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Denuit › Inferno

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allobroge      vendredi 20 janvier 2023 - 19:48
Richard      jeudi 19 janvier 2023 - 06:00
Shelleyan      mercredi 18 janvier 2023 - 21:09

cd • 10 titres

  • 1In the darkroom
  • 2I'm bleeding
  • 3White house
  • 4Némésis
  • 5Voice of the shadows
  • 6Life and death
  • 7Blurred vision
  • 8Deep water
  • 9Redemption
  • 10Room in the dark

line up

Lis Araignée (chant, musique), Ivi Topp (musique)

Musiciens additionnels : Axelle Perrot (batterie sur le titre 7)

remarques

https://denuit.bandcamp.com/album/inferno

chronique

Styles
gothique
cold wave
dark wave
Styles personnels
goth wave

Après nous avoir promené(e)s entre les teintes noires et blanches de paysages décharnés nocturnes exposés en plein jour ou inversement, les Français de Denuit nous ont imperceptiblement conduit(e)s aux rivages du Styx. Pour exposer les teintes sang du monde souterrain tel qu’il est souvent perçu dans la théologie judéo-chrétienne, il fallait rendre le noir plus opaque, profond. Le groupe l’a fait. ‘Inferno’ est à l’image d’une scène de théâtre conceptuel: pas de décor, des tentures noires tout autour, les images, ce sont le coeur et l'esprit qui vont les développer au rythme de la musique, guidés par la pythie Araignée. Une musique qui a tout d’un voyage tant les titres parviennent à s’enchaîner sans coupure de la manière la plus naturelle sans pour autant dégager l’impression d’un concept-album, chaque chanson développant une identité forte. Le groupe a aussi adapté ses sonorités (un travail remarquable) et sa production pour confirmer les limites de ce décor mystique souterrain: moins froides, plus organiques, avec toujours une vraie richesse dans le dépouillement (sophistication des détails) et un sens aigu non seulement de la mélodie mais de l’atmosphère aussi. Denuit s’éloignent d’un pas supplémentaire de toute tentative de les comparer aux projets contemporains en vogue (Lebanon Hanover, Selofan, …), leur dark wave devient de la goth wave. Bien sûr, le chant sur les premières mesures de ‘In the darkroom’ évoquera un peu celui de Joana, le timbre grave, mais très vite Lis Araignée démontrera son identité propre de par une palette de possibilités plus larges et une utilisation plus émotionnelle, moins dans la retenue. Ce morceau fonctionne d’ailleurs comme un leurre. Malgré son entrée en matière légèrement austère, il développe rapidement une forme de petite transe obsessionnelle portée par le chant quand il monte dans les aigus. Quand débute, ‘I’m bleeding’, il est trop tard, le halo de basse a déjà tissé tout autour de nous une prison invisible dont on ne s’échappera plus, la voix laisse tomber son masque d’elfe sombre pour se dévoiler sorcière. Ses circonvolutions, véritable pièce de théâtre à elles-seules entre moquerie, désespoir palpable, parfaitement soutenues par les instrumentions (remarquables tant dans le doigté que le choix des sons) résument ce que contient le disque dans son entier: une sensualité noire, étouffante presque parfois mais jamais anxiogène, véritable miroir d’obsidienne contre lequel projeter ses démons intérieurs, les regarder s’animer en fresques qui échappent à notre contrôle (les effets de choeur de ‘White house’, par exemple). ‘Némésis’, ma pièce favorite, c’est un sabbat endiablé dans un cercle de roche sur lequel dansent au gré des corps des ombres rougeoyantes; le duo gère magnifiquement ses effets en alternant les moments dépouillés et des éclats plus percutants. Le voyage entamé, plus rien ne s’arrête, les compositions s’enchaînent comme autant de réussites, les mélodies sont puissantes, la coloration organique apportée à l’électronique, le vrai travail sur les percussions, ce chant incroyablement évocateur, tout concourt à à nous faire avancer, lentement (‘Life and death’), en titubant sous les effluves toxiques (‘Blurred vision’), ensorcelé(e)s par les connotations orientales (‘Redemption’) avant de se conclure sèchement, sans effet, par un ‘Room in the dark’ rampant, parfait complément à l’intro qui laissera chacun seul avec la décision de chercher ou non une voie de retour vers un air libre pas si séduisant que ça après tout. Un des disques de l'année 2022, assurément.

note       Publiée le mercredi 18 janvier 2023

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Richard Envoyez un message privé àRichard

La voix de Lis, c'est quand même quelque chose. Même si l'approche est plus directe que celle de la précédente galette, ceci ne diminue en rien le fourmillement de petits détails. Difficile de reprendre son souffle.

Note donnée au disque :