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Solaris › Marsbéli Krónikák

  • 1984 • Start SLPM17819 • 1 LP 33 tours
  • 1988 • Start SCDM17829 • 1 CD

lp/cd • 9 titres • 45:55 min

  • 1Marsbéli Krónikák I (The Martian Chronicles I)3:34
  • 2Marsbéli Krónikák II-III (The Martian Chronicles II-III)6:32
  • 3Marsbéli Krónikák IV-VI (The Martian Chronicles IV-VI)13:15
  • 4M'ars Poetica6:39
  • 5Ha Felszáll A Köd (If the Fog Ascends)3:58
  • 6Apokalipszis (Apocalypse)3:44
  • 7E-Moll Előjáték0:29
  • 8Legyőzhetetlen (Undefeatable)2:46
  • 9Solaris4:53

informations

Enregistré par Kálmán Sáandor, Lakatos Gábor et Szita István au "P" Stúdió. Produit par Tamás Pócs, László Gömör et Ákos Molnár.

line up

Tamás Pócs (basse), László Gömör (batterie), István Cziglán (guitares acoustique et électrique, synthétiseur, effets), Attila Kollár (flûte), Róbert Erdész (piano, orgue, synthétiseur)

Musiciens additionnels : Búzás Aida (chœurs), Tibor Fábián (chœurs), András Fónagy (chœurs), Judit Hampl (chœurs), Bea Mándy (chœurs), Judit Hampl ( chœurs), (chœurs), Judit Hampl (chœurs), István Vass ( chœurs), Gábor Kisszabó (basse), Rausch Ferenc (batterie), Csaba Bogdán (guitare, percussions), Tóth Vilmos (percussions)

chronique

Parfois, les choses ne se passent pas comme on avait prévu. Parfois les choses se passent alors qu'on n'avait RIEN prévu ! (Ou alors qu'on s'attendait au pire...). Prenez Solaris, par exemple, groupe de prog symphonique, de néo-prog de années 80. Je veux dire... Rien que de l'écrire, je me demande comment on a pu se rencontrer, eux et moi, ce disque et moi. Enfin, quoi... Prog SYMPHONIQUE ? NÉO-prog symphonique ?! NÉO-PROG SYMPHONIQUE des ANNÉES 80 ?!! Je ne sais pas pour vous mais pour ma part, soyons clair : c'est un gros NON, sur le papier. L'idée que je me fais de l'enfer tiède – et sans fin, à perte de vue, un dédale au plan con-con mais compliqué assez pour faire croire à qui voudra qu'il s'agirait d'une vraie complexité construite... La crise d'ado jouée (mal) par des types en plein celle de la quarantaine, en t-shirts Dire Straits ou Marillion (désolé pour les fans – je sais qu'il y en a par ici), voire Asia, voire Pendragon, les golfes ceints de… De... De Bandanas ?! BREF ! Tout ça pour dire que de prime abord, tout était fait pour me repousser, là-dedans – à se fier à l'étiquette sur le compartiment du container où j'avais trouvé la chose, qui m'était échue un peu par hasard.

Eh bien pourtant, croyez le ou non, allez comprendre... J'ai tout de même fait « PLAY ». Et m'apprêtant à ricaner, j'ai été pris de court. Non... Ce n'étaient pas de lourdingues cavalcades en armures 100% latex moulé, de longues dérives d'épopées à épées en fer blanc, prêtes à plier au moindre vent. (Certes : les types, sur les photos, arboraient bien un style vestimentaire... Particulier. Mais bon, je ne sais pas, à vrai dire, comment on s'habillait, ordinairement – en Hongrie, en 1984. Puis ce n'est pas l'essentiel...). Et puis aussi – c'est d'ailleurs sans doute pour ça, au moins en partie, que je me suis risqué d'abord à l'écoute – renseignements pris, les Marsbéli Krónikák, en traduction, ce sont les Chroniques Martiennes de Bradbury. L'un des premiers livres de SF que j'ai dû lire, gamin – le premier qui m'ait sembler échapper à tous les clichés couramment associés au genre, geekerie (pas encore trop portable, à l'époque – on disait d'ailleurs plutôt « nerd » que « geek », et c'était un peu l'aller direct vers la case isolement social...), sagas en X tomes avec des dizaines de noms de Maisons et de constellations, d'Alliances et de Guildes diverses à tous les coins de chapitres, concepts fumeux étalés sur des milliers de pages en style techno-rococo... (En passant, au fait : j'ai changé un poil d'idée sur « le genre en général » hein, depuis, j'y vais moins à la louche – même si bon, Asimov ou Dune, je pense qu'années passées entre temps ou pas, ça restera toujours du « pas pour moi », OK... Mais je dérive, revenons).

