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Spear of Destiny › One Eyed Jacks

cd 1 • 10 titres • 37:56 min

  • 1Rainmaker
  • 2Young Men
  • 3Everything You Ever Wanted
  • 4Don't Turn Away
  • 5Liberator
  • 6Prisoner Of Love
  • 7Playground Of The Rich
  • 8Forbidden Planet
  • 9Attica
  • 10These Days Are Gone

informations

line up

Kirk Brandon (chant, guitare), Mickey Donnelly (saxophone), Neil Pyzer (claviers, saxophone, flûte), Stan Stammers (basse), Alan St. Clair (guitare), Dolphin Taylor (batterie)

chronique

Le blondin légèrement prognathe et contrarié que vous voyez, restera pour les potins d'outre-Manche comme ce mec qui n'assume pas de s'être tapé Boy George, comme ce petit copain fragile dans un pauvre biopic TV sur le leader de Culture Club. Kirk Brandon a peut-être taquiné le karma en fricotant avec le caméléon, ou juste en faisant trop le mariole ("we're the best band in the world Darling !"), mais ce ne sera qu'une postérité miteuse face au second album de son deuxième groupe. Comme si la flamme de Grapes of Wrath, suivant la voie de son beau final, avait grimpé d'un cran... One Eyed Jacks, dès la ronflante "Rainmaker", se lance à l'assaut. Et sa fougue d'insurgé ne faiblira pas, même sur du slow à néons pisseux ("Don't turn away"). Il crachera son punk-hard FM épique - nom d'une pipe au volant à toute berzingue en bord de falaise, "Liberator" aurait dû être un des plus énormes tubes des années 80 !!! - de la power-new wave, de la protest song à piano ("The world is yours - not the upper classes") et des grosses ballades blues imprégnées de tabac froid et de sueur. Rutilant, franc du putassier, Spear of Destiny est en sus armé de ce saxophone turgescent, hérité de Theatre of Hate et dégainé à tire-larigot. One Eyed Jacks a une foi totale en son sentimentalisme ("Everything you ever wanted" ou "These days are gone", gros génériques de fin pour drames qui restent à réaliser...), et sa façon de rouler des mécaniques, digne d'un Darkness on the Edge of Town sur-cocaïné, aura raison des intolérants au rock dans ce qu'il peut avoir de plus pompier. Ils sont donc prévenus : les eighties débarquent dans le pub-saloon et claquent l'outil sur le zinc.

Kirk Brandon s'impose avec vigueur au micro : criard, cabot, ce rosbif braillard en saoulera plus d'un avec son crooning ultra-bourrin, mais quel charisme vocal ! Bêleur façon John Lydon qui aurait une grosse mâchoire à la Gary Busey, plus crâneur qu'un Billy Idol qui aurait bouffé Bonnie Tyler, avec pas moins d'esbroufe ébouriffée qu'un Nick Cave. Grinçant et candide à la fois. Too much, assurément, casse-pieds, certainement, mais sincère à huit-mille pourcent. Ce jeune homme a une voix. Autour de ce gosier généreusement gaulé et du saxo saillant, le rock de Spear of Destiny envoie les guitares chromées, les claviers hantés, les rythmiques comme des claques vigoureuses sur le fessier, tous aussi datés qu'un look dans Rue Barbare mais impossibles à esquiver. Il traîne sur le trottoir des nouveaux-romantiques comme un loubard assoiffé de stades, mauvais garçon punk-soul rôdant dans le sillage des boy-scouts U2 et Big Country, clope au bec et regard affamé, en leur mettant quelques paluches au panier tandis qu'ils accélèrent le pas... Ces rats d'anglais, quand ils font pas les choses à moitié, ils les font pas qu'en entier. Une musique de zonard un peu tocard, mais pouvant être touchée par la grâce. Car quand les gros sabots se font pas de renard, entre chiens et loups, au détour d'une rue mal famée : le scintillement du subtil, de l'interlope, du trouble se fait ressentir - j'en veux pour preuve l'austère "Forbidden Planet", morceau post-punk à l'ambiance sublime, break orientalisant "esprit d'Interzone" à la clé, alors que ses couplets hargneux et spasmodiques contrastent magnifiquement avec un refrain en lévitation... Grand. Un de ces albums estampillés "Big Music", emblématiques d'une certaine époque, lustré avec amour, hélas resté dans l'ombre de tant d'autres moins brillants. Corrigeons cela en bramant à tue-tête ses refrains qui frappent au poitrail, serrons fort ses mélodies cuivrées. Noyons dans le sloe gin nos larmes de salaud, entre deux virées nocturnes à chercher querelle aux miroirs.

Très bon
      
Publiée le mardi 18 avril 2023

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    nicola Envoyez un message privé ànicola
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    Tiens, Spear of destiny est venu chez John en 1982 (l’année de la sortie de l’album de Theatre of hate) et on y trouve deux morceaux de Theatre of hate (The wake et Judgement hymn) et deux morceaux inédits (pas présents ici ni chez ToH ni chez SoD).

    allobroge Envoyez un message privé àallobroge

    Une chro très drôle digne de cet exceptionnel nanard !

    Note donnée au disque :       
    jacques d. Envoyez un message privé àjacques d.

    En supprimant le S majuscule d'entrée, ça donne Pear of Destiny et un tout autre Destin pour le groupe.

    Raven Envoyez un message privé àRaven
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    Il y a un morceau teinté reggae que je n'ai pas mentionné, d'ailleurs, assez Bob Harley, et avec un très beau refrain comme Forbidden Planet.

    Note donnée au disque :       
    nicola Envoyez un message privé ànicola
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    C’est vrai qu’avec un nom pareil, on s’attend plutôt à un groupe de reggae (la lance de la destinée est celle qui a troué Jésus, si je me souviens bien de mes cours de scatoschisme).