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Bad Religion › Suffer

  • 1988 • Epitaph E-86404 • 1 CD

cd 1 • 15 titres • 26:32 min

  • 1You Are (The Government)
  • 21000 More Fools
  • 3How Much Is Enough?
  • 4When?
  • 5Give You Nothing
  • 6Land Of Competition
  • 7Forbidden Beat
  • 8Best For You
  • 9Suffer
  • 10Delirium Of Disorder
  • 11Part II (The Numbers Game)
  • 12What Can You Do?
  • 13Do What You Want
  • 14Part IV (The Index Fossil)
  • 15Pessimistic Lines

informations

line up

Greg Graffin (chant), Mr. Brett (guitare), Greg Hetson (guitare) Jay Bentley (basse), Pete Finestone (batterie)

chronique

Pour appréhender un peu les choses de façon encyclopède, histoire de changer mes habitudes "envie d'chroniquer pas d'wikipédier", je dirais qu'il faut bien se rappeler qu'ici, en cette année 1988, Bad Religion ramène sa fraiseuse cinq ans après l'album néo-prog Into The Unknown, cette anomalie discographique sur laquelle on a pas fini de s'interroger. Et qu'ils revient pas dans la rue pour faire joli, même si parfois les mélodies sont vraiment belles, jaillissent aussi naturelles que des étincelles, dans cette nudité-crudité potentiellement magique propre au punk. "Suffer", que c'est écrit sur la pochette. Pas "Surfer", ou "Super" : "SUFFER". Ce titre m'a toujours causé. Comme cette pochette. "Combustion spontanée : ça va chier !". Un truc de torche humaine prête à tout cramer dans cette zone pavillonnaire tranquille, dans l'esprit très américain du "les bullies du vestiaire vont enfin payer". Ou la société, dans son ensemble. "Les gens sont trop durs, en général"... ou juste trop cons... "1000 more fools are being born every fucking day". Le sens de la formule, c'est comme les riffs : faut qu'ça frappe. Comme ce dessin naïf, qui raconte ce qu'il faut de choses avec à peu près walou, une mascotte en feu qui parle mieux d'eux que le seul Crossbuster. Comme ces paroles qui, sous ce punk dit à roulettes, vous bombardent de pensées sur la défensive tendance parano, qui parfois pourraient tomber des neurones d'un Jaz Coleman... "With microwave transmissions they bombard us every day", "Chaos is the score upon which reality is written / The timeless, swirling gyroscopic horde", j'en passe et des moins sereines... On sent la gamberge articulée sous l'envie de tout envoyer chier, sans avoir l'impression de prétentieux se croyant plus malins que leur public. Sentiment d'une saine protestation, ultra-sincère, de messages à faire passer dans un mélange communicatif de hargne et de délicatesse. Une espèce d'agacement gracile, de projectiles raffinés, suivant ce flux électrique et humain aux rythmiques bien savonnées. Planche de skate-punk ? Punk californien ? Punk tout court, punk ! Avec du n'roll dans le caillou ("What can you do ?"). Tout ceci avec leur sens mélodique inné, cette saveur harmonique presque Hüsker Dü. Et puis cette espèce de sensation liquide de chez fluide, d'entendre quinze fois le même morceau, mais avec quinze nuances discrètes, et pour chaque un refrain intelligent à gueuler comme un con. Risque de s'y surprendre si écoute au baladeur. Un effet "robinet à voix et guitare", inhérent au genre, mais pas besoin de tendre l'oreille pour par exemple saisir au vol la sur-butante "Best for you" : des sarcasmes avec des flammes de dragster au derche. Réflexions amères et froide colère fusent de part en part de cette petite demi-heure de vie sacrifiée pour la bonne cause du "fallait que ça soit dit". Ce p'tit album incandescent a gardé toute sa fraîcheur, sa passion d'allumette craquée. Ses mini-hymnes, qui se ressemblent tous énormément en étant tous différents, comme les flammes (eh ouais pourquoi chercher midi ?), et qui s'arrêtent tous avant de devenir relous, ont traversé les années sans perdre de leur passion. Ils tapent toujours juste. Solide ignition.

note       Publiée le dimanche 30 avril 2023

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    Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan  Shelleyan est en ligne !
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    La chanson éponyme est une tuerie absolue

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