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Toshiji Mikawa / John Wiese › Oblique No Strategy

cd • 4 titres • 37:34 min

  • 1Cryptic Number06:47
  • 2Camouflage07:42
  • 3World Of Other Stuff12:42
  • 4Lung Capacity10:13

extraits vidéo

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enregistrement

enregistré live au Soup, Ochiai à Tokyo. Mixé à l’ INA-GRM à Paris en mars 2016 par JW

line up

Toshiji Mikawa (électronique), John Wiese (électronique, mixage)

remarques

chronique

Styles
noise
harsh noise
Styles personnels
shrapnel

Le métal, le vrai, le moléculaire ça n’a rien à faire à l’intérieur de notre cerveau. C’est un corps étranger. Un nid à merde qui vient du dehors. Un court-circuit. Un obstacle à la savante chimie de nos pensées. À quoi bon dans ce cas? À quoi bon s’infliger un disque qui vous donnera l’impression de vous être pris une grenade dans la gueule?

Wiese et Mikawa, eux, à mon avis ça fait longtemps qu’ils ne se les posent plus ces questions. Il font du rock ’n’ roll à coup de bidules électroniques achetés au bazar du coin et ils s’en tamponnent les joyaux de familles avec une antenne de radio. Parce qu’ils aiment ça le rock ’n’ roll. Ils avaient bien raison de dire que c’était du bruit nos aïeux. Mais ils avaient tort de penser que ça n’était que ça.

Le rock ’n’ roll est une arme ma bonne dame. Et quand deux épéistes d’un tel renom croisent le fer, ça fait des étincelles. Quatre titres. Quatre bombes. À peine plus d’une demi-heure. Et c’est pas de la dentelle, non non. C’est du brut. Du sans retouches. On fait de la Harsh, ici.

Les captures de sons des deux sculpteurs sonores sont aussi directes que possible. Le rendu est grisâtre… typique des petites salles avec leurs tables de mix cracra poussées dans leurs derniers retranchements - un peu comme sur les premiers SPK, tiens. Et si les voyants restent dans le rouge tout du long - presque statiques, ce ne sont ni les terrains vagues ni les bayous maudits, tous deux si plats et désolés, ni les noirceurs de l’âme humaine qui sont détaillés ici. Non. Pas de messages, pas de fin, pas de libre arbitre. Pas de personnalité.

On peut certes noter une petite réf’ à un vieux bouquin co-écrit par Eno avant de prendre les décibels balancées avec générosité en pleine tronche… juste un détournement de plus… une déclaration d’amour peut-être? J’en doute. J’en doute parce que ce disque, comme toute la scène noise japonaise, n’est pas un amalgame sémantique mais un monument de sensations, d’intensités pures et radicales qui ne sont développées que pour elles-même et pour aucune autre fin. Les particules sonores sont tranchées, disséquées, digérées puis insérées de force dans les tympans de l’auditeur comme autant de lames de rasoir qui désireraient ardemment vous la faire façon Van Gogh. Et pourtant! N’y voyez aucune méchanceté. La Noise n’est pas humaine, voyons! Elle se fout bien de ce que vous pourriez en penser au fond de sa laideur, de son odieuse impureté. On ne juge pas l’arme de toute façon. Juste celles et ceux qui s’en sont servi. Et s’il devait y avoir une victime à ce ballet dément orchestré par nos deux compères, ce ne serait ni mes oreilles ni mon âme mortelle, mais bien la quête de sens qui m’anime face à l’absurde.

La Noise, souvent, ça ne sert à rien. Ce disque non plus. Une tuerie anecdotique. Un bol de corn flakes sans distinction. C’est navrant quand on joue aussi bien.

note       Publiée le lundi 11 avril 2022

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Cinabre Envoyez un message privé àCinabre
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Si vous avez l'occasion de voir les lascars en live par contre, foncez tête baissée. N'oubliez pas vos protections auditives cependant.

EDIT: et pour les curieux qui se poserait la question à propos de la différence de note entre la chronique et mon commentaire, disons que je tenais en que chroniqueur à punir son manque cruel d'identité et de personnalité. Avec un peu de recul, c'était tout simplement impardonnable de sortir quelque chose d'aussi paresseux... à titre personnel cependant il me laisse tout simplement indifférent. Un comble pour ce style.

Message édité le 11-04-2022 à 14:35 par Cinabre

Note donnée au disque :