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Gnu › Srdce V Kusech Zvuku

lp/cd • 12 titres • 37:05 min

  • 1...0:46
  • 2Zastaň Se Psa3:49
  • 3Skutečnej Zvuk2:38
  • 4V Řeči Masa3:19
  • 5Vydechni, Leť2:40
  • 6Poslepu Na Cestě3:15
  • 7Beton / Tělo3:28
  • 8Elvis Tyson4:24
  • 9Vlny3:22
  • 10Možná Sever2:44
  • 11Směr Jseš Ty3:16
  • 12Přirozenou Cestou3:14

extraits vidéo

informations

Enregistré dans la salle de répétition de Gnu et au Sono Studio au début des mois de février et mars 1999. Mixé au Sono Studio par Ondřej Ježek, assisté d'Andy Lažo.

line up

Martin Fanta (Martin) (basse), Adam Nenadál (Adam) (basse, voix), Petr Šimek (guitare), Oldřich Železník (Olda) (batterie)

chronique

Étrange bestiole, le gnou. Drôle de tronche, drôle d'air, j'ai toujours trouvé – à la fois débonnaire, placide, et mal embouché. La carrure massive et l'allure empotée mais puissante. Je me souviens de vidéos, vues gamin, où certains de ces animaux se retournaient contre un fauve qui les chassait, quand ils se trouvaient rattrapés – et que les grands félins n'avaient pas l'air de rigoler, de s'en sortir si bien, « haut de la chaîne alimentaire » ou pas, surtout si les bovins s'y mettaient à plusieurs, la lionne, le lion, le guépard ayant eu le tort de se trouver soi-même isolé. Bon... Ça ne finissait souvent pas trop bien pour ladite antilope, il faut avouer.

Gnu, de Prague, jouent sur ce premier album, à la toute fin des année quatre-vingt-dix, un noise rock lui aussi lourd et bizarrement conformé, comme bossu, gêné par son volume – avec aussi la même tendance à ruer, se cabrer, piquer des pointes étonnantes, du genre qui font qu'on n'a pas envie de se tenir entre eux et l'objet de leur... Contrariété ? Peur ? Épuisement, usure d'avoir trop couru, supporté ? La pochette du disque en dit pas mal sur leur musique, aussi – de ce qui se trame, est arrivé. Une bagnole – ou une sorte de remorque ? – couchée dans un val, au bord d'une rivière, d'une forêt, dans un silence qu'on imagine, où l'on s'imagine bien le boucan que ça a dû faire, quand le véhicule a fait son embardée, le long de sa course et jusqu'au crash final, tout en bas. « Oui mais si personne n'est là pour entendre la caisse s'écraser, est-ce qu'elle fait quand-même du br.. » OH MAIS VOS GUEULES LES LAO-TSEU STAGIAIRES CHEZ YOGI TEA ! On l'entend, encore bien, le bruit, là – le disque en est plein. Un bruit exaspéré, oui. Un truc sensible et travaillé – au sens de « quelque chose travaille ces chairs, ces têtes » autant que dans celui de l'ouvrage taillé dans la matière brute, juste assez pour que ça ne perde pas de son contondant, suffisamment pour que ça n'ait pas l'air d'être balancé purement à la blasé, que ça sonne investi en même temps que tel-quel.

Parfois des mélodies se détachent – presque ou carrément lyriques (mais sans jamais faire tragédie, effet dramatique). Un peu partout, c'est marqué par ce groove sûrement bien propre à cette époque, à cette décennie qui s'achevait – démis, voilé mais irrépressible, n'ayant gardé que le funk dans les diverses moutures de bidule-indus qui avaient pu émerger les années, les lustres d'avant (metal-indus, rock-indus, indus-pop, l'EBM etc., aussi). Partout aussi, ça déborde de fréquences en paquets, d'harmoniques qui salopent les riffs, de passages où la guitare module du larsen là où d''autres, dans d'autres secteurs, auraient envoyé des solos. On a l'impression, parfois, que les gars amputent délibérément d'un temps (au moins) l'une ou l'autre mesure – ou allongent le compte, pour que ça sonne claudiquant, pas droit, pas symétrique. Rien d'anormal pour cette musique, pour du noise rock, donc – mais le parti pris de ne rien faire « normalement » qui fait tout le sel (sur les plaies) de ces trucs là, ces formes, du propos de ces groupes, quand ça ne tourne pas, justement, en une nouvelle norme, une autre meilleure-façon-de-marcher conforme, conformée.

Je ne comprends guère ce qui se raconte, en passant – tout est chanté en tchèque. Mais le titre du disque dit « Le Cœur en Morceaux de Son ». Et ceux des chansons, pêle-mêle : « Défendez le chien », « Béton / Corps », « Vous êtes la Direction » ou « Par la voie naturelle »... Hum, OK. C'est peut-être complètement con, peut-être existentiel, peut-être lâché sans trop fouiller, peut-être agencé exprès pour qu'on se demande... Ça colle au son de la chose, en tout cas, à l'ambiance générale. Ça ne fait pas moins accidenté que le reste – que la scène sur la photo, on y revient, que les accords cassés qu'ils empilent et articulent, que ce que dégomme et dégueule tout ce réjouissant fracas. Je doute, OK, qu'on trouve tant que ça de gnous qui paissent au bord de la Vltava. Peut-être pour ça qu'on y distingue si net le nuage de poussières et autres particules que soulève celui-là.

Très bon
      
Publiée le mardi 13 février 2024

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Coming soon sur twitch-guts, ce groupe, à coup sûr. Difficulté : quel morceau de quel album choisir ?!

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Ah ben j'avais déjà mis le lien dans mon com précédent... (Diobnubilé).

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Bon... C'est pas ça qui va me faire redescendre du Grand Huit, hein. (Et il est là, si jamais... Le lien que j'avais mis en extraits étant apparemment innopérant).

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Comme pour d'autres chros récentes de trucs tchèques (pas tous récents), je vous mets un lien vers l'album ici, vu que ce n'est pas sur bandcamp (et par conséquent pas cliquable directement par les membres non-connectés...). Apparemment le label Silver Rocket - qui est un assez gros truc indé j'ai l'impression, en Tchéquie - a dû rééditer l'album, vu que c'est dispo chez eux en écoute et à l'achat (édition non mentionnée sur discogs...).

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