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Nero Kane › Tales of faith and lunacy

cd • 7 titres

  • 1Lord won't come
  • 2Mechthild
  • 3Mary of Silence
  • 4Magdalene
  • 5Lost was the road
  • 6I believe
  • 7Angelene's desert

extraits vidéo

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line up

Nero Kane (chant, guitares), Samantha Stella (chant, piano, orgue)

Musiciens additionnels : Nicola Manzan (violon, violoncelle, viole)

remarques

https://nerokane.bandcamp.com/album/tales-of-faith-and-lunacy

chronique

‘Italians do it better’, ben ouais, tu te souviens pas du t-shirt de Madonna dans le clip de ‘Papa don’t preach’ ? Ah ben non, t’es trop jeune. Prenons un autre exemple, John Wayne, le cowboy baroudeur, toujours propre et gominé après une supposée chevauchée de huit plombes, regarde Gian Maria Volonté, avec sa sale gueule de méchant, crasseux, suant, buriné, dans les films de Leone, autre rital de génie, y a pas photo. Considérez King Dude qui prétendait offrir un dark folk aux racines purement américaines, en tout cas à l’époque de son troisième opus, zéro ! Et le voilà coiffé comme un bleu par un Italien, Nero Kane, qui te montre en sept brillants morceaux comment on fait. Pas plus de matos, pas la moindre percussion, des morceaux construits sur deux, limite trois accords, avec de temps à autre un peu d’orgue, de violon, de la réverb’, une atmosphère et une iconographie entre le sacré et l’iconoclaste. Sauf que là, ça marche ! La musique de Nero évoque les grand espaces brûlés de soleil du Nouveau Mexique (enfin, on n’en est plus sûr, à imaginer même que ces terres ait encore un nom), où poussent tous les trois cent kilomètre un bled pourri rassemblant une vingtaine d’âmes dont on se demande comment elle survivent, un saloon loqueteux et une église en friche. ‘Lord won’t come’, oui, même lui a certainement paumé la carte de l’endroit. Cette musique dégage une indolence paresseuse, mystique, pas vraiment résignée mais presque, une forme d’état de fait où la désolation est devenue si monnaie courante qu’on ne s’étonne plus de croiser un démon hébété, à moins qu’il ne s’agisse d’un ange bourré, au coin d’une baraque de mauvaises planches. Nero n’incarne même pas un prêcheur, c’est plus mystérieux encore, à l’image du pasteur flingueur incarné par Eastwood dans ‘Pale rider’, n’y a-t-il pas un peu du mal et du bien au fond de ses pupilles ? Notamment quand il plaque quelques accords lourds à la fin de ‘Lord won’t come’. Pour le seconder, une voix féminine qui récite souvent plus qu’elle ne chante, une magnifique Nico transalpine, ajoutant un charme luciférien à ces paysages désolés dans lesquels on se sent pourtant étonnamment bien. Nulle peur, nul doute, un chant doux mais assuré, mélancolique mais apaisant d’une certaine manière. Véritable hypnotiseur, l’Italien peut s’offrir le luxe d’envoyer des morceaux de cinq minutes en moyenne construits sur quelques accords, quelques arpèges, sans dégager la moindre lassitude et avec une production de qualité. L’ultime pièce dure carrément dix minutes qu’on ne voit pas passer, avec une suite de trois accords à l’orgue et la narration féminine d’un apocalypse tranquille qu’on contemple d’un oeil mi-résigné, mi-vaseux, le regard vers l’horizon, ce fameux horizon duquel le Christ ne viendra pas. On s’en fout, on n’a pas besoin de lui.

note       Publiée le lundi 23 août 2021

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