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Selim Lemouchi & His Enemies › Earth air spirit water fire

cd • 5 titres • 43:31 min

  • 1Chiaroscuro10:32
  • 2Next stop, universe B.03:25
  • 3The ghost of Valentine06:59
  • 4The deep, dark waters10:57
  • 5Molasses12:55

informations

Enregistré les 22, 23 et 24 juin 2013 au Twistle Sound et au Void

line up

Oeds Beydals (guitares), Milko Bogaard (chant, mellotron, synthés), Hansz Deijnen (batterie), Ries Doms (batterie), Robby Geerings (batterie, guitares), Micha Haring (batterie), Farida Lemouchi (chant), Selim Lemouchi (guitares, synthés, basse, chant), Hans Van De Perre (batterie), Job Van De Zande (basse)

chronique

  • space rock psychédélique

Selim Lemouchi & His Enemies aura été une formation pour le moins éphémère, moins d'un an d'existence ! Créée par Selim Lemouchi sur les cendres de son précédent groupe, The Devil's Blood, ce combo aura tout juste eu le temps de sortir un album, cet "Earth air spirit water fire", après un mini-CD introductif de leur univers, avant que Selim ne se suicide quelques semaines avant ce qui aurait dû être leur première performance scénique, au Roadburn en 2014. On a toujours su que le fantasque guitariste était très spirituel et particulièrement attiré par l'occultisme, et il n'hésitait pas à l'exprimer clairement au sein de The Devil's Blood avec sa sœur Farida (que l'on retrouve aussi ici soit dit en passant...). Ce nouveau groupe constituait une sorte de continuité dans sa quête spirituelle. Musicalement, même si les similitudes avec son précédent groupe sont présentes, il ne s'agit en aucun cas d'un clone, cette deuxième formation étant beaucoup plus tournée vers le space rock psychédélique que ne l'était The Devil's Blood. Sur ce disque, à l'artwork très classieux, nous avons droit à cinq morceaux, très différents, pour chacun des quatre éléments auxquels a été ajoutée la spiritualité. Et bien que tous les cinq morceaux soient très distincts, il y a une véritable cohésion dans ce disque, 45 minutes de musique puissante, aérienne, lente, éthérée, répétitive, belle, transcendantale, totalement inspirée des années 70 (j'entends parfois du Bowie, du Pink Floyd, du Led Zeppelin, du Hawkwind, parmi d'autres...). J'aurais même tendance à dire que ce disque aurait été celui qu'Hawkwind aurait réalisé s'il s'était formé en 2013, du véritable space rock psychédélique moderne ! Sur "Next stop, universe B.", on croirait presque entendre Dave Brock au début des années 70 ! Le premier morceau, "Chiaroscuro", est une longue et lente montée spirituelle, comme si on se retrouvait au milieu d'une messe noire avec ces schémas qui se répètent, ces vocaux féminins qui s'entrechoquent et s'entremêlent, et cette guitare... fuyante, aérienne, absolument fabuleuse... Le ton est donné, et la suite sera du même niveau, à la fois puissant, maîtrisé, posé et d'une aura tellement folle, comme si on se retrouvait au milieu d'un tourbillon dont il serait impossible de sortir, alors que tout autour est si cotonneux et doux, à l'image de ce "Ghost of Valentine", en mode ambient, comme tiré d'un rêve qui ne s'arrête jamais, extrêmement cinématographique, comme quasiment tout l'album, Floydien à mort, et pourtant si unique et tellement bien pensé. "The deep, dark waters" se rapproche légèrement plus des années 80 avec un son de guitare plus froid, dans une ambiance limite gothique, toujours avec une inspiration magique, et un chant carrément envoûtant. Et niveau guitare, Selim fait preuve d'un très grand talent avec un touché admirable, bluesy, inspiré par Slash, qui frappe en plein cœur et des solos fabuleux. "Molasses", qui clôt le disque est une sorte de synthèse des quatre premiers morceaux avec une Farida si reconnaissable au chant dans un style posé proche des morceaux les plus calmes de King Crimson avec toujours l'ombre du Pink Floyd et toujours cette volonté de proposer une musique qui évolue, lentement, calmement mais toujours de manière totalement maîtrisée. On aurait facilement pu créer un film à partir de ces cinq morceaux. Tout s'enchaîne à la perfection, comme des changement de scènes dans un film, avec cinq tableaux bien distincts. Avec ce nouveau groupe, Selim Lemouchi tape très fort avec une œuvre totale, complètement aboutie et d'une puissante spirituelle impressionnante. Il signe ici ce qui reste son testament, un album totalement perché ! Mais totalement parfait ! Un disque absolument unique, mais fabuleux ! Il s'agit ni plus ni moins que l'un des albums les plus intéressants et marquants qu'il m'ait été donné d'écouter datant de ces 20 dernières années, si maîtrisé, planant et puissant. La mort de Selim aura empêché ce groupe éphémère d'avoir un coup de projecteur, resté dans l'ombre de The Devil's Blood, beaucoup de monde n'ayant même pas intégré que le groupe s'était séparé moins d'un an auparavant. "Earth air spirit water fire" est un album que je ne peux que vous encourager à découvrir. Vous pourriez être très surpris !

note       Publiée le lundi 31 juillet 2023

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saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Je trouve ça bien mieux que Devil's Blood ! Le Pink Floydage est presque abusé parfois, mais c'est tellement bien fait