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Kansas › Kansas

lp • 8 titres • 45:01 min

  • 1Can I Tell You
  • 2Bringing It Back
  • 3Lonely Wind
  • 4Belexes
  • 5Journey From Mariabronn
  • 6The Pilgrimage
  • 7Apercu
  • 8Death Of Mother Nature Suite

informations

line up

Steve Walsh (chant, orgue, piano, congas), Kerry Livgren (chant, guitare, piano, orgue, moog), Robbie Steinhardt (violon), Rich Williams (guitare), Dave Hope (basse)

chronique

Les racines de l'indigestion prog sont-elles vraiment à chercher chez des groupes de troisième zone comme Kansas ? Ne serait-ce pas surestimer l'influence de ces guignols rustiques, malgré leurs ventes effrayantes ? Ne poignent-elles pas déjà manifestement chez les Moody Blues ? Yes ? ELP ? Ou même Jethro Tull (le flûtiau ça passe ou ça lasse) ? Est-ce que ce premier Kansas a si mal vieilli, au fond ? Ou était-il déjà vieux à sa naissance ? Avant sa naissance ? Est-il le champion toutes catégories, pour faire rimer Vilain et Violon ? Pourquoi est-ce que j'apprécie Uriah Heep et que Kansas me foutent encore des frissons d'écœurement, alors qu'ils ne sont pas si éloignés en fait parfois, dans le hard-prog beauf et rococo ("Belexes") ? Est-ce par pur esprit altruiste, que je viens vous en parler ? N'y a-t-il pas un peu de sado-masochisme, dans ce choix archiviste ? Est-ce que ce premier Kansas est platement bariolé, d'une sottise abyssale, et d'une prétention à "hardiser" un progressif d'inspiration à la fois folklorique et symphonique qui serait juste gênante, si la suite de leur discographie n'était pas allée plus loin dans l'expression d'immondices esthétiques encore plus décomplexés ? Et surtout : pourquoi ai-je acheté la réédition de cet album il y a de cela plus de vingt ans, alors en proie à la curiosité devant ce barbu aussi démesuré que le succès du groupe, et censé représenter l'abolitionniste kansasien John Brown ? Comme dirait un autre artiste dont le nom à six lettres commence par un K et finit par un S : "Le produit est local". Kansas from Kansas, nom d'une fougasse ! Une certaine idée du kitsch seventies... Dans la tisane de mes souvenirs musicaux liés aux mauvais investissements, rôde cette babiole de brocante aux motifs d'Épinal. J'en relève tout de même l'énergie réelle, et sa fougue pleine de contrastes parfois vertigineux entre le super-laid et le presque-beau ("Aperçu", traversé par des éclairs de joliesse), ou ses moments plus simplement rock (comme ce "Bringing It Back" qui ressemble à du BÖC discount, et ces "Mexicôôôwww" un peu proto-Nick Cave, ou le final doté d'une partie hard rock avec un supplément de gnaque ?) M'enfin, que dire de "Can I Tell You" ? Single le plus craignos possible pour entamer un album ? Comment accepter "Lonely Wind", authentique étron à stades ? Que faire ? Te rappeler où tu es. Tu es dans le désert du prog rock au troisième stade d'évolution/dégénérescence. Tu as soif d'imagination débridée, de noblesse mélodique, de contes épiques ?... Tu n'auras que moquette à laper. Avec des motifs de cauchemar pastoral. Ta langue finira à l'état de vieille pantoufle. Tu percevras dans ton hallucination des salopettes couleur taupe, des aisselles géantes en guise de coiffe. Tu verras certainement un violoniste agaçant juché sur ton épaule, façon Jiminy Cricket. Il est dans le disque, tes pichenettes pour le déloger seront inutiles. Tu glaneras dans cette peinture douteuse, aventurier du vintage, des mélodies de kékés ravis de leurs navets, des fanfares folklo-rock décidées à ambiancer la kermesse du village, croûte que croûte. On t'emprisonnera dans une boîte de Quality Street périmés tandis que des farfadets bourrés au cidre danseront la carmagnole dans un tableau où le caca d'oie sera érigé en teinte divine... D'accord : j'exagère, encore. Quand ça se tasse, Kansas passe, et plusieurs moments dirons-nous "créatifs", ou accalmies presque-classieuses, lui évitent la note minimale ("Death of Mother Nature Suite" en premier lieu), et pourraient même me pousser à une note médiane si j'étais vicieux... Et voilà, Guts a mangé un énième disque progmoche. Sombre et Expérimentale, telle est la mission, le sacerdoce, loin de cette campagne aux chênes pourris où trainent ces glandus, loin de la Petite Maison dans la Prairie et de ces Charles Ingalls du prog-rock à papa gâteux, qui jettent tant de bûches dans l'âtre du mauvais goût, vraiment mauvais... Le mauvais goût, c'est un peu comme le parfum des pets, on apprécie que le sien.

note       Publiée le dimanche 21 mai 2023

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Ah, merde, j'ai raté la fenêtre pour khroniker Leila K, du koup ! (On va dire ke Rraouhhh! a été ma kontribution kryptée à ce mini spécial-k fest...).

    Message édité le 28-05-2023 à 12:38 par dioneo

    born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

    Guts a surtout fait une mini-thématique "K", circulez.

    Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

    Maintenant que Guts se met à chroniquer Kansas, on attend les chroniques de Journey, Styx et Reo Speedwagon (notamment). Bon sinon, aucun souvenir de cet album de Kansas, mon intérêt commence avec Leftoverture (et ne va pas beaucoup plus loin). Pas trop mûres les tomates à balancer, merci.

    Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

    Journey a connu un peu le même parcours. De même pour Styx. Le rock ampoulé US qui a émergé à la fin des années 70/début 80 est l'un des avatars du prog. Le coté théâtral du prog a mené à l'arène. On peut aussi, toute proportion gardée, penser à un Frampton qui venait d'un autre horizon mais lui aussi plus ambitieux artistiquement. Sur ce, I'll close my eyes........

    Note donnée au disque :       
    COLDSTAR Envoyez un message privé àCOLDSTAR

    Coltranophile -> en vérité, le Kansas premier époque, progressif, est critiquable, mais plus dans le sens où il renvoie l'image du rock progressif pompier et "un peu" lourdaud; c'est bien parce que tu as poussé jusqu'aux eightieseries "flosck" de Kansas que tu as pensé à Journey! Sérieusement, quand J. Elefante a remplacé Walsh au chant, le mimétisme entre les deux groupes est parfois devenu flagrant comme sur Fight fire with fire (je vois des doigts se lever, pardon? Mais non pas celui de Metallica! Pfff...)

    Je suis personnellement plus tolérant que d'autres ici envers Kansas: c'est rarement intéressant à longueur d'album, voire jamais, mais il y a quelques fulgurances. Quoi qu'on pense des interventions plus ou moins heureuses de Robbie Steinhardt au violon, il participe à donner à ce groupe une véritable identité. Certes, déjà à leur première époque, la mièvrerie guette parfois, tapie dans l'ombre, et elle en sortira, triomphante, quand Kansas amorcera la double transition: virage rock FM + révélation "born again christian" de leur compositeur principal Kerry Livgren. Rien que de l'écrire: brrrrrr. Je me relis, et j'ai écris "fulgurances" mais ils ont eu un putain de coup de génie avec Dust in the wind: des groupes bien meilleurs qu'eux tueraient pour avoir écrit ce morceau.