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György Ligeti (1923-2006) › Chamber concerto, Aventures, Lux aeterna...

12 titres - 68:13 min

  • 1-4/ Chamber concerto, pour 13 instrumentalistes 18.15
  • 5/ Ramifications, pour orchestre à cordes 8.29
  • 6-10/ Quatuor à cordes N°2 20.39
  • 11/ Aventures, pour 3 chanteurs et 7 intrusments 12.01
  • 12/ Lux aeterna, pour 16 voix a-cappella en chœur mixte 7.58

enregistrement

Enregistrements : Hamburg-Rahlstedt, DG Musikstudio, avril 1968 (Lux aeterna) ; Munich, plenarsaal der Akademie der Wissenschaft, décembre 1969 (quatuor à cordes) ; Paris, Ircam, mars 1981 (aventures), mars 1982 (concerto de chambres, ramifications). Production : Karl Faust (Lux aeterna, quatuor à cordes) ; Dr. Rudolf Werner.

line up

1-5 : Ensemble intercontemporain ; pieere Boulez (direction) ; 6-10 : Lasalle Quartet ; 11 : Jane Manning (soprano), Mary Thomas (mezo-soprano), William Pearson (basse), Ensemble intercontemporain , Piere Boulez (direction) ; 12 : Chœur Norddeutschen Rundfunks Hamburg, Helmut Franz (direction)

remarques

Les interprétations de ce disque sont sans équivalent. Boulez entretient d'ailleurs une relation artistique et amicale avec Ligeti depuis longtemps maintenant. En outre, le choix des pièces en fait une entrée parfaite dans le monde de Ligeti. Enfin, il s'agit d'une série économique de chez DG à moins de 15 euros le disque, alors...

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
contemporain

Voici l’angoisse, la tension, les ténèbres et l’inquiétude, la folie, et rien d’autre. Chez Ligeti, il n’y a pas de mélodie à retenir, pas de thèmes, il n’y a que matière sonore, espace, mouvements… distensions et lenteurs. Tout est effroi, ici, chaque note inquiète la précédente ; elle ne la prolonge pas, elle ne l’apaise pas, elle lui donne une tournure plus sombre encore, plus dure… elle la torture. Ce disque présente un ensemble de pièces représentatives et fascinantes. Des œuvres pour petit orchestre comme le concerto de chambre, l’angoisse à l’état pur, un quatuor à cordes plus dérangeant que le souffle froid de la mort sur la nuque, le célèbre et glacial «Lux aeterna», ou encore les subjuguantes «Aventures», sorte de pièce dérangée pour cris, onomatopées, surprises, grognements, rires et chuchotements, à l’impact narratif extraordinaire. Il s’agit d’une musique pourtant très tempérée, les à-coups y sont brefs, peu sonores, des saillies de violons ou de cuivres distordus qui semblent manquer leur notes… parfois des éclats plus furieux et durables, déchainements dissonants et arythmiques, que vient rapidement prolonger la seule rumeur souterraine d’une contrebasse funèbre, qui s’installe et qui dure… qui dure… qui dure… tandis que les aigus les plus proches du silence finissent de lui donner matière et profondeur. A la fureur, à la vitesse, Ligeti préfère la tension extrême, la lenteur terrifiée, la dissonance agressive et malsaine… la démence vocale. Ses «Aventures» sont parmi les choses les plus surprenantes qu’il soit donner d’entendre. Les voix sans jamais rien dire finissent par vivre ensemble, comme si elles se parlaient, s’effrayaient en même temps d’un danger soudain, se moquaient de l’une, ignoraient l’autre. Ailleurs les violons peuvent se lamenter comme pendant des heures, sans que rien ne se passent d’autre que les sifflements infimes mais insupportables des flûtes poussées dans leur dernier retranchement. Il y a des notes qui s’étendent sans mesure, unique et tous à l’unisson, doucement, sans chercher à faire du bruit, juste à rendre cette note épaisse, profonde… abyssale. Il y a des éclats soudains que suivent des pluies vibrantes de clavecin, comme une pierre qu’on aurait jeté dans l’eau et qui laisserait ses cercles. Entre l’intellectualisme contemporain, la plastique pure mais aussi le ressenti le plus brut que l’on puisse entendre, Ligeti a inventé la musique du silence. Le silence effrayant, imprévisible, épais et enveloppant… le silence qui dure et dont la profondeur finit par assourdir. Ce silence là, Ligeti nous en peint les mensonges, les ombres, les mouvements secrets. En clôture, le «Lux Aeterna» dont se servit Kubrick, et dont les huit minutes de glace vocale finiront de vous plonger dans la détresse intérieure la plus terrible. Il y a la mort, il y a la peur, il y a l’horreur, il y a le terrible… l’indicible et l’abyssal… et il y a György Ligeti.

note       Publiée le mercredi 25 septembre 2002

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ericbaisons › vendredi 6 août 2010 - 00:29  message privé !

les couleurs de l'orque avec une forme de baleine, oui

varg › vendredi 6 août 2010 - 00:27  message privé !

un orque pour être précis

ericbaisons › vendredi 6 août 2010 - 00:24  message privé !

Rassurez-moi, je suis le seul à avoir vu une baleine sur la pochette pendant toutes ces années?

COLDSTAR › mercredi 14 novembre 2007 - 16:06  message privé !
Six jours plus tôt et il rentrait dans la légende du site.
mangetout › mercredi 14 novembre 2007 - 15:46  message privé !
Il faudrait penser à rajouter la date de la mort de ce valeureux György Ligeti, à coté de celle de sa naissance : il est décédé le 12 juin 2006.