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Klub des loosers › Vanité

téléchargement • 13 titres • 35:58 min

  • 1Champion2:42
  • 2Réussir2:50
  • 3Joie de vivre1:30
  • 4Moi je2:46
  • 5Le monde2:24
  • 6D'or et d'argent2:42
  • 7Billet de cent3:37
  • 8Courir3:13
  • 9Comme eux2:59
  • 10Battre2:38
  • 11Nouvelle vague1:56
  • 12Qui perd gagne3:08
  • 13Finisher3:33

line up

Fuzati (chant, production)

Musiciens additionnels : Alexis Fugain (chant 9)

remarques

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
disruptif

Salut bande de losers ! Pendant longtemps le hip-hop a été un truc de gros renoi véner qui gueule, aujourd’hui c’est un truc de babtou fragile qui pleurniche. Grâce à LinkedIn et son flux tendu de positivité entrepreneuriale, Fuzati est enfin devenu un leader. C’est pour vous, les gens qui ne sont rien, qu’il vomit maintenant de la punchline de winner. En d’autres temps, il aurait sans doute bouclé « Réussir sa vie » du vieux Nanard, mais comme il faut clear les samples et que c’est de la dépense inutile, Fuzati produit sur du synthé vintage, en versions minimales et cloudy mais portant indubitablement la signature du son du Klub. Plus de tentative pop comme ces histoires de chat un peu bancales, du rap pour les jeunes à base de boomer masqué, de l’égotrip de management, de la leçon de vie venu de la France qui se lève tôt, du hashtag passif-agressif (mais surtout agressif) bien branlé en forme de mépris de classe, le tout avec à l’occasion la participation de la chorale claquée de la Cogip. Un p’tit côté trapounet sinistre qui sied bien au paysage mental dévasté de la Start-up Nation, le Fuz dans l’ascenseur social qui s’essaie aux refrains parfumés d’autotune grisâtre. Quand son flot de bâtard essaie de coller un peu trop aux rythmes millenials, y a un côté cringe-malaise (marque déposé expressions génantes du 21eme siècle), son style se pose (et se supporte) mieux sur un ton à la mélancolie grinçante à peine voilée; « Le monde » et son refrain volontairement lénifiant comme une story #positiveattitude d’auto-entrepreneur, voire même le rap de salle de muscu, « D’or et d’argent » qui soulève de la punchline agile, easy comme Booba sa fonte. C’est que Vanité est un album de sportif, d’esprit sportif, le vrai, celui qui ne supporte qu’une vérité : celui de la gagne. Et de gagne à gagneuse, il n’y a qu’un pas. « Tous des tapins » dit-il, tous les corps exposés à la dure loi du travail, mais pas tous le même travail ni la même rémunération. Il y a ceux qui ont une Rolex avant cinquante ans, il y a ceux qui passent leur temps à se plaindre que ohlala c’est dur la vie, pwaaah, vos gueules les pauvres ! L’avantage d’être riche c’est qu’on peut se permettre de mépriser pour pas cher, comme usant d’arguments d’autorité de la life.

En quelques tracks bien sentis (mettant de côté deux ou trois tentatives trop « hey fellow kids ! » dans les sonorités et un « Billet de cent » qui sue l’incel inside), le Klub, en prenant le contre-pied, retrouve une vigueur qui s’était un peu tamisée. Le cynisme dans les veines du Fuzati du Klub des Winner, c’est « Courir » ou « Battre » (et leurs prod merveilleusement aériennes, le masqué maitrise ses instruments), mais la course au final mènera jusqu’à la même ligne d’arrivée. Et il n’est pas possible de prendre totalement au sérieux le cloud-rap onaniste de « Moi je », où la comme dans les morceaux sus-cités, le Fuz pond certains de ses meilleurs textes depuis longtemps (c’est ça les albums de vieux, ça renvoie à une comparaison nécessaire avec un passé lointain et forcément plus glorieux, quand la peau n’avait pas encore cédé à la gravité du temps). Même le petit placement de produit plus pop, ici il le réussit, la très Burgalienne « Comme eux », avec ce passage à la délicatesse tellement Katerine période bossa chanté par Alexis Fugain, oui, le fils de. Et à ce propos, Fuzati se permet son instant Bourdieu avec une formule qui claque « Les gosses d’un pauvre qui réussit seront des gosses de riches comme les autres » sur le brillant « Qui perd gagne », son meilleur morceau depuis tralalala (ce que je viens de dire), la reproduction sociale et ses circonvolutions inattendues et désespérantes. Oui, le cynisme de Fuzati, sa méchanceté de faux-gagnant, n’est qu’un révélateur, une trop grande lucidité (la conclusion du même morceau résume en une phrase ce qu’est devenu le hip-hop version confession d’émo dépressif : une machine à engranger de la moula). D’ailleurs, en « Finisher », Fuz tombe le masque, ou presque, en élégie pour le plus riche du cimetière, au final vanité pour quoi exactement ? Tout est dit dans une étonnante partie chantée (sans forcer comme dans les histoires du chat, du coup ça passe tout en douceur), en quelques simples lignes en forme d’un au revoir sarcastique « On se souviendra, mais pas très longtemps, on se souviendra, mais pas très souvent ». Si c'est votre projet, on vous le laisse...

