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Andrew Prahlow › Outer Wilds

69:00 • 28 titres

  • 1Timber Hearth 03:25
  • 2Outer Wilds 02:26
  • 3The Museum 02:48
  • 4Space 04:15
  • 5Castaways 02:25
  • 6The Sun Station 02:38
  • 7Main Title 01:18
  • 8The Search 02:42
  • 9The Uncertainty Principle 03:27
  • 10End Times 01:58
  • 1122 Minutes 00:28
  • 12The Nomai 03:54
  • 13The Ash Twin Project 03:54
  • 14Dark Bramble 03:36
  • 15Giant's Deep 01:20
  • 16Nomai Ruins 06:24
  • 17Final Voyage 02:38
  • 18The Ancient Glade 02:18
  • 19Curiosity 00:31
  • 20Travelers 03:30
  • 21Let There Be Light 00:32
  • 2214.3 Billion Years 05:20
  • 23Morning 00:26
  • 24Campfire Song 02:05
  • 25Into the Wilds 01:46
  • 26Arrow of Time 00:37
  • 27We Have Liftoff 01:12
  • 28A Terrible Fate 00:57

informations

L'album est écoutable sur les différentes plates-formes de streaming et achetable, par exemple, sur Steam. Une version double LP intitulée "Signals From the Outer Wilds" est sortie en 2020 chez iam8bit et rééditée en 2023.

chronique

  • ost de rêves et de cauchemars

Outer Wilds ne se joue qu’une fois. Dans tous les sens du terme, c’est un jeu unique car il bouleverse des certitudes et habitudes bien enracinées chez les joueurs, même les plus curieux et audacieux : le héros doit sauver le monde, une clé doit ouvrir cette porte, un boss va me mettre à l’épreuve, cet objet va débloquer une compétence utile, etc. Dans cette scène indépendante qui fourmille d’inventivité, parfois à la limite du « jeu » (et de l’ennui), Outer Wilds offre la possibilité de terminer le jeu en vingt minutes, en récoltant un objet à un point A pour l’amener à un point B. Il s’agit donc d’un grand puzzle narratif à reconstituer pour trouver ces points, le tout dans un monde ouvert constitué d’une étoile et de quelques planètes sur lesquelles absolument rien n’est négligeable. L’idée est donc séduisante ou repoussante mais l’audace a payé puisque le jeu fut un succès critique et commercial (un peu comme Disco Elysium, dans un autre genre). Tout est donné dans les premières minutes, aucun craft, aucune arme, aucune chasse au trésor, aucune progression du personnage. La seule contrainte est temporelle : tu as 22 minutes pour faire…ce que tu veux, avant de revenir au point de départ, avec comme seul bagage les connaissances accumulées dans les boucles précédentes. Entretemps, il aura fallu mourir, de cent manières différentes. Et ce n’est jamais agréable. Malgré les graphismes presque enfantins, rarement la mort n’a été abordée d’une manière aussi saisissante et douloureuse.

Rares sont les jeux qui guident à ce point par le fil des émotions. Toutes les émotions. Outer Wilds ne les impose pas, tu les ressens et agis, consciemment ou non, en fonction de ces émotions. De la joie naïve à la nostalgie en passant par l’angoisse voire l’effroi le plus total. Ces instants de peur, justement, sont crédibles car assez rares et font appel à des cauchemars bien plus réalistes et courants que de se faire courser par une armée de zombies. Une grotte sombre, labyrinthique et qui s’ensable peu à peu. La suffocation silencieuse par manque d’oxygène, dans le silence le plus total. Tiens, le silence. Dans Outer Wilds, la musique fonctionne d’autant mieux que les silences sont nombreux. Normal, dans l’espace. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen de faire ressentir la solitude que de te laisser flotter dans l’espace avec un oxygène limité, en proie aux multiples forces d’attraction, dans le silence le plus total ? A un certain moment, il faut d'ailleurs être soi-même silencieux au risque de...bon, tu verras bien.

La musique ponctue les phases de jeu, des lieux, des rencontres. Elle conditionne le joueur à ce qu’il va vivre car rien d’autre ne le fera. La douceur du foyer, l’excitation du voyage, les fantômes du passé, les mystères, la peur de la perte, de la mort, de la sienne, de ses proches, de l’univers entier. Le défi était colossal pour Andrew Prahlow. Il s’est appuyé sur un mélange d’électro minimaliste, de nappes, mais aussi de pistes instrumentales que l’on peut étiqueter post-rock, comme le mogwaïen Let There Be Light. La musique est même au cœur du gameplay puisque chaque spationaute que tu rencontres joue d’un instrument, sa part d’une mélodie commune qui relie tous les personnages et la galaxie, dans une certaine mesure. C’est en suivant la musique que l’on fait ses premiers et derniers pas dans le jeu et Ligeti n’aurait pas renié les inquiétantes émanations sonores des roches quantiques.
Rares sont donc les jeux où la musique bénéficie d’un tel impact. Elle n’est pas illustrative ou descriptive. Elle est le moteur de l’action, du désir ou au contraire de la crainte. Quand elle s’absente, on se retrouve alors terriblement seul, face à une tâche fictionnelle qui renvoie, pourtant, à des préoccupations, des joies, des espoirs, des pertes et des victoires, des peines qui, elles, sont bien réelles. Chefs-d’œuvre.

note       Publiée le mercredi 25 octobre 2023

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    Eliphas Envoyez un message privé àEliphas

    Comme pour les films, c'est difficile de dissocier la OST de l'expérience vécu et je ne sais pas si je l'apprécierais autant si je n'avais pas joué au jeu. Mais de toute manière, il faut faire ce jeu, c'est une expérience.

    Note donnée au disque :       
    Cinabre Envoyez un message privé àCinabre
    avatar

    Celeste est brillante comme OST en effet. Faudrait que je me décide à en parler un jour.

    maouel Envoyez un message privé àmaouel

    Une des rares ost de jv que j'écoute régulièrement avec celle de Celeste. Une bande son magique pour une des meilleurs expériences vidéoludiques de ces dernières années.

    Note donnée au disque :       
    nicola Envoyez un message privé ànicola

    Le Petit prince se fait bouffer par ET ?

    Ellestin Envoyez un message privé àEllestin

    Je suis d'accord