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Current 93 › Baalstorm, sing Omega

  • 2010 • Coptic Cat NIFE 010CD • 1 CD digipack

cd • 9 titres

  • 1I dreamt I was Æon
  • 2With flowers in the garden of fires
  • 3December 1971
  • 4Baalstorm! Baalstorm!
  • 5Passenger Aleph in name
  • 6Tanks of flies
  • 7The nudes lift shields for war
  • 8Night! Death! Storm! Omega!
  • 9I dance narcoleptic

line up

David Tibet (chant), John Contreras (violoncelle), Andrew Liles (guitare, basse, électronique), Eliot Bates (oud, percussions), Alex Neilson (percussions, batterie), Baby Dee (piano, orgue Hammond), Melon Liles (voix féminine), James Blackshaw (guitare douze cordes, glockenspiel, guitare sèche, guitare slide, voix), Bea Taylor, Isabel Taylor (voix)

remarques

'Baalstorm! Baalstorm!' utilise des extraits de lettres que David Tibet a reçu de Sarah Dietrich'

chronique

Oui, je sais ce que tu ressens, moi aussi j’aimerais me dire qu’on peut encore revenir en arrière, que c’était mieux avant mais quand on est adulte, certaines choses ne peuvent plus se dire… Alors on s’invente des jardins de notes de piano, du vent soufflant dans les branches avec des accords d’orgue, des oiseaux en forme de notes de violoncelle, où l’on vient s’asseoir plus que se blottir pour écouter cette voix de poète prêcheur ou vice versa qui a compris sans devoir l’exprimer par nos mots. On écoute, on ressent cette mélancolie profonde mais si soulageante car ici personne ne se moque des larmes. On dodeline de la tête aux rythmiques arabisantes de ‘With flowers in the garden of fires’ en se prenant à rêver que les esprits ne connaissent pas de frontière, on laisse notre coeur se déchirer au son des sanglots des cordes de ‘December 1971’ parce qu’un coeur, ça se raccommode et que le timbre n’est pas gentil, plutôt grinçant. Même dans un jardin, l’averse ne passe jamais loin. On a peur, on se lève car le vent forcit, on a les paumes moites tendues vers le ciel, ‘Baalstorm, Baalstorm !’, la voix du poète se fait hantée, menaçante. Mais comme les rêves, les oiseaux et les papillons ont le pouvoir de chasser la pluie, le soleil point derrière les nuages, on se couche à nouveau dans l’herbe, on roule même en imaginant les pousses comme de grands arbres au travers des feuilles desquels jouent des rais de lumière. Le plus amusant quand on dévale une colline en courant comme lorsque nous étions enfants, c’est de trébucher, tomber en riant, glisser (‘The nudes lift shields for war’) parce qu’on oublie que quand on sera grands on se fera mal. Il faudra bien partir pourtant, avancer, ces ombres et leur danse étrange rappellent les échos de terres lointaines (‘Night ! Death ! Storm ! Omega !’) Et nos voix puériles ne trouvent plus les mots pour poser les questions adéquates. Un jardin ne demeure pas secret longtemps et malgré les sons de fête foraine qui s’élèvent de la vallée, l’orage gronde, des hommes en bleu escaladent le sentier, leurs étranges voitures projettent des spirales d’éclair mais ce ne sont pas des dragons. Plus des dragons. C’était peut-être mieux avant, aujourd’hui, c’est surtout trop tard. Quelque chose dans le timbre menaçant du poète prêcheur te murmure cependant que tout n’est pas perdu. Si l’esprit est une forêt, il suffit simplement de s’y enfoncer plus profondément, là où la lumière ne perce presque plus, là où même les hommes en bleu et en blanc ont peur d’aller… En son essence, tu entendras rugir la mer.

note       Publiée le dimanche 19 décembre 2021

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Sartoris Envoyez un message privé àSartoris

Plus qu'une coïncidence ? Ce matin, sous l'obscurité hivernale, je roulais vers le bureau, sur une autoroute anonyme. Baalstorm couvre heureusement le grondement de ma 107. A 7h59, mon doigt se tend pour couper la musique et écouter les infos. Et je ne l'ai pas fait. La puissance de ce prêche mélancolique, rural, enfantin a défait le paysage sombre et bétonné, a renvoyé les covideries quotidiennes dans les poubelles de l'histoire et ma 107, dragon vrombissant, m'a porté à travers un jardin plein de mémoires. Et voilà que Shelleyan raconte ce qui m'est arrivé ce matin.