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Domenico Scarlatti (1685-1757) › Stabat mater

cd • 16 titres • 54:38 min

  • Stabat Mater a dieici voci e basso continuo
  • 1Stabat mater dolorosa
  • 2Cujus animam genementem
  • 3Quis non posset contristari
  • 4Eja mater fons amoris
  • 5Sancta mater, istud agas
  • 6Fac me vere tecum flere
  • 7Juxta crucem tecum stare
  • 8Inflammatus et accensus
  • 9Fac ut animae donetur
  • 10Amen
  • Missa quatuor vocum
  • 11Kyrie
  • 12Gloria
  • 13Credo
  • 14Sanctus
  • 15Benedictus
  • 16Agnus dei

enregistrement

Producteur exécutif : Hervé Bopissière ; Producteur, ingénieur, éditeur : Laurence Heym. Enregistré en Mai 1999 au centre Giovanni XIII Frascati, Italie.

line up

Andrea Damiani (Archluth) ; Tiziano Bagnati (Théorbe) ; Andrea Perugi (Orgue) ; Rinaldi Alessandrini (Direction).

remarques

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-baroque

Voilà une partition assez particulière. Domenico Scarlatti a en effet choisi, pour écrire son Stabat Mater, d’en revenir à une écriture polyphonique quasi A-Cappella, là où l’époque donnait déjà la part belle aux solistes, Alto et soprano, en jeu mélodique avec le premier violon. Pour autant l’œuvre n’est pas une simple redite de la renaissance. Elle possède une patte baroque dans l’ornement de ses lignes de chant, le rythme soutenu et régulier, souvent sautillant. Concernant les ténèbres, l’œuvre n’échappe donc pas aux gaietés de l’époque et force est de reconnaître que malgré la beauté lumineuse de ces chants et l’incontestable savoir-faire d’écriture, on n’y rencontre la douleur que par épisodes. Les deux chants d’ouverture, par leur lenteur, font partie de ces épisodes. Les voix y sont à la fois nombreuses et très différenciées : le contre-ténor chante haut et par saillies, l’alto caresse lentement le temps en balancier avec les ténors et les basses sont profondes et pesantes. Le «Stabat mater…» d’ouverture est une pièce très lente et tendue, comme une plainte ; les voix tirent vers l’avant tandis que les registres graves, en canon espacé, reprennent la ligne aigue, créant ainsi une succession de boucles lentes et laborieuses. Le «Cujus animam…» est lui déjà traversé de moments sautillants et ornés. Il alterne une partie lente et douloureuse dans la lignée du premier chant avec des intermèdes des chants contrapuntiques virtuoses. L’œuvre est certes belle et les moments de grâce lente et douce sont nombreux mais là encore, le langage baroque et l’esprit de l’époque risquent de déstabiliser celui qui chercherait ici la gravité ou la tristesse d’un Vivaldi, d’un Poulenc ou même la douleur élégante d’un Pergolèse. Le Stabat Mater, par son sujet, a souvent été inspirateur d’œuvres qui alternaient la tristesse mélodique à la recherche d’une expression lyrique plus torturée. En cette époque, Domenico Scarlatti à la recherche du théâtre polyphonique ne trouve que l’oratorio ou le madrigal, et s’il peut nous séduire, il ne nous émeut pas. Heureusement le choix de la polyphonie et une certaine cohérence avec le sujet (tout de même…) permettent de beaux moments, méditatifs, implorants, simplement délicats, qui, livrés avec cette acoustique si particulière des chants polyphoniques, rendent ce disque finalement à sa place sur un site comme celui-ci. Mais la note est surtout due à la présence de la merveilleuse Messe qui sert de complément de programme. Entièrement A Capella, toute de lenteur et d’affectation, elle se montre digne des œuvres passées à laquelle elle semble vouloir rendre hommage par son écriture : un vrai petit bijou, d’une lumineuse mélancolie.

note       Publiée le samedi 28 septembre 2002

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Uriel › mardi 1 octobre 2002 - 18:58  message privé !
Ce sont justement ces enluminures baroques qui font de cette oeuvre le point d'orgue du répertoire de Scarlatti. Sublime