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Cecil Taylor › Unit structures

4 titres - 46:19 min

  • 1/ Steps (10:18)
  • 2/ Enter, Evening [Soft Line Structure] (11:04)
  • 3/ Unit Structures/As of a Now/Section (17:45)
  • 4/ Tales [8 Whisps] (7:12)

enregistrement

Van Gelder Studio, New Jersey, USA, 19 mai 1966

line up

Andrew Cyrille (batterie), Henry Grimes (contrebasse), Jimmy Lyons (saxophone alto), Ken Mcintyre (saxophone alto, hautbois, clarinette), Alan Silva (contrebasse), Cecil Taylor (piano, percussions), Eddie Gale Stevens Jr. (trompette)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
free jazz > avant garde

"Unit Structures" et "Conquistador!", les deux seuls enregistrements du pianiste d'avant-garde a jamais avoir été publiés sur Blue Note, ne comptent pas forcément parmi les pierres angulaires de l'oeuvre de Cecil Taylor. Mais cette paire de disques s'inscrit bel et bien dans le prolongement d'une démarche sans compromissions qui a déjà poussé Taylor à abandonner toute forme d'écriture tributaire d'une quelconque tradition. Bien que le free jazz ait fait son apparition il y a près de dix ans déjà, Cecil Taylor, à la pointe de cette recherche qui tend à libérer la musique des systèmes conventionnels pour lui donner le jour sous sa forme la plus brute, fût toujours considéré beaucoup trop insaisissable que pour se fondre ou se cantonner à un mouvement, ce mouvement fût-il le free jazz. A l'époque, aucune autre musique paraissait aussi irrévérencieuse et insolente que celle de Taylor. Entouré de sept autres musiciens (dont deux contrebasses et un ensemble de trois souffleurs de premier ordre parmi lesquels on trouve Jimmy Lyons), le pianiste va utiliser sciemment les timbres et les dynamiques de chaque instrument pour développer une musique colorée, dont la pochette se veut peut-être l'écho ; des rafales de couleurs, intenses, éclatantes, aux apparitions aussi fulgurantes que volatiles. Avec Cecil Taylor, tout n'est que rythme et intensité. Il ne se contente pas de faire déverser sur nous sa pluie de notes de piano ; sa musique est, contrairement aux apparences, impitoyablement structurée. Écrite, elle dessine les espaces propices qui permettront aux différents musiciens de s'y exprimer. Constitué de trois longues pièces et une plus courte, "Unit Structures" se fait violence tout au long de ces quarante cinq minutes. Si la teneur du disque est aussi exceptionnelle qu'indescriptible, on retiendra les passages aux allures de musique contemporaine surlesquelles repose "Enter, Evening" (et ses dialogues tétanisants entre trompette et contrebasse à l'archer) ou la monstrueuse plage titre et ce chorus de trompette endiablé mené, dans sa première partie, par Eddie Gale Stevens Jr. Deux moments, parmi tant d'autres, qui élèvent cet album vers des sommets jusqu'alors impensables, et peut-être aujourd'hui encore inégalés.

note       Publiée le jeudi 19 septembre 2002

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Note moyenne        7 votes

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Klarinetthor › vendredi 6 avril 2018 - 14:25  message privé !
Seb de Super › samedi 27 juin 2009 - 16:24  message privé !

Autant mettre le commentaire au bon endroit: http://www.gutsofdarkness.com/god/objet.php?objet=6074

chelonian dundee › samedi 27 juin 2009 - 12:08  message privé !

je viend de decouvrir un autre truc,le "jazz composers orchestra" avec taylor en enorme formation(sanders,cherry,coryell,barbieri,haden,et j'en passe...)c'est exellent aussi.et je m'excuse d'avence pour l'orthographe

Note donnée au disque :       
Sigur_Langföl › mercredi 11 mars 2009 - 16:49  message privé !

Franchement excellent! Grosse claque…

Note donnée au disque :       
Coltranophile › vendredi 6 juillet 2007 - 12:27  message privé !
Léger désaccord avec la chronique, non sur le fond mais plutôt d'un point de vue de la biographie de CT. Nombreux sont ceux qui pensent que la musique de Taylor est à son plus haut point d'expressivité en formation assez large, citant souvent le Unit et ses différentes incarnations dans les années 70 et début 80 comme le summum . Et nombreux sont ceux qui le préfére en solo, d'où débat. Et à l'époque où il enregistre ces sessions pour Blue Note, Cecil n'a enregistré que deux fois auparavant avec des formations excédant le quintet: une pour Candid- 2 titres- 5 prises, le tout disséminaient sur trois albums (beau bordel, hein!) et avec la présence étrange de Clark Terry; et une pour Impulse-trois morceaux paru sous le nom de...Gil Evans sur "Into The Hot") avec Jimmy Lyons pour la première fois à ses cotés. Ces deux session datent de 1961, soit 5 longues années avant "Unit Structures". Donc, ce que l'on a ici est un moment essentiel dans la genèse du Cecil Taylor Unit. De plus, le disque est tout de même diablement excitant (plus que "Conquistador"), dense et il y a quelque chose qui tient de l'épreuve physique dans ce déchainement parfaitement organisé.
Note donnée au disque :