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Eric Dolphy / Booker Little › Far Cry

48:07 • 8 titres

  • 1Mrs. Parker of K.C. (Bird's Mother)08:03
  • 2Ode to Charlie Parker08:44
  • 3Far Cry03:55
  • 4Miss Ann04:17
  • 5Left Alone06:41
  • 6Tenderly04:20
  • 7It's Magic05:40
  • 8Serene06:37

informations

Enregistré par Rudy Van Gelder à Englewood Cliffs (NJ) le 21 décembre 1960.

Serene, titre déjà enregistré en août 1960 et publié sur Out There, est absent des premières éditions. Les compositions originales sont de Jaki Byard [1, 2] et Dolphy [3, 4, 8].

line up

Jaki Byard (piano), Ron Carter (contrebasse), Eric Dolphy (saxophone alto, clarinette basse, flûte traversière), Roy Haynes (batterie), Booker Little (trompette)

chronique

Le jazz est ainsi fait : en deux jours, tu peux participer à deux projet collectifs d'avant-garde et conclure avec un petit album tranquille en leader, en hommage à Charlie Parker. C’est ainsi qu’après avoir travaillé avec Gunther Schuller sur Jazz Abstractions le 20 décembre 1960, Dolphy participe au double quartet Free Jazz le lendemain puis, le soir même, file à Englewood Cliffs pour retrouver Byard, Carter, Haynes et surtout Booker Little. Coleader de la session, le trompettiste-complice des méfaits de Dolphy disparaîtra pourtant de la couverture sur des rééditions Prestige des années 70. Little est l’accompagnateur parfait de Dolphy, avec qui il partage le même goût pour ces pas de côté, ces notes qu’il refuse catégoriquement de qualifier de « fausses ». Tous deux sont portés par cette irrévérence polie, cherchant les espaces de tension-résolution plutôt que la perfection formelle. Malgré tout, Dolphy et Little sont porteurs d’une forme de classicisme bop. Tout l’album est dédié à Charlier Parker qu’aucun ne songerait à remettre en question sous couvert de progrès ou de modernité. Rappelons que Dolphy et Little ne sont pas des punks avant l’heure, déclassés et marginaux, mais des jeunes gens très bien élevés qui ont grandi au sein de familles aimantes et mélomanes, et qui ont appris du chant des oiseaux pour trouver de nouveaux intervalles. C'est mignon. Ainsi, après deux sessions passées à chercher le third stream ou créer de la musique spontanée collective, avec un enthousiasme modéré vis-à-vis du résultat, Dolphy a pu éprouver le besoin de jouer sa version du jazz, paver son propre chemin avec un groupe au diapason et un trompettiste capable d’assumer cette direction semi-conservatrice, semi-audacieuse. Far Cry peut donc plaire à l’amateur de jazz gentil qui tord le nez en lisant le nom de Dolphy. Sur la piste titre, la reprise du thème de Out There se fait dans une version bien moins frénétique que l’originale enregistrée quatre mois plus tôt. Et Tenderly, quel somptueux titre solo sur lequel Dolphy brode à l’alto comme il aimera le faire ensuite avec la clarinette basse. Je ne dirais pas que c’est un titre idéal pour un dîner aux chandelles puisque Dolphy te versera bien quelques cascades de notes pour casser l’ambiance, mais il faudrait être d’une mauvaise foi considérable pour ne pas trouver tout cela, consensuellement beau.

note       Publiée le jeudi 30 novembre 2023

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Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Disque assez représentatif de ce moment de bascule où l’héritage bop est le pied de biche qui ouvre la porte vers un nouvel horizon au lieu de se complaire dans la redite. Les premiers Steve Lacy, les deux premiers Cecil Taylor. les premiers Ornette sont sur la liste aussi. Et toujours un bonheur d’écouter Booker Little. Même s’il n’est présent que sur la première partie du disque si ma mémoire est bonne., « Serene » étant un bonus. « Out Front » de Booker Little est indispensable, la seconde partie du disque contenant des bijoux à l’étrange solennité prédisant Andrew Hill ou Grachan Moncur III (« Moods in Free Time rappelant même un peu Mingus). Ici, Il y a aussi des moments bucoliques où Dolphy se rapproche d’une étonnante manière du Yusef Lateef de l’époque Eastern Sounds. La version solo de « Tenderly » est magique.

Note donnée au disque :