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Charles Mingus › Blues & roots

  • 1959 • Atlantic 8122-75360-2 • 1 CD digipack

6 titres - 38:47 min

  • 1/ Wednesday Night Prayer Meeting (5:42)
  • 2/ Cryin' Blues (5:02)
  • 3/ Moanin' (8:02)
  • 4/ Tensions (6:30)
  • 5/ My Jelly Roll Soul (6:50)
  • 6/ E's Flat Ah's Flat Too (6:41)

informations

Atlantic Studios, New York City, USA, 4 février 1959

line up

Pepper Adams (saxophone baryton), Willie Dennis (trombone), Booker Ervin (saxophone ténor), John Handy (saxophone alto), Jimmy Knepper (trombone), Jackie McLean (saxophone alto), Charles Mingus (contrebasse), Horace Parlan (piano), Dannie Richmond (batterie), Mal Waldron (piano)

chronique

  • post bop > soul jazz

Malgré les réussites totales que sont ces premiers enregistrements pour le label américain (mais qui ne seront reconnus comme tels que bien des décennies plus tard), Mingus est blessé par les critiques qui démolissent sa musique parce qu'ils ne la comprennent pas. Regardé comme un personnage austère, à la musique trop complexe ou trop intellectualisée pour être déchiffrée par le commun des mortels, alors que Mingus pense sincèrement sa musique comme le reflet de nos vies, faites de hauts et de bas, des moments d'extase comme des moments de colère, notre contrebassiste adoré va réagir en leur prouvant tout le contraire. "Blues & Roots" sera cette réponse. Aussi vitale et vibrante que ses précédents essais, la musique de ce nouvel album va, comme son titre l'indique, aller puiser ses sources dans les racines profondes de la musique noire américaine : blues, gospel, voire même dixieland avec son hommage à Jelly Roll Morton ("My Jelly Roll Soul"). La musique de Mingus swingue et vibre comme jamais, et si elle laisse momentanément de côté ses abstractions qui avaient le don d'irriter les mélomanes de tout poils - prétendument ouverts aux changements et qui se découvrent du coup ultra conservateurs - elle va se concentrer sur son aspect le plus kaléidoscopique, approchant peut-être plus encore qu'auparavant ce modèle musical qu'a toujours incarné à ses yeux Duke Ellington. Avec une formation élargie à dix têtes de pipes, il prend le pari de doubler toutes les lignes mélodiques pour démultiplier les possibilités harmoniques et créer une musique d'une richesse phénoménale. "Moanin'" (et son chorus de ténor par Booker Ervin samplé des milliers de fois) est un de ces titres aux contours presque palpables tellement ils sont organiques. Avec cet album, Mingus cloue définitivement le bec à ses détracteurs et exhorte ceux qui le veulent à le suivre dans les chemins en dents de scie de son moi profond.

note       Publiée le jeudi 12 septembre 2002

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Note moyenne        20 votes

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Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Quelle méchante patate il a, celui-là ! L'impact aussi direct que son titre le gueule, les arrangements sans doute moins fouillés que sur d'autres Mingus (Tijuana Moods ou The Black Saint and the Sinner Lady par exemple), l'approche peut-être moins "free" que sur d'autres encore (Ingus Presents Mingus, avec Dolphy très en avant...) mais qui trouve une sorte de foisonnement, un autre genre de complexité dans le débridé - les cuivres qui vocalisent ensemble, la contrebasse toujours bien "chant du bois dur/échardé" du Charles en personne...

J'ai l'impression là-dessus que le groupe se plonge, sur la base de compos très solides et frontales, dans la fameuse "improvisation collective" dont on cause tant dans les histoires du jazz, à propos de la phase supposée première du truc, New Orleans (ou Dixie comme dit Proggy) etc. - idée qui paraît souvent semi-légendaire à force d'être ressassée, et certains vieux enregistrement (de groupes "séminaux" dans cette histoire) nuançant pas mal ladite idée (je veux dire : avec des prises successives d'un même morceaux montrant parfois des cheminements très proches, des saillies supposées spontanées parfois reprises et retravaillées - ça n'annule pas loin de là l'idée que l'impro serait une part importante du jazz "des débuts" mais ça nuance, encore une fois, et pas qu'un peu, l'idée de toute façon douteuse de base d'une musique "primitiviste" qu'on pu en donner pas mal d'historiens de la chose, de longues années durant). Bref, je m'égare ! Tout ça pour dire que oui, là-dessus ça joue brutal mais travaillé par en dessous par un truc bien personnel - en plus de "moderne" - comme rarement, même chez lui (chez qui c'est il me semble une base, ce côté "ça se passe maintenant/mais c'est ancré dans une histoire connue, respectée, empoignée pour la continuer"...).

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Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

Il semble difficile de classer les Mingus "classiques", rien que Moaning, une des plus grands moments de sa carriere; j'aime bien le final bien speed qu'est E's flat... tiens sur ce dernier morceau le riff de saxo me rappelle etrangement la ligne de chant de Neneh Cherry sur le tres funky Rip rig and panic's You're my kind of climate. Hasard? je ne crois pas.

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SEN Envoyez un message privé àSEN

Intemporel !

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Pat Bateman Envoyez un message privé àPat Bateman

Je vais pas remettre un "fantastique" ? Ah bah si. Fantastique.

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NevrOp4th Envoyez un message privé àNevrOp4th

La rage comme moyen d'expression en voilà une bonne idée. Ce disque est absolument merveilleux. Chef d'œuvre.

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