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Blind Willie McTell › Last Session

31:03 • 13 titres

  • 1Baby, It Must Be Love 01:47
  • 2The Dyin' Crapshooter's Blues 04:45
  • 3Don't Forget It 02:12
  • 4Kill It Kid 03:52
  • 5That Will Never Happen No More 01:42
  • 6Goodbye Blues 01:42
  • 7Salty Dog 02:26
  • 8Early Life 01:03
  • 9Beedle Um Bum 02:28
  • 10A Married Man's a Fool 02:21
  • 11A to Z Blues 01:48
  • 12Wabash Cannonball 01:52
  • 13Pal of Mine 03:05

informations

Enregistré par Edward Rhodes à Atlanta en 1956.

L'album n'a été publié qu'en 1961. La photographie de couverture est d'Edward Rhodes.

chronique

« Tant pis on n'est pas né sous la même étoile ». Un exemple : Blind Willie McTell était noir, aveugle et a passé sa vie dans l’État de Géorgie, dans la première moitié du XXe siècle. Tu disais, donc ? En bon bluesman culte sur le tard, célébré notamment par Dylan, l’histoire de William Samuel McTier est entourée d’un flou artistique et d’anecdotes invérifiables. Il a enregistré de manière sporadique, sans jamais connaître de succès durable mais sans cesser de jouer, ici ou là, dans la rue, dans les églises. B.B. King disait que le blues n’était que le côté face du gospel, où « Baby » se substitue à « God ». McTell n’a jamais vraiment choisi et a surtout fait en sorte de ne pas faire de vagues politiques, comme il l’avait confessé avec pudeur à Lomax. En bon musicien de rue, il doit plaire au plus grand nombre dans une ville du Sud. Cela développe un sens aiguisé de la prudence, de la séduction, du rythme et du conte.

En 1956, un disquaire d’Atlanta nommé Edward Rhodes lui offre l’opportunité d’enregistrer quelques pistes après l’avoir aperçu en train de jouer dans la rue pour quelques pièces. Mouais, belle histoire, peu importe. Il est difficile de se documenter et percevoir le degré de notoriété du bonhomme dans les années cinquante. Proche de zéro du point de vue commercial mais sans doute assez élevée pour les mélomanes du coin. Le disque a mis des plombes à sortir et McTell ne l’aura même pas entendu de son vivant. Il est désormais temps d’avouer qu’il est mon bluesman préféré. Son style puissant en picking résonnant de la caisse de sa 12-cordes, sur des tempos souvent élevés, contraste avec une voix douce au timbre confortable et d’une justesse impeccable. Là encore, parfait pour la rue. McTell aime introduire ses chansons par des anecdotes que mon niveau d’anglo-américain-du-Sud, peine parfois à saisir. Les paroles révèlent des histoires rarement gaies mais captivantes car McTell est un conteur, d’embrouilles amoureuses et légales dans lesquelles chacun peut se projeter comme dans un bon film noir. Certes, dans les années cinquante, on pouvait faire une chanson sur la manière de corriger sa femme, forcément infidèle et casse-pied. « A to Z Blues » est par exemple d’une violence insupportable pour un auditeur actuel : « I'm gonna cut your head four different ways, baby / Long, short, deep and wide / When I get the spring rhythm with this rusty blackout razor / You're gonna be mapped out for an ambulance ridе ». De quoi vous dégoûter de l’écoute ? Hey oh, je rappelle que nous sommes en Géorgie dans les années 1-9-5-0, paradis de l’homme alpha blanc. Et j’imagine fort bien le passant gominé écouter avec plaisir ces histoires outrancières, presque absurdes mais disons, « viriles » et « divertissantes ». Le disque ne jouit d’ailleurs pas d’une réputation extraordinaire dans le monde du blues, du strict point de vue musical, mais il se sirote comme une liqueur de maïs on the rocks. Malgré des paroles salées, l’auditeur non-fluent in english y trouvera une douceur thérapeutique et l’album mérite bien ces quelques boules bien tassées, jaunes comme le soleil accablant d’Atlanta sous lequel McTell a dû transpirer sa vie durant pour quelques quarters.

note       Publiée le samedi 9 septembre 2023

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    jacques d. Envoyez un message privé àjacques d.

    Dans ces poubelles éditoriales aux couvercles plus ou moins soignés on trouvait pourtant de quoi se rincer les oreilles ; quant aux royalties, certains des artistes ainsi republiés à leur insu (mais aux bénéfices de l'industrie du disque pour le moins charognarde) n'en avaient de toute façon plus l'usage là où ils étaient, enfouis sous terre dans le meilleur des cas, depuis belle lurette.

    dimegoat Envoyez un message privé àdimegoat
    avatar

    Ouaip, en blues ça me rappelle ces compils 2CD 40 titres souvent bootlegs vendues à la FNAC, avec que des morceaux perdus dans les limbes du droit de la propriété intellectuelle (j'en avais aussi une de Hendrix avec des lives édités avec les pieds et des morceaux pre-Experience).

    Note donnée au disque :       
    jacques d. Envoyez un message privé àjacques d.

    On n'est plus dans "l'actualité de l'industrie discographique" ? Tant pis, tant mieux. Blind Willie McTell et ce disque-ci valaient bien cette chronique rendant à McTell ce qui appartient à Blind Willie. On trouvait, chez les disquaires (il y bien longtemps donc), un coffret very low price de 6 CDs, "Blind Willie McTell, king of tge Georgia blues (1927-1949)". 117 titres accompagnés d'un joli livret, histoire de comprendre pourquoi Bob Dylan se soit fendu d'une chanson-hommage à ce bluesman.