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YC-CY › Every Time I Close My Eyes

lp • 8 titres • 28:19 min

  • A
  • 1Dreams Are Coming Back3:26
  • 2Night Fright2:59
  • 3End of July2:24
  • 4Skeleton Parade4:01
  • B
  • 5Thumbscrew2:37
  • 6Stalker3:39
  • 7I Count the Days5:11
  • 8Every Time I Close my Eyes3:58

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé par YC-CY. Masterisé par Die Tonmeisterei.

remarques

Artwork et layout : Lærke Dahl Hansen
Coproduction Order05/X-Mist Records.

chronique

Ouch ! Ça tape. Ça bave, aussi – mais des particules solides, des échardes et de la brasure qui giclent et volettent plutôt que du poisseux qui s'écoule. Ou en sus (du poisseux). Ça joue fort, en concert. « Effroyablement », vous diraient les comptes-rendus, dans la presse culturelle. Moi je dis : OUAAIIIIIS ! C'est comme ça que ça doit... (Et par conséquent c'est comme ça, aussi, que je m'envoie le disque). Et puis il y a quelque chose, là-dedans, de... Gothique. Un Gothique industriel – sale comme les friches du même nom, les bruines abrasives qui les balayent, les brumes toxiques qui en émanent encore, longtemps après la fermeture pour cause d'accident (du genre que tout le monde a préféré vite oublier). Un Gothique d'Europe du Nord, ou d'une sorte de milieu – les types viennent en fait de Schaffhausen (Schaffhouse) en Suisse, plus haut que Zurich, juste en-dessous de l'Allemagne. Personne là-dedans n'essaye de cloner Ian Curtis – et ça fait du bien, bordel ! Comme ça fait du bien – et au début, un peu rire... au début, j'ai dit – de voir leurs airs déplumés, juvéniles (avec ce chanteur blond-blé tout duveteux qui a l'air de s'être évadé du lycée pour nous rejoindre là et s'emparer au dernier moment du micro), leur no-look sans khôl ni jabot, trop « normcore » pour qu'on se demande même si c'est une blague ou non. Après, donc, plus le temps de questionner : ça tabasse non-stop, ça rend fou et heureux – heureux dans les volutes qui crissent, écorchent, heureux des jus noirs et gris, des bouffées de gaz piquants qu'exhalent ces quatre à tronches d'angelots. Bon, j'avoue : ce concert, là, c'est l'un des rares dont j'ai gardé quelques jours après de légères douleurs aux tympans, une petite gêne auditive. J'ai attendu que ça revienne, l'intégralité de ce sens, pour tâter de l'album, de toute la disco.

Et ?

Eh bien : l'ambiance, sur celui-là, est bien la même mais... Autrement. Ça sonne davantage, comment dire... Techno ?! Au vrai : il y a de ça. Machines, en tout cas. On a beau savoir que ce sont « de vraies » guitare, basse, batterie, il n'empêche. Le son est moins brouillé – disons encore plus rigide, tranché – que sur scène, plus net aussi que sur l'album précédent. Et curieusement – ou logiquement ? – ça rend encore plus patente l'impression de se prendre un bloc écrasant, une tonne de déchets d'usines sur la tronche, cette lisibilité, cette production qui détache tout. Les lignes de basse sonnent synthés, pads – passés dans ces effets qui les évident et les alourdissent en même temps. (Des tubes de fonte – on est dedans ou dehors, la tempe juste à côté?). Le batteur doit sûrement se repasser en boucle ses séances de RPM à la salle, dans la tronche, se fantasmer peut-être en pièce de plus sur l'assemblage de poids-poulies-assises renforcées/molletonnées. La guitare se prend pour un sampler qui aurait bouffé toutes les nuances de bruits blancs/marrons/roses etc., et programmé selon un logique simple, où le présupposé « riff = preset = pattern = une forme particulière de parasite magnétique = à partir de là on amplifie encore, et encore, et encore, et encCCRRRR » serait la toute première des évidences. Et la voix ? Eh bien : elle doit être bien ordinaire, oui, peut-être, quand elle ne se tire pas comme ça, toute tendue, les nerfs saillants, pour crever la surface de cette réverbe sans fond, aux reflets de glace poquée. Elle compte les jours, elle a peur la nuit, « les rêves reviennent » et on ne sait pas plus qu'elle si brailler comme ça suffira pour les tenir en respect. Cette fois il n'y a même pas de corps blafard dans une baignoire ou de morceaux de mannequins glauques dans une vitrine désaffectée, sur la pochette – comme sur celles d'autres disques, avant. Seulement ce fourreau blanc, ce sticker rose qui affiche le minimum d'infos, cette découpe au milieu pour qu'on voit les ronds centraux, roses eux aussi, du même. On dirait un maxi de techno – décidément, oui ! L'objet le plus anonyme possible – mais au fond « designé » pour ça, travaillé pour ça, ne rien annoncer que l'architecture, les murs nus. Un maxi d'acid-house pour les hangars, tiens, de teuf sous les charpentes en acier... Et c'est vrai : c'est comme ça que ça résonne. Et puis ça trippe, aussi, faut admettre – ça doit même être un peu (trop?) redoutable, dans cet état, d'écouter ça. A froid, à sec, ça décalque bien assez. Ça dégomme les récepteurs, le circuit neuronal/synaptique « perception de la noise » et ça le branche direct sur le programme « dance » – en effet. Ça injecte l'un dans l'autre. On n'a pas l'air gracieux mais on se secoue synchro. On n'est pas des robots pour autant – l'idée, même, si ça se trouve, ce serait après ça qu'on laisse la carapace, l'armure cyber-bioméca-bidule sur la piste, vidangée, et nous... Nettoyés ? Vidés ? Pas affolés, toujours, pas fâchés que ce soit arrêté aussi soudainement que ça s'était lancé. Pas non plus parce que ça soulage, hein, cet arrêt brusque – mais parce que tout est dit, et que la notion de « rappel » n'aurait pas eu sa place.

Tiens, à un moment, le chanteur s'est laissé tombé sur son enceinte de retour. On n'était pas inquiet, il n'allait pas casser. C'était peut-être pour coller son micro au plus près du bruit émis, histoire que ça se démultiplie encore plus, que ça se s'implémente une couche de plus. Ou alors parce que c'était le truc à faire : tomber – à ce moment-là précis sur ce relief -ci de la carcasse qu'ils martelaient. « Quelqu'un, là-dedans ?! ». Oui. Allumer la frontale. Aucun videur et même pas de rat – mais des débris par terre, de tailles et d'allures diverses... Alors gaffe, ce serait con de s'étaler ou de s'embrocher là-dessus.

note       Publiée le mardi 11 octobre 2022

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