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Jean-Louis Murat › Le cours ordinaire des choses

  • 2009 • V2 532 058 2 • 1 CD digipack

cd • 11 titres • 49:04 min

  • 1Comme un incendie5:40
  • 2Falling in Love Again4:43
  • 3M Maudit2:56
  • 4Chanter est ma façon d'errer4:21
  • 5Lady of Orcival4:33
  • 616h00 Qu'est-ce que tu fais ?3:40
  • 7Ginette Ramade3:27
  • 8La mésange bleue6:07
  • 9Comme un cowboy à l'âme fresh3:09
  • 10La tige d'or5:29
  • 11Taïga4:59

enregistrement

Enregistré à Ocean Way, Nashville, TN, USA.

line up

Jean-Louis Murat (chant, guitare, arrangement de cordes 7, 9), Cherie Oakley (choeurs 2, 5, 6, 8, 10, 11), Micheal Rhodes (basse 2-6), Mike Brignardello (basse 1, 3, 7-11), Dan Dugmore (guitare 1, 6, 11, steel guitar 3-5, 10, 11), Ilya Toshinsky (guitare 1-8, 10, 11, mandoline 7, 9), John Hobbs (claviers 3-6, 10, 11, piano 2, 5, 7-9, 11), Carl Marsh (arrangement de cordes 2, 5, 11), Larry Franklin (violon 9, 10), First Strings LLC (cordes 2, 5, 11)

remarques

chronique

Styles
chanson
country
rock
Styles personnels
rock'n'folk

Les français sont aussi des colonisés. Culturellement colonisés par l’Amérique j’entends. Pas la vraie bien sûr, l’idée qu’elle se fait d’elle-même et l’idée que s’en font les vieux européens. Nous sommes tous des Johnny Frenchmen. Aller enregistrer son album à Nashville, Tennessee, USA, c’est à la fois un fantasme et une étape quasi-obligatoire pour tout bon chanteur français un tant soi peu imprégné de rock’n’roll. Tous les plus grands y sont passé, de Johnny Hallyday à Eddy Mitchell en passant par Dorothée. Oui non parce qu’en vrai, les frenchy passent pour des cons en terme de rock, faut bien le dire, des putains de touristes. Peut-être qu’elle vient de là toute la musique qu’ils aiment, mais elle ne les aime pas beaucoup en retour. Même Bashung s’y est un peu cassé les dents (la meilleure partie de Osez Joséphine, ça reste la plus européenne). Pourquoi Jean-Louis n’y aurait pas droit, lui aussi, à sa session de studio à Nashville ? Il avait déjà tâté de l’americana, mais pas exactement la même, l’underground de Tucson et puis la scène Downtown de N.Y.C. (en gros, des musiciens de jazz gravitant autour de John Zorn), ça avait donné Mustango, son chef-d’oeuvre unanime. Avec les cadors de Nashville, c’est beaucoup moins cérébral, plus terre à terre. Des échos de country, mêlée de chanson de troubadour, Jean-Louis se fait son petit kiff, vaguement esseulé dans une ville qui n’a rien, mais rien de commun avec son Massif Central. D’ailleurs il ne peut s’empêcher de chanter son propre pays et ses figures, préférant rire de celle du cowboy « à l’âme fresh », volontairement cliché, avec fiddle bondissant, Murat le Rancheros comme un sale gosse aux pays de la danse carrée. Il aura assez dit à quel point Johnny était un chanteur « minable », c’est pas pour se vautrer dans l’imagerie au premier degré, Murat est plus d’humeur rigolarde, tel Joe Dassin déguisé en frère Dalton.

