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Hooded Menace › Effigies of Evil

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taliesin      lundi 19 septembre 2022 - 10:18
Dioneo      samedi 17 septembre 2022 - 18:49

cd • 8 titres • 50:55 min

  • 1Vortex Macabre10:27
  • 2Effigies of Evil5:36
  • 3In the Dead We Dwell7:50
  • 4Curses Scribed in Gore6:15
  • 5Crumbling Insanity6:32
  • 6Summoned into Euphoric Madness5:43
  • 7Evoken Vulgarity6:48
  • 8Retribution in Eternity1:45

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en 2011/2012 aux Horrisound Studios et SF Sound par Mikko Saastamoinen et Hooded Menace. Mixé en 2012 aux Transistor Studios et Horrisound Studios par Mikko Saastamoinen et Hooded Menace.

line up

Pekka Koskelo (batterie), Lasse Pyykkö (voix, guitare, basse)

remarques

Art : David V. D'Andrea.
La version chroniquée (CD digipack) ne contient pas les pistes bonus dispo sur la version bandcamp en écoute dans la section "extraits".

chronique

« Tiens t'écoutes de la musique subtile », me taquine-t-elle en rentrant, alors que ce disque tourne dans le salon... Non. En effet ! Sans aucun doute, ce n'est pas l'idée. Comme ce n'est sans doute pas l'idée, non-plus, d'inventer quoi que ce soit. Tout le crie dès la pochette – et ça ne s'arrange pas en ouvrante le digipack, à voir leur dégaine, leur pose devant... une croix de pierre plus haute qu'eux, sans doute dans un quelconque cimetière ; tout se confirme dès la première écoute : Hooded Menace sont des collectionneurs d'horreurs, des amateurs attardés, des spécialistes « de genre ». Lequel ? Mauvais – au sens de « ça fait mauvais genre » (dans celui de l'émission radio du même titre, aussi, si jamais). Des obsédés de série B, Z, films de chevaliers-moines-zombis aux budgets incertains. Leur nom, leur imagerie, leur, hum, imaginaire : tout vient de là ; pour préciser, de la « Tétralogie des Templiers » de l'Espagnol Amando de Ossorio, la même où Cathedral avait pêché un titre – Night of the Seagulls sur Carnival Bizarre (La Noche de las Gaviotas, en V.O.). Et la musique, alors ? Eh bien, ça suit : death-doom enfumé, voix de caverne, de crypte humide, poisseuse, glaviotteuse ; riffs harmonisés sur les breaks ; mélodies-crampons sur les refrains, qui harmonisent en reprise leur tristesse glorieuse et pâteuse, elles aussi ; samples et interludes tirées des VHS ou DVD trouvées dans les bacs discount déjà évoqués ; batterie tapée aux maillets mais au ralenti, avec accélérations soudaines mais tout aussi en traînées, kick en double-molle (©Princess sur l'autoroute allemande). Le carton-pâte et tous les codes du style, quoi. Seulement...