note       Publiée le jeudi 15 juillet 2021

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(N°6) › mardi 20 juillet 2021 - 19:28 Envoyez un message privé à(N°6)
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Alors "ces conditions", il s'agit d'une agression sexuelle, reconnue par l'intéressé. Qui de plus s'en contrefout d'apparaître ou non en feat. de 30 secondes sur un album du Klub des Loosers au vue de ses chiffres actuels sur Spotify (la cancel culture, lol). La seule personne qui est "punie" par la décision de Fuzati est Fuzati lui-même, se privant ainsi des streams que le nom de Roméo Elvis auraient suscité, c'est d'ailleurs exactement l'idée. Après, il a pas envoyé les CD et les vinyles au pilon (vu qu'il s'auto-produit), donc vraiment si y a du gros fan hardcore que ça dérange pas il peut tout à fait l'avoir son feat. de 30 secondes, hein. La seule vraie victime dans cette histoire, bah c'est la fille que Roméo Elvis a agressé sexuellement en fait. Donc bref, y a pas matière à chouiner sur le sujet. On a tout à fait le droit de trouver l'album tout naze et Fuzati très surfait, par ailleurs.

(ah, et j'en profite pour signaler que si y en a que ça démange dans les coms, je précise que je ne vise personne à priori, de dévier sur "ouin ouin la cancel culture" ou "oh la la #MeToo on peut plus rien dire présomption d'innocence toussa", je ferai avec les posts en question comme Fuzati avec le feat. de Roméo Elvis, parce que moi aussi je suis un connard de vengeur masqué. Bisous)

Message édité le 20-07-2021 à 20:31 par (N°6)

Note donnée au disque :       
cantusbestiae › mardi 20 juillet 2021 - 16:48 Envoyez un message privé àcantusbestiae

Dégager un invité dans ces conditions, Roméo Elvis ou pas, c'est juste moche.

luapluap › mardi 20 juillet 2021 - 12:43 Envoyez un message privé àluapluap

Dégager Roméo Elvis n'est jamais une mauvaise chose.

cantusbestiae › mardi 20 juillet 2021 - 10:42 Envoyez un message privé àcantusbestiae

L'imbroglio Roméo Elvis et sa gestion ont anéanti les derniers espoirs (minces) que j'avais en Fuzati, après son "Chat" inutile et son melon ne s'arrêtant pas d'enfler malgré une inspiration de plus en plus famélique.

Damodafoca › vendredi 16 juillet 2021 - 12:00 Envoyez un message privé àDamodafoca

C'est vrai que les prods sur grand siècle elles font pas rêver non plus. Là je sais pas, je trouve ça mou, sans viande, et d'ailleurs dans le livret du disque, il raconte un peu la production et explique qu'il a vraiment voulu utiliser les vrais boite à rythme plutôt que des émulation soft et que ça sonne mieux. Bah au final ça sonne surtout en lichen je trouve. Je trouve qu'il idéalise un peu trop ce qu'il fait ; il est passionné de jazz, le raconte à tout bout de champs et du coup s'imagine comme un producteur à l'ancienne, qui joue sur de vrais instruments et qui tient un journal sur sa façon de produire. Mais au final il joue plus à la dinette qu'autre chose. c'est dommage car il a un truc, un "univers" qui fonctionne bien, mais il suréstime un peu son talent. Il est meilleur digger que musicien. Et c'est pas une tare, mais ça sert à rien non plus.