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Bertrand Cantat › Amor Fati

  • 2017 • Barclay 671 167 5 • 1 CD digipack

cd • 11 titres • 47:51 min

  • 1Amie Nuit
  • 2Amor Fati
  • 3Silicon Valley
  • 4Excuse My French
  • 5L'Angleterre
  • 6J'Attendrai
  • 7Les Pluies Diluviennes
  • 8Anthracitéor
  • 9Chuis Con
  • 10Aujourd'Hui
  • 11Maybe I

line up

Bertrand Cantat (chant, guitare, orgue, ocarina, chœurs), Laurent Girard (basse, chœurs), Erik Truffaz (trompette), Frédéric Girard (batterie, percussions), Bruno Green (claviers, orgue, piano électrique), Pascal Humbert (piano, basse, percussions)

Musiciens additionnels : Arnaud Vallin, Doriane Gable, Leslie Levi, Mathilde Borsarello Hermann, Sébastien Surel, Vanessa Jean (violons), David Vainsot, Emmanuel François, Léa Hennino (alti), Aurélien Sabouret, Jean Philippe Martignoni, Pauline Buet-Soubrie (violoncelles), Maximilio Chavez Solari (chœurs), Sebastian "Piga" Mena (voix), Kinou Ferrari (voix)

remarques

chronique

Styles
chanson
folk
rock
spoken word / lecture / poésie
Styles personnels
post-détroit

C'était l'été 2020. Post-pré-confiné, je me baladais avec d'autres covidés dans ce grand temple de la vie moderne, illuminant de milliers de LED une infinité d'artéfacts. Je cherchais l'âme du capitalisme profond entre les rayons, saluant ce vigile zélé du poussoir à désinfectant, souriant sous mon masque à la gentille caissière aux lombaires en souffrance, aidant de ma hauteur d'asperge altruiste cette femme au foyer à se servir dans le rayon du haut, savourant comme je le pouvais encore, la grande promo de la vie... Et là, au détour du rayon CD réduit comme prépuce de chagrin, dans ce coin crasseux du magasin, qui vis-je ? Oh ! Est-ce donc possible ?! Un enfermé de l'été 2003. Sorti trop tôt selon certains, boxeur incompris selon d'autres ; mais qui devrait quand même rester caché selon beaucoup. D'ailleurs il se cachait un peu en se montrant sur son CD. Il était là sans être trop là, ombre de lui-même, sur cette pochette pas du tout tape-à-l'œil. Visage pudiquement brûlé par les vagues. Tout est revenu dans ma caboche comme un ressac de vomi médiatique, en voyant ce blase, cette tignasse réminiscence du Tostaky. Et je me suis dit qu'il est vain et assez grotesque de penser éluder des évènements qui, que je le veuille ou non, teintent forcément sa musique post-Vilnius d'une couleur sordide. Piqué de la curiosité malsaine, j'achetai pourtant le Cantus Bertrandus, bradé pour une bouchée de pain, si j'ose dire - un maigre euro pas plus ! - comme par l'odeur de Lituanie alléché. Faut rappeler que j'ai tant d'amour pour Noir Désir, que même un morceau de son cadavre au dernier stade de putréfaction m'intrigue. Et j'ai un avatar de charognard à mériter. Y a indéniablement une saveur supplémentaire, sombre et expérimentale, au moment d'appuyer sur play, croyez-moi, et là... Patatras ! Déprimante oh oui, cette intro l'est, comme du Nick Cave en deuil croisé Ferré, mais ça sonne creux, bidon, forcé. Question inspiration, "c'est la lose" comme disaient les jeunes de mon temps, avec un nombre conséquent de paroles bien tartes. Morceau choisi : "je sais bien que l'espoir t'appelle mais tu n'es pas une hirondelle". Nouvelle chiant-son française, est-ce toi ? N'es-tu pas encore cannée depuis toutes ces années ? Je perçois la présence de canettes de 8.6 et de sarouels dans le studio. De Saez et de Fauve égal Barré à la consultation. Nous voici vraisemblablement en présence d'une scybale de beau calibre. Sur "Excuse my french", la "gênance" atteint un niveau critique. Amor Fatou m'a pas tuer. Le titre éponyme, tentative slam-rap foireuse (tentant maladroitement de transmettre un message à ses détracteurs au passage), est d'une laideur et d'une fatuité rares. Repenser au Bertrand de Veuillez rendre L'Âme fait mal, très mal. Je ne retiendrai d'Amer Fitou que "Silicon Valley" et le final folk d'un peu troublant, tangibles, qui lui évitent la monoboule. La voix de Cantat est toujours là, qu'il fasse dans la grosse vocalise rock-érodée ou l'aigu fluet, qu'il se la joue Brel ou Neil. Mais on est pas dans Zuma, loin d'là, et on a envie d'dire zarma. Nârrr'dine ! Les compos rock ? Nada. Dans le meilleur des cas, c'est du Diabologum version Groland. Et puis, Cantat sans Teyssot-Gay, c'est pas ça du tout, non... Quant à ce ton vindicatif-revanchard par moments, merci bien Béber. J'me rangerais presque du côté des féministes qui venaient chercher à lui pourrir ses concerts, tiens. C'est dire le niveau. No pasaran par la grande porte, artiste de mauvaise augure ! Mieux vaut taper un bœuf à la maison, s'amuser avec les potos zicos, tant que la musique reste à ce niveau d'indigence la discrétion s'impose. Ensuite nous aviserons, peut-être pas tout de suite le Hellfest. Ah la la, misère, miserere... Je dois bien le dire, je suis déçu par Bertrand, vraiment. Je m'attendais à prendre une claque.

note       Publiée le samedi 5 mars 2022

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Ah oui, j'avais oublié la reco...

Note donnée au disque :       
Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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Va falloir mettre du Hate Forest en recomandation.

Raven Envoyez un message privé àRaven
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C'est du Friedrich (cf. Par-delà Bien et Mandale).

Note donnée au disque :       
Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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arf et ce titre quoi... la fatalité vs. la responsabilité, et pouf ! la rédemption

(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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"J'ai cassé ma voiture, en me garant trop vite, et Bertrand Cantat(e) se prend pour un poète" J.L. Le Ténia