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Francis Poulenc (1899-1963) › Stabat mater

  • 2000 - Virgin, 7243 5 61843 2 9 (1 cd)

19 titres - 67:19 min

  • Gloria 25.46 - 1/ Gloria 2.56 - 2/ Lautamus te 3.07 - 3/ Domine deus 4.47 - 4/ Domine fili unigenite 1.19 - 5/ Domine deus, agnus dei 7.08 - 6/ Qui sedes 6.29 - Stabat Mater 30.52 - 7/ Stabat mater doloraosa 4.08 - 8/ Cujus animam gementem 0.58 - 9/ O quam tristis 2.50 - 10/ Quae moerebat 1.23 - 11/ Quis est homo 1.24 - 12/ Vidit suum 3.31 - 13/ Eja mater 1.00 - 14/ Fac ut ardeat 2.20 - 15/ Sancta mater 2.58 - 16/ Fact ut portem 3.37 - 17/ Inflammatus et accensus 2.05 - 18/ Quando corpus - Litanies à la vierge noire - 19/ Notre dame de rocamadour 9.47

enregistrement

Producteur : Tony Harrison ; Assistant producteur : Stephen frost ; producteur exécutif : Simon Foster ; Enregistré à Abbey Roas Studio n°1 ; Londres, septembre 1990.

line up

Catherine Dubosc (Soprano) ; Westminster Singers ; Cyti of London Sinfonia ; Richard Hickox (Direction)

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-xxième siècle

Il n’y a pas que les Requiems dans la vie, il y a aussi les Stabat Mater. Voilà ce qu’a du penser Francis Poulenc qui, en hommage à un ami peintre disparu, préféra l’écriture du poème à celle d’une messe officielle pour les morts. C’est donc bien la douleur et la mort qui poussèrent le compositeur ici, et voici sans doute la pièce la plus noire et chargée de souffrance du genre. Poulenc a choisi la tristesse et ses mélodies portent en elles douleur et affliction. Le musicien utilise les instruments pour renforcer le poids sombre de ses harmonies, il déchaîne ses voix et ses cuivres en accès syncopés et violents, il tisse de longs moments de silence où quelques voix lointaines semblent à l’horizon. Auteur du Xxième siècle, Poulenc n’en demeure pas moins extrêmement mélodique, et ses soudaines rudesses voire abstractions propres aux langages atonales n’en sont que plus terribles, efficaces et musicales. «Quis est homo» est un déferlement de voix et de cuivres, sonores, rythmiques, et qui se laissent aller à quelques dissonances inconfortables. Les lignes célestes de la soprano empruntent à l’occasion aux merveilleuses harmonies de Ravel. Poulenc joue sur tous les registres de l’obscurité… la tristesse, la violence, la mélancolie ou la peur, dans des suspens instrumentaux construits aux cordes, flûtes et chœur inquiétant. La peine terrible mais si doucement interprétée du «Vidit suum», où la soprano se fait cristalline et désespérée, régulièrement suivie de véritables moments d’inquiétudes instrumentales. Très mystique dans ses glissements de plans, la plastique générale du chœur, qu’il soit déchaîné, déclamatif ou lointain, murmuré, donne à l’ensemble sa matière sonore froide et spatiale. L’orchestre peut être léger, puissant, pluriel ou convergeant, la soliste peut aller et venir, pleurer en silence ou crier sa douleur… le chœur et ses multiples profondeurs assurent la texture générale et les ténèbres de la pièce. Les poussées émotionnelles sont nombreuses et très prenantes : levées du chœur, envol de la soliste et puissance orchestrale, mélodies aux inflexions funestes. «Inflammatus…» montre des percussions en pleine courses comme une armée qui part à l’assault… puis le silence rompt tout, et le mystère du chœur noir et distant, à nouveau, revient peu à peu nous chercher. Poulenc signe là une œuvre à la fois rude et magnifique, à la fois soignée, belle et mélodieuse, et par moments terrible, voire sauvage. De la musique sombre, sans aucun doute, émouvante, séduisante, et éprouvante. A l’image de sa conclusion sublime «Quando Corpus» : une pièce aux variations infinies, du vacarme au silence en passant par la douleur la plus magnifiquement exprimée.

note       Publiée le samedi 28 septembre 2002

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stankey › lundi 18 novembre 2013 - 18:54  message privé !

Idem, même version, le petit Harmonia Mundi a fermé sur Montpellier. Dommage, je regretterai les excellents conseils des vendeuses pour un néophyte comme moi ( je n'aurais jamais acheté autant de classique ni avant ni après :)

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22goingon23 › lundi 18 novembre 2013 - 18:46  message privé !

Vous m'avez donné envie de le réécouter : je possède la version Harmonia Mundi de Serge Baudo avec l'orchestre de Lyon (de 1984).

O quam tristis et afflicta
Moonloop › lundi 18 novembre 2013 - 12:34  message privé !

Yes, Chef d'œuvre! Je n'ai écouté que la version de Michel Piquemal, chez Naxos, qui est aussi magnifique... J'essaierai Hickox, à l'occasion...

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stankey › dimanche 17 novembre 2013 - 21:12  message privé !

Très moderne comme approche, un vrai régal.

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