Dans cet americana, finalement, Murat préfère la ballade mexicaine « Falling in Love Again », guitare slide lascive et choeurs féminins de Cherie Oklaey (quel nom parfait de southern belle !), très sensuellement country. Car quand les guitares rugissent, on sent que l’animal s’énerve pour pas grand chose, même l’incendiaire ouverture rejoue un peu trop la partition du Jaguar. Les longues dérives mélancoliques lui réussissent définitivement mieux, ramenant l’imagination vers des paysages familiers, Murat chante les femmes de son pays, toujours, "Lady of Orcival", complainte pour vierge auvergnate dans la Bible Belt, ou la "Ginette Ramade" descendant des montagnes, sur lit de cordes et de prédication hallucinée. C’est cette religiosité du Sud américain qui se mêle aux images d’animaux et de végétaux du brenoï, presque une mystique pastorale qui ouvre des passages entre deux mondes, jamais loin de celui des morts, sous la neige, c’est la fermeture apaisé de la magnifique « Taïga » ou les atmosphères riches et contrastées de « La tige d’or », dont le ton et les arrangements (ah, cette mandoline, ce violon et Cherie Cherie qui s’essaie au français, telle une Jennifer Charles de Dixieland) renvoient à Mustango, très justement. Cours ordinaire pour Murat, parce que même loin de chez lui, alors qu’il tente l’expérience du pèlerinage, il ne se travesti ni ne se trahi. Le pays, on le porte en soi.

note       Publiée le mardi 27 juillet 2021

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Le rapport serait dans la fascination des frenchy pour une Amérique qui n'a jamais existé. Après, je parlais spécifiquement de cette sorte d'exercice de style qui consiste à aller enregistrer "sur place", comme d'autres vont à Lourdes ou à La Mecque, ce qui n'est pas le cas de l'album que tu as cité. Quant à mes effets de style, faut pas les prendre au pied de la lettre et encore moins au premier degré. Les vieilles idoles de Murat, c'est en effet plus Tony Joe White et Neil Young que Gene Vincent ou Elvis. Ou également, et pour rester au Tennessee, la Stax (bon et plus récemment, Kendrick Lamar et Franck Ocean, mais c'est plus le même album).

Pour le reste, un titre comme "Amicalement blues" sonne quand même désespérément ringard à mes oreilles (j'ai rien à priori contre Thiéfaine, même si la mythologie qui l'entoure et l'imagerie dans laquelle il baigne aka le trve rockeur torturé, a quand même plutôt tendance à m'emmerder sévère, mais y a des gens très bien qui l'adorent et qui l'ont même chroniqué dans ces pages avec brio). Ça me fait penser à ces musiciens qui envoyaient leurs productions à un pote critique de jazz en signant "Jazzistiquement vôtre", et bien sûr ça les disqualifiait d'office !

Message édité le 27-07-2021 à 20:22 par (N°6)

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola

Le rapport est, comme tu l’as écrit : « Touteuh la musiqueuh queuh j’aimeuh. » Chez JLM, c’est la country, chez les deux autres, le blues.

Préférer enregistrer à Nashville qu’à Montcuq, pour Paul Personne que pour Jean-Philippe Smet, ça fait un poil snob. Je n’aime pas plus que ça la musique de JPS (je n’ai aucun disque de lui) mais je ne vois pas en quoi HFT (je les ai tous, même les pires) ferait forcément de la daube si c’est avec ou pour JPS. On est surpris en regardant la liste des musiciens ayant participé à certains disques, que ce soient des disques connus qui se vendent par palettes ou l’inverse. Et d’ailleurs, je préfère ce disque de blues (de HFT et PP) à Eros über alles. Mais la question est : si HFT ou PP chantent, comme PP joue de la guitare, qu’aurait fait HFT si JPS avait chanté ? Barman ?

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo  Dioneo est en ligne !
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Un album avec Personne ça s'appelle un disque solo, non ? (... 'tain, c'était bien la peine de retrouver une connexion hein, Dio...)

(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Euh... sérieusement ?

En plus je viens de checker l'objet, qui a l'air bien atroce (y a rien qui va, en plus c'était des chansons écrites pour Johnny, ça rempli vraiment le bingo), pas du tout enregistré à Nashville ni nul part aux US, donc y a strictement aucun rapport ni de près ni de loin.

Message édité le 27-07-2021 à 14:40 par (N°6)

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola

De Murat ou du duo ?