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Wu-Tang Clan › Wu-Tang Forever

cd 1 • 11 titres • 45:08 min

  • 1Wu-Revolution06:46
  • 2Reunited05:23
  • 3For Heavens Sake04:13
  • 4Cash Still Rules/Scary Hours (Still Don't Nothing Move but the Money)03:06
  • 5Visionz03:09
  • 6As High as Wu-Tang Get02:37
  • 7Severe Punishment04:49
  • 8Older Gods03:05
  • 9Maria02:55
  • 10A Better Tomorrow04:55
  • 11It's Yourz04:17

cd 2 • 18 titres • 77:14 min

  • 1Intro02:20
  • 2Triumph05:38
  • 3Impossible04:28
  • 4Little Ghetto Boys04:49
  • 5Deadly Melody04:20
  • 6The City04:05
  • 7The Projects03:18
  • 8Bells of War05:12
  • 9The M.G.M02:38
  • 10Dog Shit03:34
  • 11Duck Seazon05:42
  • 12Hellz Wind Staff04:52
  • 13Heaterz05:26
  • 14Black Shampoo03:50
  • 15Second Coming04:38
  • 16The Closing02:37
  • 17Sunshower06:10 [bonus]
  • 18Projects International Remix03:59 [bonus]

informations

Enregistré au 36 Chambers Studio (NYC) et aux Ameraycan Studios (North Hollywood, CA). Mixé aux mêmes studios ainsi qu'au Hit Factory (NYC). Masterisé au Sterling Sound (NYC).

Les deux pistes bonus sont incluses dans la version CD non-américaine du disque.

line up

Ghostface Killah (MC), GZA/Genius (MC), Inspectah Deck (MC), Masta Killa (MC), Method Man (MC), Ol' Dirty Bastard (MC), Raekwon (MC), RZA (MC, production), U-God (MC)

Musiciens additionnels : 4th Disciple (production, 4, 8, 10, 2-2, 2-6), True Master (production, 2-9, 2-13), Inspectah Deck (production, 5), Cappadonna (MC, 3, 9, 2-2, 2-4, 2-13), Streetlife (MC, 2-5, 2-12), Tekitha (voix, 2-3, 2-15).

chronique

« Wu-Tang gonna bring it to you in the purest form ». C’est un manifeste, celui du despote éclairé RZA et de son armée de langues tranchantes. Wu-Tang Forever, c’est le rap près du micro, sans filtre, compressé, le gain qui flirte avec la zone rouge. Les postillons sur la membrane, l’énergie brute, le corps tendu, le souffle continu. Et cette sensation d’être fourré dans le sofa en studio avec eux, un gros blunt à la main, à se demander comment cette dizaine de bonhommes ingérables va pouvoir pondre un double-album après la comète 36 Chambers. Tu les vois défiler au micro et peux savourer chacune de leur entrée. ODB est déjà dans la stratosphère mais on lui confie quand même un solo qui associe sexe et matière fécale. Les autres font leur taf comme on les connaît, posent leur couplet en bombant le torse histoire de le faire en une prise. La première, la meilleure. Il n’y a bien que les larrons Ghostface et Raekwon qui jouent à se renvoyer la balle dans le savoureux M.G.M., façon papys du Muppet Show à Vegas. Masta Killa rayonne avec cette force tranquille et sa capacité à glisser sur le tempo. Streetlife (oui !!) et Cappadonna (moui) viennent poser leur couplet ici et là sans complexe et sans aucun souci de légitimité. Aux manettes, RZA, bien sûr mais aussi 4th Disciple et True Master qui signent parmi les prods les plus captivantes de ce double album : Cash Still Rules, A Better Tomorrow, entre autres, mais aussi mon chouchou Heaterz enterré dans le ventre mou de la seconde partie mais à la boucle obsédante.

