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Lab° › Derrière la Pluie

cd • 11 titres • 55:58 min

  • 1With a velvet tread5:30
  • 2The skeleton eye3:31
  • 3Solness5:43
  • 4Sans jamais exclure le sabotage5:30
  • 5Revient aux témoins4:43
  • 6Derrière la pluie6:43
  • 7Le visage dans ma bouche5:10
  • 8Screw loose5:53
  • 9Tvoja sudbina4:19
  • 10En ligne de fuite5:27
  • 11Dub et ridicule3:29

informations

Produit par mille milliards. Enregistré avec le mille milliards mobile par Lab°. Mixé au réveil par Lab°. Masterisé par Nick Webb à Abbey Road.

line up

Julien Besse (basse), Thomas Calégari (batterie), Dylan Bendall (guitare), François-Pierre Clavel (guitare), Goran Juresic (sampler)

chronique

Derrière la pluie se cachent, s'escamotent des lieux suspendus – comme le temps qui règne là, qui s'étend jusqu'à l'immobile apparent, qui se contracte en un bloc insécable, impénétrable. Maison au fond des campagnes ou des allées de banlieues, appartement en pleine ville, aux creux des cours ou sur le fleuve. Caves, réduits, terrasses. Des forêts et des garages. Des endroits où filtrent ou non – à travers persiennes, feuillages, verrières, les rayons qui par moments percent ou débordent des nuages, nuées. Derrière la pluie – derrière le flot, l'onde – se meuvent des intimités, des rencontres, s'ouvrent et se ferment des portes, se tournent des clés.

Derrière la Pluie, sous sa pochette bondage en gros plan légèrement flouté, au grain relief et doux à la fois, est un beau disque de fictions. Des scènes qu'il exsude et campe, sans paroles – en toutes matières et vibrations. Des décors qui n'en sont plus, pas seulement – parce que le fil des histoires, de l'histoire dont les titres esquissent des indices, des hypothèses, accroche ce qui vit là-dedans, le balance dans ces espaces que la musique bâtie, qu'elle habite. Ce n'est pas, il me semble, l'une de ces innombrables « B.O. de film imaginaire » – comme le trip-hop, par exemple, passé genre d'agrément, passé lounge, en a tant produit, souvent à vide, à un moment de la décennie 1990. Non : Derrière la Pluie c'est le film en soi-même, qui ne complète rien d'absent, de vaguement rêvassé. Un film dub – pour ce sens, encore, de l'espace, des réverbérations, pour ce « skank » lent, couvert de givre qui pulse certaines plages, aussi. Non qu'il s'agisse d'une musique « froide »... C'est l'air, ici, qui est glacé – pas le son, la chair qui joue, pas les machines, amplis sous tensions. C'est une musique, voilà, de contrastes thermiques – d'où surfaces qui perlent, vernis, donc, de glaces friables, bouffées de condensation, halos. Un film – au fait, je n'ai pas dit le contraire – qui doit bel et bien se rappeler certains classiques du genre, certains compositeurs. Les twang surf de Lalo Schiffrin ou John Barry ; l'amour du détail et des distances démesurés, enflés, de Morricone... Simplement, j'ai toujours eu cette impression qu'au-delà, indépendamment de tout ça, de toutes possibles, probables influences, les cinq de Lab°, ici, avaient dû retenenir avant tout le caractère d'indépendance, l'existence autonome – d'autre histoire, encore, différant en détails ou du tout au tout avec celles à quoi les fixe l'image – à quoi atteignent, isolées, certaines bandes-son. Pas seulement les compositions, les plages musicales, j'entends – en incluant aussi, parfois, les sons « concrets », qui, décidément, peuvent eux aussi se mettre, une fois détachés de leurs supposées (visibles) sources, à raconter, produire autre chose.

Derrière la Pluie sécrète un calme inquiet ou serein – selon – avec aussi de rares pics d'affolement qui viennent saisir aux tempes. Selon lui, selon nous, selon vous. Découpe des zones – d'obscurité et d'éblouissement, lignes noyées dans l'ombre ou bien soulignés par une lumière crue, qui crame, mais toujours, en tout cas, très nettement tracées, dessinées, qui structurent très exactement les étendues et intérieurs, intériorités où tout ça se passe. C'est aux volumes durs, solides, et au touché feutré. C'est un disque électrique – et aussi comme hors-réseau, laissant place au silence, l'induisant sous les bourdonnements, entre les timbres aux clartés métalliques. Un disque de bruits et d'épures – mais jamais de brouillons ou d'esquisses, très direct et peaufiné juste, jusqu'au point nécessaire. C'est un disque lampe-sourde autant que lampe-tempête – un qui brûle quelque soit la violence, la sournoiserie crachine, la durée de l'averse, la distance d'ici au point où elle s'est déclaré, va cesser, aux surfaces qu'elle balaye, aux sols qu'elle imprègne ou sur quoi elle ruisselle.

note       Publiée le samedi 30 mars 2024

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Est-ce vraiment un hasard ?

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Musique de tres haute volée, et incidemment bande-son parfaite pour recréer la pochette.

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Oh ! Faudra que je me tente ça alors, nettement.

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Les précédents m'ont jamais attiré, non, les calembourasta, non merci. Mais MüS a vraiment pas grand chose de rastafari. Ni même de dub au premier degré. Plutôt du rock industriel chimiquement très muté. Pour le coup on est bien du côté de Hint voire Bästard.

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ouais, je lui passe la cinquième, allez (depuis le temps que je l'écoute, il me le fait de plus en plus).

Il ne semble pas avoir déjà écouté MüS, en passant, de mon côté, peut-être parce que j'avais beaucoup moins accroché aux précédents, ceux avec des noms de médocs-dub (mais ça remonte pas mal, à vrai dire, ces tentatives).

Message édité le 30-03-2024 à 19:40 par dioneo

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