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Charles Mingus › Pithecanthropus erectus

  • 1956 • Atlantic 8122-75357-2 • 1 CD digipack

4 titres - 36:36 min

  • 1/ Pithecanthropus Erectus (10:36)
  • 2/ A Foggy Day (7:50)
  • 3/ Profile of Jackie (3:11)
  • 4/ Love Chant (14:59)

enregistrement

Atlantic Studios, New York City, USA, 30 janvier 1956

line up

Willie Jones (batterie), Jackie Mclean (saxophone alto), Charles Mingus (contrebasse), Mal Waldron (piano), J.R.Montrose (saxophone ténor)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
post bop > avant garde

Après avoir effectué son écolage aux côtés de Lionel Hampton, Charles Mingus, cet homme qui a laissé tomber l'étude de violon au profit de la contrebasse dans l'espoir de se voir intégré à de grandes formations jazz comme celles de Duke Ellington qui le firent toujours rêver, cet homme disais-je, du haut de son caractère fourbu, va prendre ses aises et se démarquer en l'an de grâce 1955 en mettant sur pied ce qu'il a appelé des "Workshops", des ateliers de musique en somme, ou en d'autres termes, son propre big band. Il va exploiter toutes les facettes possibles et imaginables de ces formations restreintes pour les faire sonner comme un large orchestre où les sons vont se répandre dans l'atmosphère dans un foisonnement et une folie jusqu'alors inégalés. Entouré pour l'occasion de musiciens terriblement talentueux comme Jackie McLean et Mal Waldron, Mingus signe pour son premier disque chez Atlantic un vrai coup d'éclat. Dès que les premiers accords de sa contrebasse se mettent à vibrer sur la plage titre, on se sent comme transporté. Il est le chef d'orchestre qui mène ses musiciens à la baguette, il leur impose le tempo d'un geste de la main, d'un signe, d'un regard. La musique prend des détours inattendus, toujours pleine de détails, et chargée en émotion. Toutes ces petites incartades, comme autant de déviances, font de ce musicien, à mon sens, le compositeur le plus éclairé de la scène jazz contemporaine (mais n'oublions pas Monk). Les changements de rythmes abrupts, les envolées possédées de la section de cuivre font déjà songer à ce que le free jazz sera bientôt à même de nous apporter dans les prochaines années. Sur "A Foggy Day", on continue dans l'émerveillement avec toutes ces images évocatrices de la vie citadine qui nous renvoient sans peine en écho toute notre condition humaine. Dommage qu'à l'instar de ces titres, "Love Chant" se contente de se développer sans réellement se dévoiler. Mais la richesse des textures ravale cette petite baisse de régime. Le premier petit pas d'un grand homme.

note       Publiée le jeudi 12 septembre 2002

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ellington › dimanche 14 juin 2009 - 16:24  message privé !

un bloc de colère avec de gros morceaux de beauté dedans . Moins qu'un chien dans l'amérique des années 50 , disait-il . Mais déja plus qu'un jazzman . Pas une révolution mais la remise a neuf de l'héritage d'ellington ( pas moi , l'autre ). Non , sérieux , un trés grand disque .

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Cera › vendredi 11 janvier 2008 - 11:19  message privé !
La music de Mingus est tres différentes des autres formations jazz que je connaisse. Malgré un effectif réduit (ici un quintet), son groupe sonne comme un orchestre, aux compositions compactes, qui donnent l'impression d'exprimer les émotions d'une seule et unique personne (en l'occurence Mingus), malgré les soli des différents membres de la formation. En dépit de cette particularité, son oeuvre est extrémement vibrante, vivante et expressive. Cet album est une réussite totale.
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boumbastik › jeudi 15 novembre 2007 - 12:47  message privé !
"les notes éclatent littéralement" ouais, c'est une musique immédiate, directe. Il m'est inutile d'écouter l'album 30 fois pour commencer à comprendre ceci, à percevoir cela. Non, c'est tout de suite là, entier. Et que dire des parties improvisées ? Du délire pur.
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Coltranophile › jeudi 18 octobre 2007 - 11:23  message privé !
Charles Mingus, c'est avant tout l'élan vital. Un ogre eperdumment amoureux de la musique qui a la tiédeur en horreur. A l'époque de ce disque, Mingus avait déjà bien barroudé, enregistré nombre de disques surtout sur Debut, fait débuter Paul Bley sur disque, collaboré avec des West-Coasters pour quelques expériences d'avant-garde (avec John La Porta) et quand sa vision prit réellement forme, il accoucha de ce chef d'oeuvre. Personne n'aura fait sonner un quintet aussi fort, les notes éclatent littéralement et pourtant le souci de beauté est inséparable du sentiment de révolte qu'il exprime. Fin et violent. A l'image de l'homme et de ses obsessions.
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boumbastik › vendredi 5 octobre 2007 - 15:21  message privé !
Que dire au sujet d'un dixe comme çui-là, à part "wô putain !" ?
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