Seulement voilà : je trouve toujours qu'il se dégage de la musique de ces mecs là – au moins pour cette époque, cette partie de leur disco – une forme étrange, fatiguée, et réellement noire, obscure, de... Poésie. (Si). Dans ce goût bien exprimé tel quel et sans excuse, donc, pour tous ces trucs dépassés, ailleurs moqués, ringardisés – metal lourd et défoncé, sans le décorum d'un occulte « sérieux », « adulte », arcanes et cie. ; filmographies inavouables. Ça m'avait frappé en concert, à peu près à l'époque de cet Effigies (à la même affiche que Ramesses, à l'Espace B.) ; les mecs avaient débarqués encapuchés, oui – mais des « hoodies » en guise de robes de bure, et le chanteur affublé de lunettes noires qu'il ne quittait jamais, en pleine obscurité, comme ce mec qui déblatère sans fin pour lui-même, la main vissée sur son pétard (et les lèvres, entre les tirades), en bas de ton immeuble ou entre deux stations de métro (toujours les mêmes, en marchant d'un pas lui aussi perpétuel)... J'aurais pu trouver ça risible mais non : j'avais franchement trippé ! Comme eux ? Peut-être bien quelque chose de proche, je ne sais pas, c'est possible – en tout cas je m'étais laissé porter, recouvrir par le flot rampant, et le truc m'avait ravi, le temps du set... Et sur ce disque, particulièrement celui-là – la bizarrerie de leur présence physique en moins, bien sûr – c'est à peu près la même. Plutôt que me moquer, ou râler que rien-de-nouveau, je me coule chaque fois dans leur débit pété, charrier avec les gravats de tombe, les ossements. Je sens l'odeur des vieilles cassettes et des moquettes jamais changées depuis l'ouverture des anciens vidéo-clubs – par dessus, nettement, celle des mousses sur les stèles et autres pourrissements. L'effluve des fumigènes, aussi. Et je me délecte de cette mélancolie du grotesque que leurs compos exsude, où elles s'attardent – à même hauteur que du « fun » patent du machin, du plaisir immédiat (« facile » peut-être mais alors pour cette fois, sans la moindre nuance péjorative, le terme) que partagent, déversent ces types complètement dans leur délire. Post-ado si on veut, ou bloqué carrément dans cet âge là – mais j'insiste, persiste (en me signant à l'envers sur mon stock de Livres Dont vous Êtes le Héros défraîchis, sauvés des bacs à soldes désertés par l'espoir) : avec un sens particulier des atmosphères viciées, une poésie (je me répète – c'est parce que c'est vrai... et pas si fréquent dans le secteur, si ?) de trois sous peut-être mais constante, qui change et tient l'atmosphère délétère de leur Chose, la maintient en suspensions tout au long, sans jamais lasser. Ils saisissent, ça, dans leurs bobines déclassées chéries – et nous le rendent avec constance, tout au long au moins de cet album-ci, là où dans la plupart des films en question, il faut bien l'avouer, cette curieuse « magie du morne pas grand-chose » survient souvent le temps tout au plus d'une scène ou deux, quand on s'envoie ça en ayant soi-même un peu ou prou trop inhalé (ou éclusé ou quoi) au cœur d'une nuit généralement solitaire, insomniaque.

Voilà : c'est une musique qui somnambulise, ces huit plages, sans que le besoin, forcément, qu'il soit longtemps après minuit se fasse sentir, pour que ça prenne. Et qui ne vous laissera pas la gueule de bois, elle, au réveil, passée Retribution in Eternity. Ces huit-là comme toutes les autres, vous me direz, de leur disco ? Avec plus ou moins de tel ou tel selon (doom, death, disais-je, heavy, si j'ai bonne mémoire un poil de black brumeux, même, sur les plus récents...) ? Sans doute. Mais allez savoir : Effigies est celui à quoi je reviens tout le temps. Assez souvent, par périodes. En pleine canicule ou en ce début d'automne ou enfin, il se met à gentiment meuler les matins tôt et les soirs sur le chemin du retour. Ou en peignant en blanc des murs nus dans des pièces pas encore ré-habitées, tiens, aussi, en octobre – j'ai essayé, sur un petit poste sans trop de patate... eh bien ça marche, on ne voit pas passer la première couche fois quatre, on attaque la deuxième en ré-appuyant PLAY en y revenant, le lendemain, le CD n'ayant pas bougé du lecteur alors qu'on a dormi ailleurs en attendant que ça sèche. Bref... Les Sanglots Longs ont beau avoir chopé une drôle de fragrance dépenaillée : moi, je les trouve savoureux, et je m'en remet un grand bol.

note       Publiée le samedi 17 septembre 2022

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Vraiment pas mal mais je préférais les 2 premiers ;-)

Message édité le 19-09-2022 à 10:19 par taliesin

Note donnée au disque :