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Celeste (FRA) › Assassine(s)

cd 1 • 8 titres • 41:12 min

  • 1Des torrents de coups4:56
  • 2De tes yeux bleus perlés5:24
  • 3Nonchalantes de beauté5:30
  • 4Draguée tout au fond3:39
  • 5(A)4:39
  • 6Il a tant rêvé d'elles5:36
  • 7Elle se répète froidement4:09
  • 8Le cœur noir charbon7:19

line up

Johan Girardeau (chant, artwork), Guillaume Rieth (guitare), Royer (batterie), Sébastien (guitare)

remarques

chronique

Bon là ce n’est pas une chronique qu’il faut écrire, c’est un acte de décès, d’ailleurs largement dépassé. Si je m'autorise cette rudesse, c’est parce que je suis très fan des premiers Celeste et suis du coup tout à fait affligé par l’accueil médiatique sottement laudatif qui entoure cette sortie. Autant le dire d’emblée : sauf à être sourd, malhonnête, ou mal renseigné, Celeste est un groupe créativement mort au moins depuis Animale(s), en fait sans doute depuis Morte(s) née(s), qui accusait déjà un certain enlisement dans la boue de la répétition. Alors oui, les Celeste ont bien conscience qu’ils « se répètent froidement », c’est en quelque sorte leur doctrine implicite depuis 3 ou 4 disques, la maudite critique qui les suit comme leur ombre, et le sentiment qui les titille de manière on ne peut plus officielle puisqu’ils s’en plaignent eux-mêmes en interview (Metalorgie 2022). Guillaume qui en a ras le bol d’écrire toujours les mêmes riffs, Johan qui vole à son secours en assumant une part croissante des compos… le groupe est atteint d’une grande fatigue de l’imagination qui s’avoue dans leur volonté explicite de s’assagir et de « se faire plaisir ». On le voit bien qu’ils tortillent du cul à chaque album pour sortir de pesantes boucles créatives et autres réflexes machinaux, tentatives qui n’aboutissent hélas qu’à des versions a minima de ce qu’ils faisaient avant. Des groupes comme Neurosis, Shora ou Mayhem ont compris que lorsqu’on pose une identité musicale très forte, il faut s’appliquer ensuite à fuir cette position à grandes enjambées, sans quoi on ne finit par survivre que comme caricature de soi ou fantôme de ce qu’on a été. Assassine(s) choisit en fait la pire issue de secours face à ce problème : ni le grand chamboulement, ni le virage brutal, audacieux, impopulaire, mais plutôt l’abordage en catastrophe sur les côtes du metal générique. Les nouveautés d’Assassine(s) ne sont que d’emprunt : production blockbuster avec Chris Edrich, botoxisation par injection de mimiques djent avec dix ans de retard sur le phénomène de mode, gojirisation générale du propos, séquences émotion téléphonées à coup de leads mélancoliques, remplissage post-rock pour se rendre un peu plus sympathique et un peu moins étouffant. Mêmes les titres, le style d’écriture, les (s) et les (a) sonnent à ce stade comme des emprunts faits à eux-mêmes. La signature sur Nuclear Blast et la série de clips bien léchés qui s’ensuit logiquement permettent de manière tout à fait judicieuse à cet hypo-celeste de se rendre « accessible » dans tous les Picard les surgelés du monde. Il était évident que le groupe devait évoluer, et on ne peut que saluer en Assassine(s) leur tentative la moins non-aventureuse de sortir de leurs vilaines habitudes, cependant c’est une aventure drôlement mal entamée car la direction plus mélancolico-générique prise depuis Infidèle(s) place d'emblée les nouveaux albums sur le toboggan des oubliettes de l’histoire, plutôt que sur les premières marches de l’escalier abrupt qui mène au panthéon musical. Et je dis ça parce que Celeste avait déjà caressé le tapis rouge à l’époque de Nihiliste(s) et Misanthrope(s), d’excellents disques qui ont influencé une génération de musiciens post-machin ou post-truc. En comparaison, celui-ci ne mérite rien de moins qu’une chronique « assassine ».

note       Publiée le dimanche 6 février 2022

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Demonaz Vikernes Envoyez un message privé àDemonaz Vikernes

J'ai ressorti Animal finalement. Il ne s'y passe effectivement rien.

azfazz Envoyez un message privé àazfazz

Ntnmrn : Mon ressenti, juste mon ressenti... Le fait que je l'écoute avec plaisir, et pas l'ennui relatif des deux précédents. C'est peut-être juste dû au fait que je sois, là, aujourd'hui, plus réceptif ou que l'album soit tout simplement moins long... Je devrais réécouter les deux précédents, en fait. Pour moi, "Misanthrope(s)" est leur point d'orgue, mais j'aime beaucoup également "Morte(s) Née(s)", l'ouverture proposée me plait. Et j'ai un faible pour l'EP "Pessimiste(s)", avec ces moments de beauté au milieu de la violence pure. On retrouve un peu ce rapport-là dans leur dernier...

Bernard Envoyez un message privé àBernard

Ecouté une unique fois, ce qui est bien insuffisant pour porter un semblant de début de jugement concernant un album de Celeste, d'autant plus que je suis passé à côté des 2 précédents. La chronique est bien radicale. Ça fait carrément peur pour les écoutes à venir.

Ntnmrn Envoyez un message privé àNtnmrn
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Assez curieux de savoir ce qui te fait penser ça du coup @azfazz !

Note donnée au disque :       
azfazz Envoyez un message privé àazfazz

Tiens, je trouve pour ma part qu'il remonte un peu la pente, celui-là... Mais j'ai encore trop peu d'écoutes au compteur pour voir s'il passera bien l'épreuve du temps.