Les Chroniques Martiennes, donc : c'est très beau, comme bouquin, avec sa narration en formes de nouvelles qui à la fin forment plus qu'un recueil – une Chronique (eh...) cohérente, en effet, suite de visions furtives mais très précises, concentrées, de moments inéluctables et bientôt éteints (parce que – spoiler alert – tout s'éteint, à la fin, civilisations, conquêtes, flammes qui vacillent et tiennent dans les mémoires). Très beau et très triste, désillusionné – mais pas blasé, car la voix qui raconte aime ce qui sombre et regrette ce qui vient tout salir, pisser dans les rivières, aurait aimé que guérilla et mimétismes ne soient pas les seuls derniers coups à tenter, désespérés.

Bon. Et ces chroniques ci, cette version là de l'ouvrage, ont quelque chose de délicat, de bien plus simple aussi qu'on pourrait d'abord croire – au titre, donc, de ces appellations, là, lues sur progressia ou ailleurs (sympho etc.). Bien sûr, le son est bien marqué, et le jeu aussi – de ces années là, de ce secteur où « le classique » reste la grande image, le modèle révéré (avec certains bouts de jazz, peut-être – le plus écrit, le mieux consigné). Cependant – c'est là qu'est la plaisante surprise – Solaris, ici, n'étalent aucune morgue. La technique est solide, oui, véloce, les types savent développer un thème – mais justement, ne brodent jamais d'égarements sans motif, là-dessus, au prétexte de « fugues ». Aucune orgie d’écœurante virtuosité, sur ce disque, façon crème sur le glaçage de la pâtisserie badigeonnée d'abord de beurre. (Avec des étoiles en sucre pour faire « L'Espâââce, Frontières de l'Infinie »). Les gens du groupes préfèrent, semble-t-il, échafauder des mélodies, user de l'harmonie pour émaner – sur de belles architectures froides ou fumantes (mais pas fumeuses) – des atmosphères mélancoliques et douces, emballer des emportements qui n'ont rien de bêtement héroïques, au lyrisme toujours un peu voilé, plutôt, qui colle parfaitement, j'y reviens, au tout-passera, au pourquoi-tout-gâcher-ainsi-toujours du livre... C'est vrai – c'est indéniable – certains claviers crient bien ces années là, décidément, une technologie désormais délavée, agencent des timbres passés, depuis. Mais surannée ou pas (comme ce mot lui-même – « surannée » – peut sonner d'une autre ère...), une pièce comme M'ars Poetica parvient à exhaler, foule de notes et intro en vent stellaire tout électronique ou non, eh bien... Tout simplement : une véritable poésie – comme dit le titre, oui, et pour une fois sans qu'on puisse prêter au terme aucune nuance d'affectation éthérée, un peu péteuse, un peu trop validé-istances-culture.