Wu-Tang Forever est une œuvre monstre et mégalo mais aussi d’une brutalité et d’une sincérité ébouriffantes de la part d’un groupe qui aurait pu se reposer sur ses lauriers bien acquis. Quel niveau de confiance faut-il donc avoir pour débuter un album de deux heures avec plus de six minutes de prêche à base de Malcolm X, Gil Scott Heron et de doctrine Five Percenters ? Et rebelote en début de second disque : RZA « knowhatI'msayin » va te casser les noix pendant deux minutes à basher les rappeurs, en commençant par ceux qui vendent leurs fesses à la pop et servent la soupe aux chanteuses de R&B. ODB l’a fait avec Mariah fuckin’ Carey mais il faut voir dans quelles conditions, je te laisse checker ça. Il cartouche ensuite les suiveurs qui cherchent à pomper leur son : « We told ya'll niggas on the fucking Cuban Linx album, don’t bite our shit ».
Les digressions politico-religieuses alternent avec de rares moments légers ou salaces, les traditionnels ego trips mais aussi des textes bien crus sur la rue. Ainsi le couplet de Ghostface sur Impossible répond-il au C.R.E.A.M. d’Inspectah Deck ou au Tearz de RZA. Malgré les biftons, le Wu-Tang sent encore les projects, la came et le souffre en 1997. C’est la fin du début pour un groupe qui clôt cinq années parfaites avec cette œuvre-somme, ce tour de force, décousu, bancal, percutant, militant, stupide, touchant. À double-album, double-sens, Wu-Tang Forever, comme une épitaphe.

note       Publiée le vendredi 3 mars 2023

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    Raven Envoyez un message privé àRaven
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    Reunited Forever!!!

    Note donnée au disque :       
    Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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    le RZA c'est un peu la philo selon Philippe.

    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Ah, très cool de le voir ici, celui-là ! Album globalement assez mal reçu à l'époque (par la presse et une partie des fans) mais il faut dire que les mecs avaient repoussé plusieurs fois la sortie, des mois durant, que RZA partait volontiers dans tous les sens en mode messie en interview (en plus des délires five precenter, en effet), genre "ça va marquer le début d'une nouvelle ère pour la musique" et autres enflammades. Du coup quand le disque avait fini par popper, beaucoup avaient arrêté de l'attendre...

    Moi-même sur le coup j'avoue que j'avais été un poil désarçonné ! Le début du disque m'avait fait bizarre, un peu, violonnades (Reunited) et blabla créationiste (mais style "alors comme ça l'homme descendrait du singe, avant on se balançait aux branches ? Ridicule ! La vérité moi je la connais et ça c'est pas des foutaises : Dieu a créé le monde en six jours etc.", hein, ça n'y va pas à moitié). J'avais trouvé le disque trop plein, trop long, aussi, et qu'ils étaient moyennement crédibles, à cracher sur les "nasty r'n'b niggers" tout en truffant certains morceaux de chœurs bien fil de chammalow... Bon, et quelques morceaux m'avaient direct accroché quand même, avec une préférence générale pour des machins du CD 2, curieusement.

    Et maintenant, les années ayant coulé ? Ben je continue de lui trouver des passages fastidieux mais le "trop de tout" ne me gêne plus, je me retrouve finalement pas mal dans la chronique... C'est à dire que oui, tu sens je trouve que les mecs sont débordés par tout ce qu'ils ont à dire (avec la bonne grosse pression du truc qui a mis des plombes à se finir donc, en plus, et nettement aussi de faire suite au 36 Chambers comme dit dans la chro, le truc qui avait direct jeté les mecs en pleine gloire avec statut de nouveaux héros sauveurs du double-H) mais finalement c'est bien ça qui fait la beauté de la chose, ça ne trie pas, ça ne filtre pas, tu as tout le Monde Wu qui te saute à la tronche. Et s'attarde un peu, reste, donc... Oui. Mais dans ce cas précis, perso, ça ne me flingue pas le disque. (D'autant que des doubles-albums hip-hop de cette époque bien trop longs, sans substance du tout contrairement à celui-ci, avec à peine de quoi sauver un ou deux singles... Ben ça n'a pas manqué, ces années là, knowa'msayiii(n')?).

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    born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

    Le seul et unique pour bibi.

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    GrahamBondSwing Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

    Merci de rendre à César ce qui lui appartient : Bravo à lui !

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