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La Ruche › Tanz der Tüte

cd • 4 titres • 35:43 min

  • 1Tanz der Tüte6:58
  • 2Rameaux13:34
  • 3Tebisma7:34
  • 4Fillette de Champagne7:35

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informations

Enregistré en août 2021 à Couternon, Côte-d'Or, chez la bien-aimée famille Clément. Prise de son, par Samuel Verrier. Mixage, mastering par Nicolas Virey.

Aquarelle : Nicolas Virey.

line up

Geoffroy Pacot (guitare, autoharpe), Kévin Valentin (percussions, synthétiseur), Tom Clément (basse, tambourin à cordes), Nicolas Virey (vielle à roue)

chronique

Les tournes passent, repassent, se déforment subtilement, se déploient, s'intensifient. La vielle à roue – cette machine à vibration, cette attrapeuse d'esprits, cette boîte qui exhale des volutes. Les percussions qui tournent – sur trois temps et d'autres roulements. Les drones, les textures – qui rayonnent et s'instillent, s'infiltrent et s'écoulent. Tout est volumes, tout est nuées, particules – les vibrations sont des lumières autant que des sons, des couleurs et des timbres. Le groupe, les instruments – l'instrumentarium et l'agencement qu'est ce groupe (qu'est tout groupe ?) les traduisent entre eux, les translatent, font glisser les teintes dans les bandes du spectre où l'on peut les entendre, passer les tintements et grincements aux zones où l'on peut les voir, les sentir, les toucher. La Danse du Sac, se nomme le disque – et la musique nous enveloppe et nous emporte, nous empaquette jusqu'à ce qu'on gagne la route, sous le ciel ouvert ou à couvert des branches, sous-bois ou bien forêts profondes.

J'étais, un coup, à un concert de La Ruche, dans le Clunisois – un confinement s'était fini, quelques brasseurs avaient posés des stands, une scène s'était montée, un mini-festival. Quand je les avais vu s'installer, qu'ils avaient commencé à jouer, j'ai craint un instant... Je ne sais trop quoi. Qu'ils partent dans une sorte de folk-prog, peut-être, qu'ils mettent partout des notes qui ne seraient que des ornements. Qu'ils aient compris puis calqué les manières d'autres collectifs, possiblement – celles des gens de La Nòvia, celles des groupes du label Pagans. Un instant, j'ai dit. Un instant seulement. Ensuite... Il y a eu la musique.

Certes, comme ces autres – comme d'autres, sans aucun doute – La Ruche semblent s'être nourris de folklores, d'enregistrement « collectés », de « trad », disions-nous, de musiques-territoires (plutôt que seulement terroirs). Certes, eux aussi, de ces espaces-là, dans ceux-là, font s'enfler et se multiplier des lancées et bouffées, des mélismes et trajectoires obliques, font sonner des échos qu'on dira psychédéliques, qu'on supposera volontiers repris de formes ailleurs dites expérimentales, contemporaines, bruitistes, microtonales. Peut importe, cependant – l'exactitude des cartes que de là, y pensant, on aura cru tracer avec plus ou moins de certitude. La musique de La Ruche, oui, porte et se meut dans tout ça, s'en abreuve, en porte certainement la marque, les signes, les traces. Mais cette musique – ce groupe, les gens du collectif L'Engeance CHANGENT ce qu'ils touchent, ce dont ils s'empare, et qui change ce qu'ils font, gestes, échanges, ce qu'ils jouent. Ils font danser toutes ces idées – penser les corps qui se mettent en branle, que se confondent mouvement et perception, prospective et sensation. Une fois de plus – enfin, une fois encore – c'est le complexe des sons de l'immanence qui se met à vrombir et chanter. C'est ce qui compte – c'est ça, qui se déroule et survient.

On ne trouve presque rien, à vrai dire, sur ce disque, qui soit « techniquement du trad ». Une seule piste – Fillettes de Champagne, ceci-dit merveilleuse – qui soit issue des vieux répertoires. Là encore, c'est pratiquement secondaire, comme question. Les connexions, les topographies que dessinent, modèlent ces quatre titres, sont une espace-temps propre, de leurs jours, de leurs lieux des nôtres – où que l'on soit, ils nous y transporte, nous y plonge, nous en absorbent. On est pourtant coupé de rien, ça ne nous isole pas, sinon de ce qu'on veut laisser derrière (temporairement ou plus durablement... Mais là ce n'est pas leur boulot, pas celui de la musique – qui ne peut être que le chemin sous le pas, le premier et les suivants, l'embarcadère... Choisissez votre métaphore, l'essentiel est que sois-même, quel que soit le moyen, on est son seul moteur). Ça s'ouvre. Ça ouvre. Je m'en souviens bien, oui, de ce concert – on y avait tous pris grand plaisir, il me semble. Je suis bien content, aussi, que ce disque ne soit pas qu'une image fixée de ce qui là-bas (ou pour d'autres, ailleurs, à un autre moment...) nous était arrivé, s'était simplement déroulé.

note       Publiée le jeudi 16 novembre 2023

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    commentaires

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    Procrastin Envoyez un message privé àProcrastin

    Velouté et chaud, aérien et terreux. Belle découverte, merci!

    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Oui, le label/collectif (L'Engeance) est visiblement la "maison" des gens du groupe, peut-être avec d'autres je ne sais pas, et il y a en effet un live de France sur leur bandcamp... France, La Novia (avec Yann Gourdon dans les deux cas), Standard In-Fi (autre label/collectif, avec cette fois les deux autres gars de France entre autres, Jeremy Sauvage et Mathieu Tilly), tout ça est très "compatible", c'est sûr, même si à mon avis ça ne fait pas pour autant une "école", que tous ont aussi leur approche propre. (Sur L'Engeance y'a aussi un truc nommé France Travail, qui a l'air d'être une sorte de techno cracra un peu analo et qui se fout des questions de bon goût, entre autres choses... Aucune idée de qui est derrière ça mais ça fait un bon contraste avec La Ruche, le disque de chansons trad de Nicolas Virey, le vielleux ici présent qui sur le solo en question donne aussi de la voix, ou le Trois Moutons Laineux magnifiquement drone de Bélier Mérinos...).

    Message édité le 17-11-2023 à 10:44 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    Sartoris Envoyez un message privé àSartoris

    A la lecture de la chronique, j'ai pensé à FRANCE (le groupe, pas le pays), avec la même approche bourdons, répétition et (dé)territorialisation des traditions. Il semble qu'il y ait des connexions via le label L'engeance. Super découverte en tout cas !