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Kissing The Pink › Naked

  • 2015 • Cherry red WCDMRED 663 • Remaster • 1 CD

cd • 19 titres

  • 1The last film
  • 2Frightened in France
  • 3Watching their eyes
  • 4Love lasts forever
  • 5All for you
  • 6The last film (hymn version)
  • 7Big man restless
  • 8The Desert song
  • 9Broken body
  • 10Maybe this day
  • 11In awe of industry
  • 12Mr Blunt
  • 13Mr. Blunt (Mixed for feet)
  • 14Watching their eyes (Club mix)
  • 15The Last film (Extended version)
  • 16Love lasts forever (12" version)
  • 17We are your family (Special Club version)
  • 18Middleton row
  • 19Big man restless (Club mix)

informations

line up

Nicholas Whitecross (chant, guitare), Peter Barnett (chant, basse, violon), John Kingsley Hall (chant, clavier, synthé), Stevie Cusak (batterie, percussions, chant), George Stewart (chant, clavier), Josephine Wells (chant, saxophone)

chronique

A l’heure où le groupe sort un coffret groupant sa discographie, peut-être serait-il temps de vous parler de Kissing the Pink ? Pourquoi the Pink d’ailleurs ? Si je connais mal leur carrière au delà des deux premiers opus, c’est plutôt un goût de cendres qu’on embrasse… Toujours cette fameuse époque où des combos voulant créer de la pop sonnaient plus sombres que bien des formations estampillées ‘dark wave’ aujourd’hui, un temps où votre premier single pouvait être produit par Martin Hannett… Le groupe voulait Eno aussi pour leur LP; ils ne l’obtiendront pas mais ça témoigne de l’ambition et de la démarche artistique. Ils travailleront avec Colin Thurston à la place (Magazine, Bowie, Human League, Duran Duran…) donc la donne n’est pas si pourrie. D’ailleurs, ce ‘Naked’ est un très bon disque, une de ces mines à pépites new wave dont on a trop peu parlé malgré le succès assez fracassant de la chanson ‘The last film’ dans le hit-parade british de 1983. Il y a de quoi, imaginez O.M.D. composant une marche militaire ironique pour un pastiche de ‘Barry Lyndon’… Tout y est et parfaitement maîtrisé: roulements de batterie, flutiaux synthétiques, touche épique moqueuse à coups de synthés, collaborations de voix (tous les membres du groupe chantent, c’est une des spécificités), la version ‘hymn’ enfonçant le clou avec une orchestration plus dépouillée accentuant les percussions et la note grandiloquente… Sauf que les paroles ne laissent planer aucun doute (‘In the last film I ever saw, They wore suits and they wore ties, In the last film I ever saw, They kept the change and they told lies’), un aspect que l’on retrouvera sur l’excellent ‘Watching their eyes’ (au clip reprenant l’ambiance cinématographique). Un vrai tube dansant mais aux harmonies inquiètes au chant féminin pas drôle du tout et dont les mots tranchent (‘We must be strong ‘cos only the strong survive’); la vocaliste y est excellente, franche, émouvante, triste, lyrique, le petit saxo peu joyeux en arrière-fond tapissant de gris une toile peu conforme au ‘pink’ du nom. Comme beaucoup de groupes new wave, Kissing the Pink interrogent la réalité sociale mais ils servent aussi de la pop comme d’un art véritable et vrai. Ainsi un ‘Frightened in France’ plus expérimental et froid notamment dans les effets vocodeur sur une partie des voix, leur jeu de répons avec les autres ‘normales’… ‘Big man restless’ est encore plus mystérieux, très arty, comme une toile surréaliste aux multiples recoins: harmonies mathématiques de prime abord avec voix masculine récitée, le morceau s’enrichissant toujours plus, de sonorités de clavier mais aussi d’effets de choeurs le rendant irrésistible avec une touche obscure. Les Anglais vont jouer sur cet aspect double face entre pop arty et titres dansants nappés d’une aura noire (‘Desert song’, ‘In awe of industry’…). Outre la créativité, les sonorités fort peu datées, la dose d’expérimentation injectée sans désinfectant dans des mélodies catchy, le groupe se révèle maître dans l’art de jouer sur les alternances complémentaires des voix masculines et féminines. C’est troublant au point d’avoir l’impression d’écouter Human League jouant du A Certain Ratio (‘Broken body’) et quand on croit admettre l’idée, ils nous roulent encore dans la farine en s’offrant un pot pourri funky tribal (‘Mr Blunt’). Plein de noms connus viennent à l’esprit en écoutant cette galette mais à chaque fois, la fin des chansons laissent à penser qu’il s’agissait d’une fausse piste sans qu’on ne puisse l’expliquer si rationnellement. Un rose aux cinquante nuances de gris à embrasser passionnément !

note       Publiée le jeudi 29 février 2024

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    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
    avatar

    Je me suis posé la même question figure-toi ^^... Honnêtement, j'ignore la diffusion de Kissing the Pink mais j'ai l'impression que pas mal de gens ont dû écouter cet album à entendre des disques sortis plus tard.

    Note donnée au disque :       
    Richard Envoyez un message privé àRichard

    Tonneau des Danaïdes quand tu nous tiens. Merci pour cette enième découverte car j'avoue platement n'avoir jamais entendu parlé de ce groupe. La description que tu fais de 'The Last Film' (ce passage à Top Of The Pop quand même) Shelleyan me fait peut-être dire que Robert Smith n'a pas été insensible pour composer 'The Empty World'.