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Neu! › 1975

6 titres - 42:48 min

  • 1/ Isi (5:05)
  • 2/ Seeland (6:55)
  • 3/ Leb'Wohl (8:55)
  • 4/ Hero (6:19)
  • 5/ E-Musik (10:51)
  • 6/ After Eight (4:43)

enregistrement

Hambourg, Allemagne, décembre 1974 - janvier 1975

line up

Klaus Dinger (voix, percussions, batterie, guitare, clavier), Michael Rother (basse, guitare, piano, synthétiseur, clavier), Hans Lampe (batterie), Thomas Dinger (batterie)

remarques

Le label Astralwerks a enfin réédité sur support cd cette série de trois disques avec l'aval des membres du groupe, tout pressage antérieur devant être considéré comme pirate.

chronique

Il faudra attendre 1975 pour que Neu! ressurgisse avec un nouvel album au titre toujours aussi explicite. Si, d'une certaine manière, il ne trahit pas l'optique abordé par le groupe depuis ses débuts, "1975" renferme en son sein quelques différences notables. Rapidement après l'introduction de "Isi", un élément nouveau fait son apparition : le synthétiseur. Il semble prendre la place autrefois conférée à la six cordes de Michael Rother. Si l'on se dit que la réussite de Kraftwerk y est peut-être pour quelque chose dans cette nouvelle configuration sonore, l'utilisation qui en est faite évoque aussi le travail d'Irmin Schmidt au sein de Can. Après l'interlude "Seeland" et le retour de la guitare, larmoyant plutôt ici des arpèges de sons mélodieux plutôt qu'une bouillie d'accords distordus, on se rend compte aussi que l'autre élément du changement majeur, jusqu'ici imperceptible, n'est autre que la production. Bien sûr, c'est toujours Conrad Plank qui s'en charge - j'en veux pour preuve le dépouillement extrême de l'espace sonore - mais l'on trouve sur ce "1975" une défintion, un détail dans les médiums aigus, habituellement absents de leurs réalisations. "Leb'Wohl" prolonge ce sentiment d'apaisement sur une plage qui s'ouvre et se referme sur la cadence des marées dans l'interstice desquelles la voix susurée de Klaus Dinger vient se poser sur des notes mélancoliques au piano. Pas loin d'un Brian Eno. Après ce début d'album stupéfiant, la machine kraut se met enfin en route avec "Hero", "E-Musik" (qui montre l'impact véritable de Conrad Plank, travaillant en parallèle avec le groupe space rock/ambient allemand Cluster) et "After Eight", un retour à l'énergie de leurs débuts où Klaus Dinger cède son siège de batteur à son frère Thomas et Hans Lampe, lui laissant les mains libres pour s'adonner à mille et uns bidouillages. Mais paradoxalement, quand Neu! renoue avec sa grammaire, il paraît évident que celui-ci semble avoir déjà tout donné. C'est donc sans surprise qu'on parcourt cette suite de six titres de qualité plus qu'appréciables (surtout pour sa première partie), mais peut-être un peu redondant (surtout dans sa seconde partie).

note       Publiée le jeudi 19 septembre 2002

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Note moyenne        12 votes

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dariev stands › mercredi 15 septembre 2010 - 00:51 Envoyez un message privé àdariev stands
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c'est moi qui ait merdé grave en pensant que ça se verrai pas sur le site public, pour des chros que j'avais prévu de faire rapidement quand j'avais encore bcp de temps libre... y'a quelques noms comme ça. au moins ceux-là c'est pas la peine de les réclamer (et je veut pas entendre un "ça prend trop de temps", ici on bâcle pas, na)

mangetout › samedi 11 septembre 2010 - 12:02 Envoyez un message privé àmangetout

Bon je ne sais pas où poster ça, mais je viens de voir que dans la base de données le nom d'HARMONIA y figure par contre les chroniques de leurs albums y sont malheureusement absentes ? Idem pour Kluster d'ailleurs ? Qué pasa ?

NevrOp4th › vendredi 18 décembre 2009 - 16:14 Envoyez un message privé àNevrOp4th

C'est que c'est pas mal comme groupe.

mangetout › samedi 16 août 2008 - 17:53 Envoyez un message privé àmangetout
Cet album est impressionnant, il procure le privilège diffus d'entendre, avec d'autres (il y aurait certains Can, Faust, Kraftwerk, Brian Eno, Silver Apples, Cluster, Harmonia dans le lot, liste non exhaustive) les vagues les plus en pointe de la musique populaire occidentale qui vont suivre et au delà intrinsèquement la première face est d'une beauté et d'une intensité à couper le souffle, on appréhende réellement, presque physiquement, un climat, une atmosphère nord-européenne dénuée de toute la chaleur inhérente aux racines négro-américaines du rock. Rock qui retrouve toute sa sauvagerie sur la seconde face mais là aussi, ça ne swingue définitivement pas, ça tabasse mais avec une énergie presque païenne, comme la bande son d'un rituel sacrificiel d'une civilisation perdue dont ces deux gusses auraient retrouvé les traces !
Logosman › vendredi 18 janvier 2008 - 15:11 Envoyez un message privé àLogosman
Mon album préféré de Neu!. Les 3 premiers morceaux sont de petites pépites progressives et abstraites, avec un coup de chapeau à l'enivrant "Isi". Les 3 suivants rapellent à l'auditeur que Neu!, c'est aussi une affaire de rock qui cogne un coup et qui sait se faire plus sale si besoin est. Le meilleur de Neu!, le plus construit et cohérent au final. Je conseillerais aussi au plus nombreux de vous pencher sur l'expérience "4", l'album de la reformation avortée en 85. Moins destructuré que les anciens mais plus fourre-tout (new wave, world music, rock psyché...), il offre de très bon morceaux qui prolongent l'aura d'un groupe disparu trop vite.
Note donnée au disque :