Je crois que c'est ça, en fait – qui a « emporté le morceau » chez moi, qui a fait qu'après un temps d'indécision, d'écoutes mitigées, j'ai fini par bien aimer ce disque. C'est qu'il est « direct » – que tout ce qu'annoncent les titres, l'emballage (la pochette), le « concept »... est donné sans esbroufe, sans qu'on sente une volonté de faire Grand Œuvre. Une simple proposition d'ouvrage artisanale reprenant, interprétant, traduisant, de là où et quand ça (se) joue, quelque chose qui les avait touché. Vraiment, je crois que c'est ça – cette modestie dans ce que ça semble vouloir nous passer à son tour, sans chercher à nous enseigner – qui m'a fait y prendre goût, y revenir de nombreuses fois, y trouver, mon oreille faite, un plaisir non-boudé. (Et jamais « coupable » – j'ai toujours trouvé ça pénible, chichiteux, cette notion de « plaisirs coupables », de toute façon). Bien entendu, tout ici ne m'enchante pas, loin de là, certaines pistes continuent de me laisser au-dehors, de sonner « trop de genre » pour que je m'y attarde à chaque écoute – Apokalipszis par exemple, me barbe toujours un peu, avec ses sons de batterie électronique moches et son staccato mollasson. (Bon, il faut dire aussi que l'Apocalypse, en musique, j'ai tendance, souvent, à trouver ça chiant, comme perspective – disons que ça passe mieux avec pas mal de wïïd, éventuellement le verre de rouge qui va bien selon la saison et la bonne variété de doom qu'avec tel ou tel post-core-machin ou les brises de synthés-lexomil, de manière générale...). Il y a des jours, admettons, où passées les trois plages cycle-titre (qui sont en fait six « épisodes » ou « tableaux », d'ailleurs – les Marsbéli Krónikák I à VI) et M'ars Poetica (au passage les pistes restantes ne semblent plus s'inspirer du roman de Bradbury, et il finissent par Solaris – comme le roman de Stanislas Lem, cette fois, dont ils ont tiré leur nom), j'ai tendance à vite décrocher de ce disque, à ne pas en prolonger jusqu'au bout l'écoute. Il y a d'autres fois où je me laisse porter – sans me faire croire que de bout en bout j'en sois ravi mais en me rappelant qu'ici, la patience a du sens. Et toutes les fois, ces trois index, je me réjouis de m'y replonger... Et le sourire revient, non-feint, pas sarcastique, d'entendre ces voix pitchées qui « font les Martiens », semblent rire en leur langue des explorateurs en scaphandres spatiaux, inaptes à respirer sans ça. (Au vrai, il semble bien que ces mots soient en hongrois, logiquement – et plutôt de funestes présages, oracles, que de gentilles blagues... Ça aussi, tiens, c'est raccord avec les pages de Bradbury – malentendu et conséquences, résolution annoncée de ce qui s'amorce à peine).

Ensuite ? Eh bien ensuite, Solaris continueraient. Je n'ai guère écouté, j'avoue, ce qu'ils ont fait ensuite. Un autre disque, seulement, sorti quinze ans plus tard. Un autre cycle, choisit en guise d'objet, de sujet. Des prophéties, cette fois, carrément – celles de Nostradamus. Et qu'en dire ? Eh bien. Mmmmmm... Il faut croire que parfois, aussi, les choses tournent exactement comme on craignait. Et que le néo-prog-sympho, vraiment : une fois quitté le sol rouge de la ci-présente planète, il se confirme que vraiment, euphémisme, allez : à quelques rares exceptions près (à cette unique exception près ?!) ce n'est pas ce qui sied le mieux à mon métabolisme.

note       Publiée le jeudi 5 octobre 2023

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Ah, oui, j'y avais jeté vite fait une oreille aussi, à la suite, comme donc au disque "sur" Nostradamus mais pareil, ça ne m'avait pas trop causé... Et je ne connais pas After Crying mais bon, comme dit dans la chro, le prog "sympho" et globalement "néo" c'est de base vraiment pas du tout mon truc, donc je ne suis pas une réf en la matière ! (Et celui-là est vraiment une exception, pour moi, un des rares disques du genre avec lesquel j'ai insisté, où j'ai tout de suite entendu que des trucs pourraient m'y plaire).

    Message édité le 06-10-2023 à 13:05 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

    Découvert il y a pas mal de temps quand je replongeais dans la scène "progressif" au début des années 2000. Il me reste un bon souvenir de cet album instrumental (qui a même eu une suite il y a quelques années) mais si je devais retenir un groupe de prog symphonique des pays de l'Est de ces années là, je pencherais plutôt pour After Crying (que j'ai pu voir en concert) et dont certains albums sont assez mémorables (De profondis, Show...)