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Cult Of Luna › The Long Road North

cd 1 • 9 titres • 69:03 min

  • 1Cold Burn
  • 2The Silver Arc
  • 3Beyond I
  • 4An Offering to the Wild
  • 5Into the Night
  • 6Full Moon
  • 7The Long Road North
  • 8Blood Upon Stone
  • 9Beyond II

line up

Magnus Lindberg (guitare, batterie), Johannes Persson (guitare, voix), Fredrik Kihlberg (guitare, voix), Kristian Karlsson (claviers, voix), Andreas Johansson (basse), Thomas Hedlund (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Colin Stetson (saxophones basses, tubax, flûtes, lyricon sur "Beyond (II)" et "An Offering to the Wild"), Mariam Wallentin (voix sur "Beyond I") Christian Mazzalai (guitare), Laurent Brancowitz (guitare)

remarques

chronique

Styles
post-hardcore
metal extrême
post rock
Styles personnels
compost-hardcore

Je sors du dernier blockbuster des studios Cult of Luna. C'est une œuvre puissante, dans laquelle on trouvera la rage et la fougue d'antan, en bourrasques nobles aérées d'accalmies religieuses, le tout habillé d'un son THX magistral. Elle nous parle d'un brave groupe vieillissant, qui fait un long périple vers le Nord, beuglant vainement contre les éléments déchaînés. Tout commence par ce qui ressemble à la sirène d'un énorme paquebot, et, si je m'attends un peu à entendre bramer "Atención ! - Sigue me ! A-MOKK !!!", j'en mène pas large derrière mon écran. Voilà de l'intro qui introduit comme si sa vie en dépendait, façon Christopher Nolan de l'apo-st-hardcore. Les isisophiles doivent absolument écouter ce disque si ce n'est pas déjà fait : il est planant et méchant en même temps. Enfin, il veut l'être. Méchant. En imposer, avec sa barbe poivre et sel de table, et ses charges héroïques de Forrest Gump qui fonce droit dans la tempête. Parce que ce qui est toujours assez prodigieux avec Cult of Luna, même vingt ans après, c'est que même quand ça hurle à s'en expectorer l'œsophage dans une tornade F5 pendant un séisme de magnitude 9, que ça veut vous faire bouffer de l'avalanche de boue et de larmes en maudissant tous les dieux d'Asgard de ne pas avoir pas tiré la chasse : c'est terriblement BÉNIN. Cela sonne mignon, gentil tout plein, on sait que même s'ils traversaient les écouteurs on resterait assis à se curer le zen. Et même dans l'autre sens tiens, si nous on y allait, de l'autre côté des enceintes, on risquerait quoi, au pire ? Une attaque de boules de neige, et encore en cherchant vraiment la merde. Cult of Luna, on pourrait tuer tous les membres de leur famille devant eux, les détacher et puis leur tendre la tronçonneuse en leur disant "nananèreuh", qu'ils nous inquiéteraient même pas. Certes, dans l'interminable vague des neuneurosiens, leur Long Road North n'est assurément pas le plus grotesque, ni l'album le plus tiède de leur discographie ; mais même s'il a l'air de vouloir sonner ultra-dark et hyper-classieux, avec ses arpèges grandioses pour fin du monde hollywoodienne, même s'il s'acharne à proposer un enchaînement de "plans qui tuent", il nous laisse la saveur d'un sundae nature. Son titre à chant clair insipide enrobé comme caviar façon Ulver ("Into the Night"), son morceau western tragique et son final ambient avec le Chuck Norris du gros saxophone, ses majestueuses rafales de guitares océaniques : tout ça s'écoute comme on matte un poster. Un beau poster de bébés phoques apocalyptique. On peut au contact de ce COL 2022 reconnaître la hargne vaillamment déployée, le savoir-faire dans le crescendo, voire l'élégance de certaines mélodies quand bien même elles seraient les plus génériques du monde... Mais on a l'impression d'être en terminale scientifique et de se faire gronder par le prof de dessin. On y peut rien, ils n'y peuvent rien, parce que ce sont de braves gars dans le fond, alors on se laisse bercer par leur brouhaha, jusqu'à ce qu'on se dise, comme c'est invariablement le cas avec un album de Cult of Luna : "attends mais pourquoi j'écoute ça, en fait, alors que je pourrais écouter n'importe quel Neurosis ?"... Parce qu'on le sait bien, que Cult of Luna ça fait l'effet d'un bisou sur la joue avec trois-mille tonnes de son. Et que c'est colérique comme un tract écologique mais que ça pompe plus d'électricité qu'une rangée de chargeurs Tesla pour un seul morceau, tout ça en pensant réinventer la roue... Alors je me demande : pouvons-nous encore cautionner la production de ce genre d'albums, à l'heure où l'approvisionnement énergétique est compromis ? Si nous avons besoin de chauffage cet hiver, est-ce raisonnable ?

note       Publiée le vendredi 25 novembre 2022

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

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Message édité le 29-11-2022 à 15:36 par born to gulo

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Bah oui elle claque, cette intro. C'est plus du Will Smith que du Bertrand Cantat, OK, mais ça fait son effet. Cult of Laguna feront difficilement mieux, je le crains.

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

La première partie du premier morceau vaut une boule à elle seule !

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Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

J'attendais la chronique de cet album pour pouvoir l'ajouter à mon top 2022. Merci.

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