérente qu'une ombre, qui s'étale ; le chant tartiné façon doomous sur un blini de proportions lovecraftiennes, ondoyant en nappes scélérates dans mon esprit avachi, prélassé sur ce yacht-doom, genre à part entière avec de tels disques, où l'épique se perd dans des étendues mystiques, riffs et solos se confondent dans une pièce d'antiquité inexplicablement fraîche. Une carrière touche donc ici à sa fin, dans le fin du fin, ou pas loin. Et je dois me réveiller de ce songe, hanté par les caresses de statues animées, les silhouettes de réverbères semblables à des épées. Me hisser hors de ce puits-fauteuil, tandis que saignent les ultimes volutes du candélabre, tombent les dernières notes de ce départ en beauté. Que le doom repose en paix.

note       Publiée le mercredi 3 avril 2024

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Le disque pour quoi même les métaphores de Raven ne sont pas encore tout à fait à la hauteur des sensations - non mais NOM D'UNE PIPE, ce premier morceau !

Note donnée au disque :       
born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Morceau de premier morceau... Le disque aurait presque du mal à s'en relever. Mais il donne quand même envie d'acheter une canne-épée.

Note donnée au disque :