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Einstürzende Neubauten › Berlin Babylon

cd • 13 titres

  • 1Berlin Babylon (Titel)
  • 2Godzilla in Mitte
  • 3Overtüre mit Helikoptern
  • 4Walkie talkie Babylon
  • 5Trauermarsch
  • 6Glas 1 (Sony-Center)
  • 7Befindlichkeit (Baustellenversion)
  • 8Der Engel der Geschichte
  • 9Beauty (Tiergartentunnel)
  • 10Glas 2 (Richtfest)
  • 11Architektur ist Geiselnahme
  • 12Gästeliste
  • 13Die Befindlichkeit des Landes

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remarques

chronique

Si Londres est indissociable de l’histoire de plusieurs acteurs de la révolution punk, celle des Einstürzende Neubauten est irrémédiablement liée à Berlin, une ville de tous les possibles, de tous les métissages, un bouillon de culture déjanté, une enclave politique, artistique, à nulle autre pareille qui verra une nuée d’artistes y faire leurs armes en repoussant les limites de bien des domaines. Lorsque Hubertus Siegert tourne le documentaire ‘Berlin Babylon’ au lendemain de la chute du Mur, qui mieux que le groupe pouvait en créer la trame sonore, eux qui ont calqué leur musique au diapason du pouls de la ville, écouté ses respirations, ses pulsions, ses moindres soubresauts pour les traduire en art sonore ? Le mur de la division tombé, Berlin devient le symbole d’un gigantesque espace de reconstruction pour le pire et le meilleur et le réalisateur va tenter de suivre en image ce nouveau défi. Le départ est plutôt méditatif et mélancolique (pas si éloigné de l’intro de ‘Armenia’ pour la technique), en nappes tristes tandis que la ville est filmée du ciel mais la suite va alterner entre rythmiques industriels, bribes de néoclassique, un peu à l’image de cette cité meurtrie par son passé et bourrée d’espoir quant à son avenir. Modernisme exacerbé et ancienneté se côtoient au porte à porte, les bruits de marteau piqueur, les chocs contre le béton, se mêlent parfois à la musique du groupe qui a su exploiter cette matière brute, peu noble, pour en modeler de l’art. Leurs rythmiques paraissent rythmer le balais des grues, des engins qui se meuvent sur les chantiers comme des titans danseurs sur une scène à leur échelle. Cette b.o. est forte, emblématique, porteuse d’images entre ruines et grandeur, nostalgie et futur, elle se marie à la perfection aux images mais peut très bien être écoutée comme un album. La récitation féminine, les bruits de vent de ‘Engel der Geschichte’ par leur puissante poésie ne peuvent manquer de faire songer aux ‘Ailes du désir… Peu d’années séparent les deux films et pourtant la ville qu’ils évoquent parait avoir voyagé dans le temps, cependant le ton n’est pas tragique, grave sans doute, inquiet dans une certaine mesure mais l’avenir d’une nation réunifiée est en marche. Le réalisateur ne prend pas parti, il montre les choses laissant la fin du documentaire tourner comme un grand point d’interrogation se concluant par le morceau ‘Die Befindlichkeit des Landes’ défilant pendant le générique. A noter que cette chanson se définit comme un axe maître de la b.o. puisque ‘Berlin Babylon’, Walkie talkie Babylon’ et ‘Befindlichkeit (Baustellenversion) en sont des variations instrumentales. 'Beauty (Tiergartentunnel)’ figure avec vocaux sur l’album ‘Silence is sexy’ quand au titre ‘Architektur ist Geiselnahme’, il se décline en instrumental sous le nom de ‘Godzilla in Mitte’. Porté par un son puissant, le disque développe à la fois une proximité troublante avec Berlin, ses rues, ses bâtiments, ses boulevards, et une forme d’abstraction quasi mystique. Une merveille.

note       Publiée le samedi 7 mai 2022

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